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Week-end meurtrier en Palestine : les cinq infos à retenir

Au moins 40 Palestiniens ont été tués dimanche dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza, ont rapporté les autorités locales, portant à 188 le nombre de personnes ayant péri dans l’enclave palestinienne depuis lundi dernier
Une jeune fille évacuée des décombres de l’immeuble bombardé ce 16 mai 2021 dans le quartier résidentiel de Rimal à Gaza (AFP)
Une jeune fille évacuée des décombres de l’immeuble bombardé ce 16 mai 2021 dans le quartier résidentiel de Rimal à Gaza (AFP)
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Le plus lourd bilan depuis presque une semaine

C’est le plus lourd bilan quotidien du côté palestinien depuis lundi dernier : dimanche, 40 Palestiniens, dont au moins huit enfants, ont été tués selon les autorités locales dans des bombardements israéliens sur la bande de Gaza.

En presque une semaine, 181 personnes ont tuées dans l’enclave palestinienne dont 52 enfants, selon les autorités locales. De même source, 1 200 Palestiniens ont été blessés par les bombardements israéliens.

Les secours continuent de chercher des survivants et des corps sous les décombres après des frappes qui ont visé samedi, un immeuble abritant les bureaux de médias internationaux et locaux, et dimanche la maison de Yahya Sinwar, bureau du chef politique du Hamas.

Traduction : « Après sept heures sous les décombre, Amar Abou al-Aouf fait le signe de la victoire. »

Selon l’armée, qui avait demandé préalablement l’évacuation de l’immeuble abritant les médias internationaux, le bâtiment accueillait « des entités appartenant au renseignement militaire » du Hamas, accusé de se servir de civils comme « boucliers humains ».

« Nous arrêtons de temps à autres les engins pour pouvoir écouter les appels des personnes ensevelies », a témoigné sur Al Jazeera un des secouristes.

Traduction : « Les recherches sous les décombres se poursuivent alors que le nombre de corps est déjà de seize. »

Yousef Abu al-Rish, le vice-ministre de la Santé à Gaza, a précisé dimanche que les frappes aériennes israéliennes avaient visé et bloqué les routes menant aux hôpitaux de Gaza, y compris l’hôpital al-Shifa. « Ces attaques entravent les mouvements réguliers des patients et empêchent les blessés d'accéder aux services de santé », a-t-il souligné dans un communiqué.

Samedi, l’Égypte a ouvert sa frontière terrestre avec Gaza et envoyé dix ambulances dans l’enclave palestinienne pour évacuer et traiter dans ses hôpitaux des Palestiniens blessés dans les bombardements israéliens. 

Trois convois transportant au total 263 Palestiniens ont pu emprunter le passage de Rafah et rejoindre la région égyptienne du Nord-Sinaï.

Solidarité mondiale et tensions à Paris

Des manifestations de solidarité avec les Palestiniens ont été organisées ce week-end dans plusieurs villes à travers le monde.

À Londres, des milliers de personnes ont manifesté, appelant le gouvernement britannique à intervenir pour faire cesser l’opération militaire israélienne. Selon eux, parmi lesquels la coalition Stop the War et l’association musulmane du Royaume-Uni, la manifestation a rassemblé 150 000 personnes. Interrogée par l’AFP, la police n’a pas communiqué de chiffre. 

Traduction : « Nous étions plus de 100 000 à marcher à travers Londres pour soutenir la Palestine et dire NON à Israël. Ce doit être la plus grande manifestation que j’ai vue en dix ans ! »

À Rome, quelques centaines de personnes se sont rassemblées près de la basilique Santa Maria Maggiore, et en Allemagne, des milliers de personnes ont manifesté à Berlin et dans plusieurs villes à l’appel de collectifs propalestiniens. Les manifestants criaient « Libérez Gaza ! », « Palestinian live matter » ou « Sauvez Sheikh Jarrah ».

À Madrid, environ 2 500 personnes ont défilé dans le calme. « Le silence des uns est la souffrance des autres », « Jérusalem capitale éternelle de Palestine », pouvait-on lire sur les banderoles et pancartes brandies par les manifestants : 

Comme en Europe, des milliers de manifestants sont descendus samedi dans la rue aux États-Unis et au Canada.

