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Élection présidentielle : le vote en France et dans le monde arabe

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Élection présidentielle : le vote en France et dans le monde arabe
Ce dimanche, 47 millions de Français ont voté pour le premier tour d’une élection présidentielle à l’issue imprévisible. Le deuxième tour opposera Emmanuel Macron à Marine Le Pen

Live Updates

7 years ago

Middle East Eye s’est procuré les résultats des votes de la communauté française en Algérie, en Tunisie et au Maroc. Dans les trois pays, Emmanuel Macron arrive en tête des sondages avec un score supérieur à celui réalisé en France et c’est en Algérie – où il s’est rendu en février dernier – qu’il réalise son meilleur résultat avec 51,9 % de voix.

En Algérie toujours et en Tunisie, il est suivi par Jean-Luc Mélenchon alors qu’au Maroc, c’est François Fillon qui se hisse à la deuxième place avec 28,8 % des votes, un bon résultat dû, selon des sources locales, à la forte présence de chefs d’entreprise et de retraités français, qui votent traditionnellement à droite. François Fillon réalise également un bon score en Algérie et en Tunisie où il arrive en troisième position.

Loin derrière suivent Benoît Hamon – avec moins de 6 % des voix – et surtout Marine Le Pen (moins de 5 %).

Enfin, c’est au Maroc que la participation a été la plus élevée (53,2 %).  

7 years ago

Alors qu’un électeur sur quatre se disait indécis avant le premier tour, la participation est une des clés de ce premier tour de scrutin présidentiel.

À midi, la participation était de 28,54 %, un chiffre légèrement supérieur à celui de 2012 (28,29 %).

Le prochain point sur la participation est prévu à 17h.

Selon les derniers sondages, un quatuor de favoris se détache, mené par le centristeEmmanuel Macron, la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, talonnés par François Fillon(droite) et Jean-Luc Mélenchon (hauche radicale).

Le président français François Hollande a appelé les Français à voter pour montrer « que la démocratie est plus forte que tout » (Reuters)

Le président sortant François Hollande a appelé les électeurs à « montrer que la démocratie est plus forte que tout », en votant dimanche dans la matinée, tout comme les onze candidats à l'élection présidentielle française, à Tulle, son ancien fief électoral du centre de la France.

Le premier tour est organisé sous une étroite surveillance en raison des craintes d'attentats, trois jours après l'attaque dans laquelle un policier a été tué en plein centre de Paris.

Une patrouille de police au Trocadéro près de la Tour Eiffel, après l'attaque qui a coûté la vie à un policier et fait trois blessés, jeudi soir sur les Champs-Elysées, à Paris (Reuters)

« Il est essentiel d'aller voter par les temps que nous vivons », a renchéri l'un des quatre favoris des sondages, le candidat centriste Emmanuel Macron. Main dans la main avec son épouse Brigitte, il a pris la pose pour les photographes devant son bureau de vote du Touquet, avant de prendre un court bain de foule parmi ses partisans enthousiastes.

Sourire aux lèvres, la candidate d'extrême droite Marine Le Pen a voté à Hénin-Beaumont, un bastion de son parti Front national dans le nord du pays. Peu avant son arrivée, six militantes Femen, torse nu, affublées de masques de la candidate ou du président américain Donald Trump, ont brièvement manifesté leur opposition dans la rue.

Député de Paris, le conservateur François Fillon a lui voté dans un quartier chic de l'ouest de la capitale, peu avant midi. Sa femme Penelope, soupçonnée d'avoir bénéficié d'emplois présumés fictifs comme collaboratrice parlementaire de son mari, s'était présentée dès l'ouverture du vote à Solesmes (ouest), avec deux de ses cinq enfants.

Malgré des sondages peu prometteurs, le candidat socialiste Benoît Hamon s'est quant à lui dit « serein », après avoir voté à Trappes, dans la région parisienne.

Les candidats moins connus de ce scrutin, tels le candidat du Nouveau parti anti-capitaliste, Philippe Poutou, se sont aussi prêtés au jeu des photographes.

