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Twitter ferme le compte lié à Ali Khamenei après une vidéo simulant l’assassinat de Trump

À l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat de Qasem Soleimani, le président iranien Ebrahim Raïssi a aussi menacé de « vengeance » d’anciens dirigeants américains dont Donald Trump
Le guide suprême iranien Ali Khamenei a partagé une vidéo qui montre l’ancien président américain Donald Trump visé par une frappe de drone (capture d’écran)
Le guide suprême iranien Ali Khamenei a partagé une vidéo qui montre l’ancien président américain Donald Trump visé par une frappe de drone (capture d’écran)
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Twitter a déclaré samedi avoir fermé le compte lié au guide suprême iranien Ali Khamenei qui avait publié une vidéo appelant à la vengeance pour l’assassinat du général Qasem Soleimani.

Cette vidéo montrait l’ancien président américain Donald Trump sur un parcours de golf de Mar-a-Lago en Floride et visé par une frappe de drone.

« Ce compte a été suspendu de manière permanente pour violation de nos règles », a affirmé un porte-parole de Twitter interrogé par l’AFP.

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Le compte @KhameneiSite avait posté cette semaine une vidéo d’animation simulant une vengeance contre Donald Trump, qui a ordonné il y a deux ans une frappe ayant tué le général Qasem Soleimani, alors chef le chef de la force al-Qods des Gardiens de la révolution.

Soleimani supervisait les opérations secrètes de l’Iran à l’étranger et a souvent été vu sur les champs de bataille, guidant les groupes chiites irakiens dans la guerre contre le groupe État islamique (EI).

Il ne s’agit pas du principal compte en anglais de l’ayatollah, @khamenei_ir, qui est lui toujours actif, mais d’un compte multimédia qui relaie ses activités. L’an dernier, un compte similaire avait déjà été suspendu par Twitter en raison d’une vidéo semblable : une affiche de propagande demandant vengeance pour la mort de Soleimani et qui montrait également Trump sur un parcours de golf.

De nouvelles menaces de « vengeance »

Selon Twitter, protéger les personnes et le contenu des conversations sur le réseau social est une priorité absolue de la société. Le groupe invoque des politiques claires au sujet des comportements abusifs et promet de continuer à intervenir en cas de violations.

Architecte de la stratégie d’influence régionale de l’Iran, le général Soleimani a été éliminé le 3 janvier 2020 à Bagdad par une frappe de drone américain ordonnée par Donald Trump. Dans le convoi visé se trouvait aussi Abou Mahdi al-Mouhandis, chef adjoint de la coalition irakienne de groupes armés pro-iraniens des Hachd al-Chaabi.

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Le guide suprême a plusieurs fois promis de venger sa mort.

Les Américains avaient affirmé au moment de l’assassinat que Soleimani prévoyait une action imminente contre le personnel américain en Irak, pays depuis longtemps déchiré entre les exigences rivales de ses principaux alliés : Washington et Téhéran.

Cet assassinat a secoué toute la région et fait craindre une confrontation militaire directe entre Washington et Téhéran. Des dizaines de roquettes et bombes disposées en bordure de route ont visé des sites diplomatiques, militaires et sécuritaires occidentaux à travers l’Irak depuis l’assassinat.

Le 3 janvier, à l’occasion du deuxième anniversaire de cette frappe, le président iranien Ebrahim Raïssi a lui aussi menacé de « vengeance » d’anciens dirigeants américains dont Donald Trump. 

« Si Trump et [l’ex-secrétaire d’État Mike] Pompeo ne sont pas poursuivis devant un tribunal équitable pour l’acte criminel que fut l’assassinat du général Soleimani, les musulmans obtiendront vengeance pour nos martyrs », affirmait Raïssi dans un discours au début du mois.

« L’agresseur, assassin et principal coupable – le président des États-Unis de l’époque – doit être poursuivi et jugé en vertu de la loi [islamique] sur les châtiments et le jugement de Dieu doit s’exercer sur lui », a-t-il ajouté.

Manifestation pour le deuxième anniversaire de l’assassinat de Qasem Soleimani et Abou Mahdi al-Mouhandis, en Irak, le 8 janvier 2022 (AFP/Hussein Faleh)
Manifestation pour le deuxième anniversaire de l’assassinat de Qasem Soleimani et Abou Mahdi al-Mouhandis, en Irak, le 8 janvier 2022 (AFP/Hussein Faleh)

Cet anniversaire a aussi été émaillé de plusieurs d’incidents : des hackers ayant des liens présumés avec l’Iran ont par exemple pris le contrôle des sites internet des quotidiens israéliens Maariv et Jerusalem Post et y ont posté un message de menace.

Au début du mois, la coalition soutenue par les Américains en Irak a déjoué un certain nombre d’attaques par drone coïncidant avec cet anniversaire.

L’Iran et les puissances mondiales négocient actuellement la relance du l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 rejeté par Trump en 2018.

Mardi, plus d’une centaine de Républicains de la Chambre des représentants ont demandé à l’administration Biden de quitter les négociations de Vienne en Autriche en raison des « provocations grandissantes de l’Iran en matière de nucléaire ».

Traduit de l’anglais et actualisé (original) par VECTranslation.