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L’ancien chef du Mossad redoute un retrait américain d’Irak

Selon Yossi Cohen, Israël doit craindre un scénario de retrait américain d’Irak qui amènerait l’Iran et ses intermédiaires à dominer le Moyen-Orient
« Israël et ses dirigeants doivent établir une stratégie et définir des objectifs clairs pour une nouvelle politique », préconise Yossi Cohen (AFP/Heidi Levine)
« Israël et ses dirigeants doivent établir une stratégie et définir des objectifs clairs pour une nouvelle politique », préconise Yossi Cohen (AFP/Heidi Levine)
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Yossi Cohen, ancien chef du Mossad, dont le mandat à la tête des services de renseignement extérieur israéliens a pris fin en juin, a écrit une chronique dans Yedioth Ahronoth qui se penche sur les conséquences du retrait américain d’Afghanistan et d’une politique étrangère américaine axée sur ses grands rivaux que sont la Chine et la Russie.

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Pour lui, un retrait des soldats américains d’Irak déclencherait un conflit confessionnel, amenant l’Iran à accroître sa présence militaire.

« Un retrait [américain] hâtif et mal avisé pourrait aboutir à un effondrement complet de l’Irak en fonction des diverses confessions », écrit-il, faisant valoir que « le triste résultat pourrait être une augmentation de la présence terroriste, politique, extrémiste et militaire iranienne en [Irak]. »

En juillet, le président Joe Biden a annoncé que son administration prévoyait le retrait des soldats américains d’Irak et de mettre fin à sa mission de combat d’ici la fin de l’année.

Cette annonce est survenue lors d’une visite à la Maison-Blanche du Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi, qui a dû gérer les milices soutenues par l’Iran et les intérêts géopolitiques de l’Arabie saoudite et de la Turquie.

Actuellement, près de 2 500 soldats américains apportent leur aide aux forces irakiennes, mais ne participent pas dans des missions de combat.

Comparable à la prise de Kaboul par les talibans

Selon Cohen, Israël doit se préparer à un effondrement rapide de l’ensemble des zones au nord du Moyen-Orient sous l’influence et la domination de l’Iran après le retrait des forces américaines d’Irak, comparant ce scénario à la prise éclair de Kaboul par les talibans en quelques jours au mois d’août.

« L’Iran n’a pas un instant cessé ses efforts pour consolider sa position militaire [au Moyen-Orient] », affirme Cohen.

Il ajoute que l’Iran dispose d’une base « tangible et inquiétante » en Irak ainsi qu’en Syrie et au Liban.

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« [L’Iran] repose sur deux jambes : les Unités de mobilisation populaire [UMP], qui cherchent à prévenir secrètement et ouvertement l’unification de l’Irak, et les Gardiens de la révolution et la brigade al-Qods », explique-t-il.

« Israël se tient à une croisée des chemins », prévient-il, faisant référence aux négociations actuelles des Européens et des Américains avec l’Iran au cours desquelles les sanctions économiques pourraient être levées en contrepartie d’une surveillance internationale stricte et d’une limitation du développement du programme nucléaire iranien.
 
Cohen conclut qu’Israël a besoin de résoudre des questions cruciales concernant les activités nucléaires et militaires de l’Iran au Moyen-Orient tout en conservant des canaux diplomatiques actifs avec ses alliés en Europe, les États-Unis et la Russie.

« Israël et ses dirigeants doivent établir une stratégie et définir des objectifs clairs pour une nouvelle politique. Nos demandes doivent se placer dans un Moyen-Orient stable, où la capacité de l’Iran à se positionner à travers la région est neutralisée et ne lui permet pas de devenir un État de seuil nucléaire », estime Cohen.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.