Dernier des onze prétendants de l'Elysée à avoir accompli son devoir électoral, Jean-Luc Mélenchon, héraut de la gauche radicale, a glissé un bulletin dans l'urne, après avoir patienté dans la file d'attente de son bureau, situé dans une école de la capitale.

7 years ago

À minuit, selon le ministère de l'Intérieur sur la base de 79 % des bulletins dépouillés, Emmanuel Macron recueillait 23,24 %, devant Marine Le Pen (22,79 %).

Ce scénario rebat les cartes de la politique française : c'est la première fois depuis 1958 que la droite est absente du second tour, et la première fois qu'aucun des deux grands partis qui ont dominé la vie électorale depuis près d'un demi-siècle, le parti de droite Les Républicains et le Parti socialiste, n'y est présent.

L'entourage de Marine Le Pen a salué « une victoire historique pour les patriotes et les souverainistes ». Reste cependant le second tour le 7 mai prochain, où tous les sondages l'ont toujours annoncée battue.

De nombreux ténors de la droite ont fait part de leur soutien au centriste, après la défaite de leur candidat François Fillon. Le Premier ministre du gouvernement socialiste, Bernard Cazeneuve, a également appelé à voter Macron.

Toujours selon le ministère de l'Intérieur, au terme d'un match à quatre serré, le candidat de droite François Fillon recueillait 19,72 % des voix, et le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (18,97 %) sont éliminés, au coude-à-coude pour la troisième place. Très loin derrière vient le candidat socialiste Benoît Hamonse contentait de 6 % des voix, un revers cinglant pour le parti au pouvoir.

7 years ago

À 23h30, le ministère de l'Intérieur annonçait 23,07 % des voix pour Marine Le Pen (AFP)

Par Rémy Pigaglio, à Casablanca

« J’espère que ça ne sera pas Marine Le Pen, quand même », anticipe avec crainte Kenza, une Marocaine de 30 ans. En couple avec un Français, elle a vaguement suivi la campagne de l’élection présidentielle française. « Si elle est élue, je pense que les actes terroristes vont se multiplier. Elle est contre la mixité sociale et des jeunes feront l’amalgame entre elle et la France. Ils s’en prendront à leur propre pays. »

Après ce premier tour qui verra un face-à-face Marine Le Pen-Macron le 7 mai, pour de nombreux Marocains, c’est le « tout sauf Marine Le Pen » qui prime. Même sans connaître la politique française en détails, la présidente du Front national représente, à leurs yeux, une menace. « Je suis un Arabe. Avec Le Pen au pouvoir, bien sûr que je serais moins tranquille qu’avec Macron ! », assure Youssef, un visiteur médical de 35 ans, à Middle East Eye.

Les deux semaines qui séparent ces résultats du second tour risquent de tenir en haleine encore bien des Marocains. Même si les séries turques ou égyptiennes restent largement plus suivies, beaucoup de Marocains francophones se sont pris de passion pour l’élection présidentielle française. Plus le premier tour approchait, plus les cafés casaouis bruissaient des analyses passionnées dans le mélange marocain typique de français et de darija (dialecte marocain).

La « vague » Mélenchon a aussi touché le Maroc

« C’était la première fois que je m’intéressais à une élection française. Avec les rebondissements de l’affaire Fillon, les candidats aussi proches les uns des autres… il y avait du suspense ! », décrit Youssef. Avec les réseaux sociaux, plus besoin d’aller acheter le journal ou de regarder la télévision française : les articles viennent tout seuls aux internautes. Youssef reçoit aussi, depuis peu, les notifications des applications des médias français sur son portable.

Même si la connaissance des différents candidats par les Marocains est souvent assez limitée, la « vague » Mélenchon a aussi touché le Maroc. « Je suis altermondialiste et je soutiens la convergence des luttes. Le score très haut de Mélenchon est un espoir pour la gauche au Maroc, qui est en très mauvaise posture », assure Anas, militant du parti de la Fédération de la gauche démocratique. Anas a suivi la campagne de très près : « Je suis passionné de politique et par l’histoire du Maroc, et la France fait partie de cette histoire. »

« Autour de moi, beaucoup de gens ont été séduits par le personnage de Mélenchon, et quelques autres par Benoît Hamon », constate Nacer, un banquier de 30 ans. De manières plus étonnante, de rares connaissances ont choisi de défendre Marine Le Pen. « Je suppose que c’est surtout par esprit de contradiction, mais certains apprécient aussi sa défense de la non-ingérence en politique internationale », analyse Nacer, qui a vécu treize ans en France.

