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Libye : controverse à Tripoli après une visite mouvementée de Bernard Henri-Lévy

Sur les réseaux sociaux, la visite du philosophe français en Libye a suscité ironie et colère
Photo publiée sur Twitter par Bernard Henri-Lévy prise, selon lui, le 25 juillet, sur le charnier de Tarhouna (Twitter)
Photo publiée sur Twitter par Bernard Henri-Lévy prise, selon lui, le 25 juillet, sur le charnier de Tarhouna (Twitter)

Le philosophe français, Bernard Henri-Lévy, très impliqué dans la décision française d’intervenir en Libye contre Mouammar Kadhafi en 2011, a provoqué une controverse après une visite mouvementée samedi dans l’Ouest libyen.  

Selon des sources locales, BHL a atterri samedi à bord un jet privé à l’aéroport de Misrata, à 200 km à l’ouest de Tripoli. 

Selon un programme de visite publié par des médias libyens, dont l’authenticité n’a pas pu être vérifié, BHL devait rencontrer plusieurs responsables locaux et députés à Misrata avant de visiter la ville de Tarhouna (ouest) pour enquêter sur des charniers découverts dans la ville, après le départ des troupes du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen. 

BHL devait être reçu dimanche par Fathi Bashagha, ministre de l’Intérieur du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU et basé à Tripoli. 

Intervenant brièvement sur la chaîne libyenne pro-GNA Libya al-Ahrar, BHL a indiqué être venu en Libye « en tant que journaliste » pour un reportage pour le quotidien américain Wall Street Journal.

"جئت كصحفي بتأشيرة عادية".. "برنار ليفي" يكشف للأحرار أسباب زيارته إلى ليبيا

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Posted by ‎Libya Alahrar TV - قناة ليبيا الأحرار‎ on Saturday, July 25, 2020

Traduction : « Je suis rentré en Libye avec un visa en tant que journaliste » déclare Bernard Henri-Lévy à la chaîne de télévision libyenne al-Ahrar.

Après son engagement auprès des insurgés en 2011, BHL a perdu de son aura et est devenu persona non grata pour de nombreux Libyens, notamment pour son activisme en faveur d’une intervention internationale en 2011, menée par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis.

L’opposition à sa visite par une grande partie de l’opinion publique dans l’Ouest libyen est motivée aussi par les accusations du GNA contre la France soupçonnée d’avoir appuyé l’offensive de Haftar contre Tripoli, ce dont Paris se défend

Samedi, des groupes pro-GNA ont affirmé avoir empêché le convoi de BHL d’entrer à Tarhouna, à 65 km au sud-est de Tripoli et dernier fief des pro-Haftar dans l’Ouest.

Mais sur son compte Twitter, BHL a publié une photo de lui entouré d’une dizaine d’hommes en uniforme, armés et encagoulés, affirmant être à Tarhouna.

Traduction : « #Tarhouna. Juste après mon reportage sur les charniers. C’est là la vraie police libyenne qui protège la presse libre. Tellement différent des voyous qui ont essayé de bloquer mon convoi sur le chemin du retour vers #Misrata. Le reportage complet sera publié prochainement ».

Embarrassé, le bureau de Fayez al-Sarraj, chef du GNA, a démenti « tout lien » avec la visite de BHL et annoncé dans un communiqué avoir ouvert une « enquête » sur les circonstances de la visite, promettant des « mesures dissuasives » contre toutes les personnes impliquées dans l’organisation de la visite.