En France, les manifestations ont eu lieu pacifiquement dans plusieurs villes, samedi.

Sauf à Paris où la préfecture de police avait interdit le rassemblement. Ce dernier s’est tenu malgré l’interdiction et a connu plusieurs heurts entre manifestants et forces de l’ordre. Bilan : 44 interpellations et un gendarme blessé.

« La France est le seul pays démocratique à interdire ces manifestations », ont protesté Sefen Guez, Dominique Cochain et Ouadie Elhamamouchi, avocats de l’Association des Palestiniens en Ile-de-France.

Panique sur une plage de Tel Aviv

Samedi, en représailles à l’assassinat, lors d’un bombardement contre le camp de réfugiés al-Shati à l’ouest de Gaza, de dix membres d’une même famille (deux femmes et huit enfants), le Hamas a revendiqué des tirs de roquettes sur Tel Aviv.

Les alarmes qui ont retenti ont poussé les estivants à fuir la plage pour se réfugier dans des bâtiments.

Selon l’armée israélienne, Israël fait face « au rythme le plus élevé de roquettes jamais tirées vers son territoire ».

Depuis le 10 mai, les groupes armés de Gaza ont lancé environ 3 000 roquettes vers Israël, battant ainsi le rythme des tirs lors d’une escalade en 2019 et de la guerre de 2006 contre le Hezbollah au Liban, a indiqué le général Ori Gordin lors d’une rencontre en ligne avec des journalistes.

Les roquettes ont tué dix personnes, parmi lesquelles un enfant et un soldat, et fait plus de 560 blessés, selon les secours israéliens. 

Le poisson sauvé de Gaza

La vidéo a fait le tour du monde : deux enfants palestiniens, Nana et Ahmed, sont contents et fiers d’avoir pu sauver leur poisson alors qu’ils viennent de perdre leur maison à Gaza.

Nana a aussi déclaré qu’elle voulait sauver les oiseaux aussi.

Ce dimanche, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé les membres du Conseil de sécurité de l’ONU « à exercer le maximum d'influence pour mettre fin aux hostilités entre Gaza et Israël ».

« L’intensité de ce conflit, c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant, avec des raids aériens incessants contre Gaza, qui est densément peuplé et des roquettes qui frappent des grandes villes en Israël avec pour conséquence des enfants qui meurent des deux côtés », a insisté Robert Mardini, le directeur général du CICR.

Il appuie ainsi les propos d’Henrietta Fore, la directrice générale de l’UNICEF, qui dans un communiqué, s’était alarmée : « Le degré de violence et son impact sur les enfants sont dévastateurs. Nous sommes au bord d’une guerre à grande échelle. »

Des militantes agressées à Sheikh Jarrah

De jeunes Palestiniennes ont été agressées, samedi, par des soldats israéliens près du quartier de Sheikh Jarrah alors qu’elles organisaient un sit-in de solidarité avec les habitants de ce quartier menacés d’expulsion au profit de colons israéliens.

Traduction : « Agression sauvage de l’armée d’occupation contre des femmes lors d’un sit-in à Sheikh Jarrah. »

Ce samedi 15 mai, le 73e anniversaire de la Nakba (« catastrophe », expulsion des Palestiniens de leurs terre en 1948) a été célébré dans plusieurs localités palestiniennes, notamment dans le quartier de Sheikh Jarrah. 

Dans les mosquées de plusieurs villes, des haut-parleurs ont fait retentir des sirènes pendant 73 secondes pour marquer le nombre d’années depuis la Nakba.

De nombreux Palestiniens ont également organisé des funérailles pour les Palestiniens tués vendredi en Cisjordanie occupée par les forces israéliennes.

Mustafa Barghouti, fondateur de l’Initiative nationale palestinienne, a déclaré à MEE que le recours à la force et les expulsions par Israël dans la région faisaient partie d’un effort de « nettoyage ethnique ».

« Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est une tentative israélienne de répéter la Nakba, mais ce qui surprend Israël, c’est la volonté de la résistance palestinienne et sa capacité à faire face à la fois à la résistance armée dans la bande de Gaza et à la résistance populaire en Cisjordanie. »