Si l’avis de nombreux Marocains sur Marine Le Pen est déjà fait, les prochains jours leur permettront de mieux découvrir le favori Emmanuel Macron. Le jeune candidat a déjà raté un rendez-vous avec les Marocains : son passage dans le pays pendant la campagne, souvent évoqué, n’a pas eu lieu.

7 years ago

Emmanuel Macron est donné gagnant par les sondages au second tour (AFP)

Pour l'institut Ipsos Sopra Steria, le candidat du mouvement En Marche ! recueillerait 62 % des voix, contre 38 % à la cheffe du parti Front national. Pour l'institut Harris Interactive, l'écart serait encore plus important, avec 64 % des voix pour Emmanuel Macron et 36 % pour Marine Le Pen.

7 years ago

Steeve Briois, le maire FN d'Hénin-Beaumont, a fait campagne sur des problématiques locales : problèmes de voirie, places en crèches et dans les maisons de retraite, redynamisation des commerces du centre-ville (AFP)

Depuis les élections municipales de 2014 et la victoire du frontiste Steeve Briois, Hénin-Beaumont, commune de 27 000 habitants située au cœur du bassin minier (Pas-de-Calais) est devenue, bien malgré elle, la vitrine du Front national : reportage

7 years ago

Emmanuel Macron (à gauche) et Ramtane Lamamra, le ministre algérien des Affaires étrangères lors de sa visite à Alger en février (Twitter)

Peu bavard sur ce que serait sa politique étrangère, Emmanuel Macron, qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle, aurait en tout cas laissé entendre à Alger que sa stratégie en Libye et au nord-Mali se ferait « en concertation » avec les pays de la région.

Selon les informations recueillies auprès d’un diplomate algérien par Middle East Eye, l’ex-ministre de l’Économie (2014-2016) qui était en visite à Alger le 14 février, et qui s’est notamment entretenu avec le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, a expliqué qu’il n’était « pas d’accord » avec la politique de Nicolas Sarkozy en Libye, ni même avec certaines décisions de François Hollande.

Le candidat arrivé en tête s’est engagé envers les responsables algériens, s’il était élu, à « prendre les mesures nécessaires sans que cela signifie davantage d’engagement en Libye et au Mali », et qu’il le ferait « avec les experts et les parties engagées dans la région ».

7 years ago

Les bureaux de vote ont commencé à fermer dimanche en France où 47 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, sous haute surveillance, pour le premier tour d'une élection présidentielle à suspense, cruciale pour l'avenir de l'Union européenne.

Trois heures avant la fermeture des derniers bureaux de vote à 18 h (GMT), la participation s'élevait à 69,42 %, en légère baisse par rapport au premier tour de 2012 (70,59 %) mais à un des meilleurs niveaux depuis quarante ans, selon le ministère de l'Intérieur.

Le taux d'abstention devrait atteindre sur la journée entre 19 et 22 %, selon des estimations de plusieurs instituts. Le niveau de mobilisation des 47 millions d'électeurs est l'une des clés du scrutin, alors qu'un sur quatre se disait encore indécis avant le premier tour.

7 years ago
Par Phillipine de Clermont-Tonnerre, à Beyrouth
 
Pour un électorat historiquement acquis à la droite, le redressement économique et la lutte contre le terrorisme sont les défis prioritaires du nouveau quinquennat (AFP)

C’est sous un grand soleil, que les 18 000 Français inscrits sur les listes électorales au Liban – dont 77 % de binationaux –  ont pris ce matin le chemin des différents bureaux de vote installés à Beyrouth pour ce premier tour de l’élection présidentielle. À l’extérieur, de longues files d’attentes ont commencé à se former dès les premières heures de la journée. Il fallait compter une heure en moyenne avant de pouvoir déposer son bulletin dans l’urne.

