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Israël confisque des barres chocolatées palestiniennes, affirmant qu’elles allaient financer le Hamas

De nombreux internautes se sont moqués des allégations selon lesquelles le Hamas était financé par la vente de chocolats, certains soulignant comment la confiscation montrait qu’Israël contrôlait Gaza « comme des gardiens de prison contrôlent une prison »
Israël a confisqué 23 tonnes de barres chocolatées, alléguant qu’elles allaient être utilisées pour financer les opérations militaires du Hamas (capture d’écran/Twitter)

La décision israélienne de confisquer 23 tonnes de barres chocolatées à destination de Gaza au motif qu’elles allaient être utilisées pour financer les opérations militaires du Hamas a fait rire la toile. 

Les responsables de la sécurité ont intercepté une cargaison de confiseries arrivant d’Égypte en Israël via le poste-frontière de Nitzana, selon un article paru ce lundi dans le Times of Israel.

Une enquête conjointe des renseignements militaires israéliens, du Bureau national de lutte contre le financement du terrorisme (NBCTF) et du Centre national pour l’inspection du fret des autorités fiscales a conclu que les produits se dirigeaient vers Gaza et allaient être vendus par le Hamas pour générer des recettes. 

Traduction : « Retour en Israël : le ministre de la Défense @gantzbe a signé un ordre de saisie administrative confisquant 23 tonnes de barres chocolatées. Apparemment selon Israël, le Hamas utilise la vente de barres chocolatées pour financer sa branche militaire. Je ne blague pas. »

Cette enquête a relié les barres chocolatées à deux sociétés à Gaza, al-Mutahidun Currency Exchange et Arab al-Sin, lesquelles sont désignées par Israël comme des organisations terroristes en raison d’un financement présumé du Hamas.

Les responsables israéliens ont déclaré aux journalistes qu’ils avaient pu saisir les barres chocolatées grâce à un ordre de confiscation signé par le ministre de la Défense Benny Gantz. 

« Israël continuera à agir pour empêcher l’autonomisation du Hamas, qui bâtit une force militaire au lieu de prendre soin des habitants de la bande [de Gaza] qui ploient sous le fardeau économique », affirme Gantz.

« Nous continuerons à chasser les réseaux qui financent le terrorisme, quelle que soit la méthode employée. »

« Un méchant de dessin animé qui pique des bonbons »

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se sont moqués des allégations selon lesquelles le Hamas était financé par la vente de chocolats. 

« Ah oui, la fameuse source de financement du Hamas qui est également utilisée par les clubs des lycées et les équipes de basket amateurs », plaisante un twitto. 

Traduction : « Cela passe parfois inaperçu mais dans le cadre de l’impérialisme et de l’apartheid, on finit parfois comme le méchant d’un dessin animé qui pique littéralement des friandises aux enfants. »

Un autre internaute a posté le drapeau vert et blanc du Hamas à côté du logo officiel des Girl Scouts des États-Unis, qui utilise les mêmes couleurs. 

Traduction : « Craignaient-ils que le Hamas prévoie de se positionner à l’extérieur des supermarchés et dise qu’il vend des bonbons pour payer ses colonies de vacances ? »

James Zogby, fondateur de l’Arab American Institute, estime que cette confiscation montre qu’Israël contrôle Gaza « comme des gardiens de prison contrôlent une prison », contrairement aux affirmations d’Israël, qui affirme ne pas occuper l’enclave.

« Israël a confisqué le chocolat en affirmant qu’il était destiné au financement du Hamas et que parce que le Hamas est une organisation terroriste, ils ont le droit de le priver de financement », a-t-il écrit.

« Mais Israël est, lui aussi, coupable de crimes de guerre contre les civils palestiniens – les tuant par milliers au fil des ans, en toute impunité.

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« Israël pousse des cris d’orfraie concernant l’antisémitisme dès que quiconque le boycotte et les États-Unis ont des lois qui sanctionnent quiconque le fait. Cependant, Israël impose toute sorte de sanctions et de boycott aux Palestiniens et il est récompensé à coup de milliards par le Congrès. Y-t-il une justice là-dedans ? » 

Les deux millions de Palestiniens qui vivent à Gaza sont confrontés au resserrement des restrictions israéliennes sur l’entrée de marchandises dans l’enclave assiégée ces derniers mois, provoquant une récession majeure. 

Les restrictions seraient liées aux efforts d’Israël pour mettre la pression sur le Hamas afin qu’il relâche quatre Israéliens (dont deux sont décédés) qui seraient détenus à Gaza. 

La semaine dernière, des commerçants palestiniens ont déclaré à MEE qu’ils devraient renvoyer leur personnel afin de ne pas mettre la clé sous la porte, après les destructions provoquées par la récente des offensives israéliennes au mois de mai.

Environ 1 500 établissements économiques de Gaza auraient été détruits ou endommagés lors de la campagne de bombardements israélienne ; les responsables indiquent que cela a provoqué 479 millions de dollars de pertes. 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.