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Les dirigeants du Moyen-Orient réagissent à la victoire de Joe Biden 

Des pays comme l’Égypte et les Émirats arabes unis (EAU), qui entretenaient des relations chaleureuses avec l’administration Trump, ont été parmi les premiers à féliciter le président élu. Mais dimanche à la mi-journée, l’Arabie saoudite ne s’était toujours pas exprimée
Quelques heures après l’annonce des résultats de l’élection, devant une foule en liesse rassemblée en « drive-in », le démocrate a appelé les Américains à ne plus traiter leurs « opposants comme des ennemis » (AFP)
Quelques heures après l’annonce des résultats de l’élection, devant une foule en liesse rassemblée en « drive-in », le démocrate a appelé les Américains à ne plus traiter leurs « opposants comme des ennemis » (AFP)

Les dirigeants du Moyen-Orient ont commencé à féliciter Joe Biden pour sa victoire à l’élection présidentielle américaine.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a exprimé, dans un communiqué, sa « hâte de travailler avec le président élu et son administration pour renforcer les relations afin de garantir la liberté, l’indépendance, la justice et la dignité du peuple palestinien ». Le président Trump a adopté une politique très favorable à Israël au point de pousser les Palestiniens à couper les ponts avec Washington.

Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi, qui a eu des relations chaleureuses avec l’administration Trump, a déclaré « [attendre] avec intérêt une coopération conjointe pour renforcer les relations stratégiques » entre les deux pays.

« Plus de chèques en blanc pour le ‘’dictateur préféré’’ de Trump »

En juillet, Joe Biden avait lancé un avertissement sévère au chef d’État égyptien, affirmant que s’il était élu président, il n’y aurait « plus de chèques en blanc pour le ‘’dictateur préféré’’ de Trump ».

Le prince héritier d’Abou Dabi, Mohammed ben Zayed (MBZ), a déclaré qu’il espérait « un développement et une prospérité supplémentaires pour le peuple américain » dans son message de félicitations.

Traduction : « Félicitations à Joe Biden et Kamala Harris pour avoir remporté les élections américaines. Nos vœux sincères de développement et de prospérité pour le peuple américain. Les Émirats arabes unis et les États-Unis sont des amis et des alliés avec un partenariat historique solide que nous avons hâte de renforcer ensemble. »

Le président irakien Barham Saleh a adressé ses « chaleureuses félicitations » à Joe Biden, le qualifiant d’« ami » et de « partenaire de confiance pour la construction d’un meilleur Irak ». 

« Nous sommes impatients de travailler pour atteindre nos objectifs communs et renforcer la paix et la stabilité dans tout le Moyen-Orient », a ajouté le président irakien.

En Iran, le président iranien Hassan Rohani, a déclaré : « Le futur gouvernement américain a maintenant une occasion de se rattraper après les erreurs passées et de revenir sur la voie de l’adhésion aux engagements internationaux et au respect du droit international. »

« Un changement dans les politiques américaines destructrices »

Le premier vice-président iranien Eshaq Jahangiri a, pour sa part, dit samedi espérer un changement dans les « politique américaines destructrices » après la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle aux États-unis.

« J’espère assister à un changement dans les politiques américaines destructrices et un retour au droit, aux engagements internationaux et au respect des nations », a-t-il écrit sur Twitter. « L’ère de Trump et de son équipe dangereuse de va-t-en guerre est terminée », a-t-il ajouté.

Traduction : « Félicitations à Joe Biden et Kamala Harris. Joe, nous nous connaissons depuis près de 40 ans, notre relation est chaleureuse, et je sais que tu es un grand ami d’Israël. Je suis impatient de travailler avec vous deux pour approfondir encore davantage l’alliance particulière qui lie les États-unis et Israël. »

Benyamin Netanyahou a aussi félicité le vainqueur, même s’il espérait un nouveau mandat pour Donald Trump, à ses yeux le « meilleur ami qu’Israël n’a jamais eu à la Maison Blanche » après la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël, son soutien à la colonisation en Cisjordanie occupée, sa bénédiction à l’annexion du Golan et son parrainage de la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes.

Alors que le roi de Jordanie Abdallah II, l’émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani ou encore le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, se sont aussi exprimés sur Twitter, le président libanais a exprimé l’espoir de voir Joe Biden « rétablir l’équilibre » dans les relations libano-américaines, a rapporté l’agence nationale de presse libanaise.

Traduction : « Félicitations au président élu Joe Biden et à la vie-présidente élue Kamala Harris. J’ai hâte de travailler avec vous pour faire progresser le solide partenariat historique entre la Jordanie et les États-Unis, dans l’intérêt de nos objectifs communs de paix, de stabilité et de prospérité ».

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a aussi félicité Joe Biden pour sa victoire, affirmant qu’il aspirait à renforcer et développer ses relations avec les États-unis. Dans une déclaration publiée par le bureau du président, il a « exprimé ses sincères félicitations » , en souhaitant « bonne santé et bonheur » au président élu « ainsi qu’au gouvernement et au peuple amicaux des États-unis d’Amérique ».

Pendant ce temps, Hani ben Brik, vice-président du Conseil séparatiste de transition sud du Yémen, a déclaré que le Conseil de transition du Sud travaillerait avec ses « amis américains pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme sous toutes ses formes ».

Des liens très frais avec Riyad

Dimanche en milieu de journée, l’Arabie saoudite était un des rares pays de la région à ne pas avoir adressé de félicitations à Joe Biden, préférant plutôt féliciter le roi du Cambodge et le président tanzanien.

Traduction : « Le gardien des deux saintes mosquées et Son Altesse le prince héritier félicitent le président de la Tanzanie pour sa réélection. »

Le président sortant de la Tanzanie, John Magufuli, a été déclaré vendredi soir vainqueur de l’élection présidentielle de mercredi avec 84,39 % des suffrages exprimés, selon les résultats officiels.

Traduction : « Le gardien des deux saintes mosquées et Son Altesse le prince héritier félicitent le roi du Cambodge à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance de son pays. »

Riyad est l’exemple le plus abouti des liens chaleureux tissés par Donald Trump avec les monarchies du Golfe, dans un contraste saisissant avec ceux, très frais, de son prédécesseur Barack Obama et du vice-président Joe Biden.

En 2017, Donald Trump avait réservé au royaume sa première visite à l’étranger en tant que chef d’État. Et il ne fait aucun doute que « les responsables saoudiens étaient favorables à une deuxième présidence Trump », observe Elham Fakhro, chercheuse sur le Golfe à l’International Crisis Group (ICG).

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« Ils considèrent que Trump a agi pour protéger leurs intérêts régionaux les plus importants, en imposant une campagne de pression maximale à l’Iran et en soutenant la vente d’armes au royaume. »

Sous Donald Trump, la Maison-Blanche avait repoussé les résolutions antisaoudiennes du Congrès à majorité démocrate notamment sur la guerre controversée au Yémen, où l’Arabie saoudite intervient militairement à la tête d’une coalition depuis 2015.