Au moment du dépouillement, il est fort probable que les résultats viennent confirmer l’ancrage, traditionnellement à droite, des Français du Liban.

Même si, dans la foule, certains se disent encore indécis.
« Ce n’est pas évident de choisir. Je crois que je vais rester jusqu’à la dernière minute derrière le rideau »
- Rita Beyrouti

Le Front national compte depuis longtemps aussi une base de soutiens solides

« La dégradation du pays se situe surtout au niveau de la sécurité », lâche Nicolas Delage, un Franco-libanais de 52 ans qui assure qu’il votera pour l’extrême droite en cas de duel Le Pen/Macron.

Au Liban, le Front national compte depuis longtemps aussi une base de soutiens solides.

Marine Le Pen rencontre le cardinal Bechara Boutros Rahi, le patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient au siège du patriarcat maronite de Bkerké, au Liban, le 21 février 2017 (AFP)

« J’ai voté pour Marine le Pen car il s’agit d’une élection très décisive pour la France au niveau des questions d’immigration, de sécurité, de changement de l’identité, et de l’avenir de l’Europe », confie Freddy Chehab.

Comme de nombreux partisans du FN au Liban, ce banquier de 42 ans n’est pas favorable à la suppression de la double nationalité qui figure dans le programme du parti frontiste. Pour autant, cette mesure n’influencera pas son choix. « Même si cela risque d’entraver l’accès de ma femme à la nationalité, pour moi, le plus important est l’intérêt de la nation ».

De manière générale, les électeurs franco-libanais ne s’attendent pas à ce que le futur président se préoccupent d’avantage des Français de l’étranger que les précédents. 

« Les droits des Français de l’étranger m’importe mais ça n’entre pas dans mon choix pour la présidentielle. Ce sera plus pour les législatives », confie Wendela El Kareh.

À LIRE : Marine Le Pen refuse de porter le voile pour rencontrer le mufti à Beyrouth

« On se sent un peu abandonnés. Inscrire les enfants dans les écoles françaises est un stress permanent et les aides ne sont pas suffisantes. Ils proposent tous des choses, mais on verra s’ils tiennent parole. Ils pensent à nous au moment des votes mais après ils nous oublient », lâche, résignée, Rita Beyrouhti, documentaliste.

« De toutes façons, ça n’est pas pour moi que je vote », assure pour sa part Catherine Chikhani, ancien professeur de Lettres au grand lycée franco-libanais de Beyrouth.

À 71 ans, elle est la seule à déclarer vouloir voter pour Jean-Luc Mélenchon. « Il n’y a que lui qui propose de faire plus pour la classe moyenne et les pauvres », justifie cette retraitée de l’Éducation nationale française.  

7 years ago

Dans le monde arabe, les quotidiens suivent de près l'élection française (AFP)

L’élection présidentielle française est un sujet largement suivi par la presse dans le monde arabe. Petite revue de presse.

Al Akhbar, quotidien libanais de gauche, arabophone, consacrait samedi sa une à Jean-Luc Mélenchon en se demandant « Mélenchon va-t-il le faire ? ». La journaliste relève que depuis que « le fils de la gauche perdue », « populaire chez les immigrés », fait partie « des quelques candidats susceptibles de passer au second tour », « la gauche radicale est revenue en force sur la scène politique ».

Le journal consacre un dossier entier à ce premier tour qualifié de « tour de tous les dangers » avec des sujets comme « Daech vote Le Pen », en expliquant qu’au lendemain de l’attaque de Paris, Marine Le Pen ne pouvait pas rêver d’un meilleur scénario de fin de campagne ».

La une du quotidien libanais Al Akhbar (capture d'écran)

De la présidente du Front national, il en est aussi question dans le quotidien égyptien Al Masry al-Youm où un dossier spécial « La gauche agonise et la droite se réveille » dresse des portraits de chaque candidat en leur donnant à chacun un titre choc : « La petite fille d’une Égyptienne terrorise les Européens » pour Marine Le Pen ou encore « Un gaulliste qui menace de chasser les Frères musulmans » pour Fillon.

