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Décret anti-musulmans : dix pays pourraient être ajoutés à la liste

Les avocats en droit de l’immigration conseillent la prudence car l’interdiction de Trump risque de s’étendre à d’autres pays dont l’Afghanistan, l’Égypte et le Pakistan
Des manifestants participent à un rassemblement organisé à New-York par des Yéménites contre le décret anti-musulmans promulgué par Trump (AFP)

Des juristes américains spécialistes en droit de l’immigration conseillent aux immigrants de dix pays à majorité musulmane de rester aux États-Unis ou d’y retourner immédiatement s’ils séjournent à l’étranger, car le président Donald Trump pourrait étendre à plusieurs autres pays l’interdiction d’entrer aux États-Unis.

Depuis le décret de vendredi dernier interdisant aux ressortissants de sept pays du Moyen-Orient et d’Afrique d’entrer aux États-Unis, des avocats et des militants américains en sont venus à supposer que Trump pourrait étendre l’interdiction d’immigrer à d’autres pays, en plus des sept déjà concernés.

L’interdiction a suscité des condamnations dans le monde entier ainsi que des manifestations de masse partout aux États-Unis et au-delà alors que l’administration Trump a continué à défendre sa politique.

Des manifestants rassemblés devant les bureaux Department of Homeland Security (ministère de la Sécurité intérieure) à Chicago, pour protester contre l’interdiction promulguée par Trump (AFP)

Les citoyens d’Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen, ceux qui y sont nés, ainsi que les titulaires de la double nationalité ont été interdits d’entrer aux États-Unis pour les 120 jours à venir.

Les titulaires de la carte verte (titre autorisant à travailler et vivre aux États-Unis) originaires des pays interdits sont aussi eux aussi concernés, et les réfugiés d’Irak et de Syrie ont été interdits d’entrer aux Etats-Unis pour une période indéterminée.

Désormais, spéculations et mises en garde s’expriment pour avertir que d’autres pays pourraient se retrouver eux aussi concernés par cette politique controversée.

Traduction : « Le chef de cabinet de Trump vient d’annoncer sur NBC que l’Égypte et l’Arabie Saoudite pourraient être ajoutées à la liste de pays interdits. Les protestations ne cessent de monter »

Une avocate en immigration, Kirsty White, qui a offert bénévolement son temps à l’aéroport international de Los Angeles (LAX) pour venir en aide à ceux qui, suite à l’interdiction, se sont retrouvés interdits d’entrer aux Etats-Unis, raconte avoir dû des familles interdites d’entrée alors qu’elles n’étaient même pas issues des sept pays énumérés.

Maître White explique : « Des pays absents de la liste des pays interdis ont eux aussi été impactés. Hier, j’ai dû attendre sept heures qu’une famille afghane soit enfin autorisée à entrer sur le sol américain. Or, l’Afghanistan NE figure PAS sur la liste ».

Elle ajoute : « Si vous avez des proches ou si vous connaissez des gens originaires de ces pays et qui ne sont pas citoyens américains (en clair, qui ne sont pas titulaires de la carte verte), dites-leur de tout faire pour rentrer aux États-Unis sans délai. »

Voici la liste des dix pays dont les ressortissants devraient être prudents : Égypte, Liban, Afghanistan, Pakistan, Colombie, Venezuela, Philippines du sud, trans-Sahara (Mali) et Sulu/Sulawesi (Indonésie).

D’autres personnes ont également émis des mises en garde similaires.

Mona Eltahawy, journaliste égypto-américaine et conférencière, a aussi lancé des avertissements similaires, qui restent à confirmer : un avocat en immigration aurait mis en garde sa mère contre des « faits inquiétants ».

Traduction : « Quelqu’un a-t-il entendu quelque chose à propos de l’#Égypte & de ce #MuslimBan fasciste ? Un avocat en droit de l’immigration a dit à ma maman des choses inquiétantes, que je ne suis pas encore en mesure de confirmer »

Et Eltahawy d’ajouter qu’un avocat en immigration à conseillé à sa mère, pourtant titulaire de la carte verte, de ne pas sortir des États-Unis du fait de l’incertitude actuelle.

Trump est soumis à des pressions croissantes pour annuler cette interdiction de voyager, pendant que des manifestations de masse et de grands rassemblements de plus en plus nombreux s’organisent aux États-Unis et dans le monde entier.

Une cour d'appel américaine a infligé un nouveau revers dimanche à l’administration Trump en rejetant sa demande de rétablir immédiatement l'application du décret migratoire.

Le responsable des droits de l’homme à l’ONU, Zeid Raad al-Hussein, a taxé cette interdiction de « mesquine » et illégale aux termes des lois internationales sur les droits de l’homme, en précisant que « le droit relatif aux droits de l’homme interdit toute discrimination fondée sur la seule nationalité ».

Hussein a ajouté : « L’interdiction américaine est également mesquiner et mobilise inutilement des ressources, pourtant indispensables pour lutter efficacement contre le terrorisme ».

Traduit de l’anglais (original) par [email protected].