Dans L’Orient Le Jour, autre quotidien libanais, francophone, l’éditorialiste Gaby Nasr s’amuse à définir le « biotope gaulois » où « être rasé de près, convenablement habillé et propre sur soi est éminemment suspect pour un personnage public. La sympathie populaire va généralement à celui qui est branché. Comprendre : mal fagoté, barbe de trois jours et tongs. Si en plus, il est adepte de l'énergie renouvelable, achète dans le commerce équitable, fait du bénévolat, mange cinq fruits et légumes bio par jour, avant de tirer sur un joint puis courir sauver la planète, alors là il est littéralement monté au pinacle ! ».

À Alger, Halim Benatallah, ex-secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de la communauté nationale à l’étranger, a donné au quotidien arabophone Echorrouk un entretien où il explique qu’un président jeune conviendrait mieux à l’Algérie. « Un candidat de la nouvelle génération, indépendant des schémas de pensée rattachées à l’histoire, à droite comme à gauche », précise-t-il, « permettrait de rafraîchir l’état d’esprit et de se débarrasser, par exemple, du jeu malsain des préférences entre pays maghrébins et des positions anachroniques comme celle sur le Sahara Occidental, une position qui contribue à alimenter les divisions entre l’Algérie et le Maroc et entravent de son côté les efforts de rassemblement du Maghreb. »

7 years ago

Par Lilia Blaise, à Tunis

Asma, enseignante, « issue de la droite chiraquienne », va tout faire pour aller voter malgré ses douleurs lombaires. « Depuis Sarkozy », elle confie « ne plus se reconnaître dans la droite » et veut un changement depuis la Tunisie, là où elle vit.

« Je vais voter pour Macron pour une raison toute bête : je veux voter pour une nouvelle tête, j'en ai marre de voir les mêmes depuis vingt ans », explique cette Franco-tunisienne à Middle East Eye. Mais pour elle, le danger que les extrêmes l’emportent est plus présent que jamais. « De toutes les façons, c'est le système tout entier qui est rejeté quand on voit la montée des extrêmes. »

Pour les Tunisiens installés en France que MEE a sollicités, le cœur balance entre Macron et Mélenchon. Mourad et sa femme ont reçu leur carte d’électeur jeudi dernier. Mourad, la trentaine, est français depuis le 30 mars 2017.

« Je regardais toujours de près mais là, c’est un grand plaisir de pouvoir voter. Je vais voter pour Mélenchon car il me parle beaucoup en tant que Tunisien du fait qu’il veuille en finir avec la Ve République et définir de nouvelles règles du jeu. »

Dans ses discours, Jean-Luc Mélenchon, lié à l’extrême gauche tunisienne, le parti du Front populaire, qui a fait une percée aux dernières législatives tunisiennes, a souvent fait référence à la révolution tunisienne.

Près de 24 000 électeurs sont inscrits sur les registres électoraux en Tunisie et 70 % sont des binationaux

Pour d’autres, la mesure d’une déchéance de la nationalité proposée par François Fillon et Marine Le Pen a mis fin à un possible doute. « Je ne vois pas comment il serait possible de me demander de choisir entre mon père et ma mère », affirme Skander, un Français vivant dans l’Essonne qui a obtenu la nationalité tunisienne à l’âge de 16 ans. « Le débat public et politique a été pollué par les questions d’immigration et pas seulement pendant les élections », renchérit-il.

Près de 700 000 Tunisiens, binationaux et immigrés confondus vivent en France. Et même dans la famille de Skander, où tout le monde n’est pas français, le débat est intense. « Pour ma famille, les discussions tournent vraiment autour des positions des candidats sur l’immigration. Ce qui m’attriste, c’est que finalement le débat se résume à se positionner ou non face au Front national, on a du mal à parler des autres questions comme le chômage ou l’économie » dit-il.

Des préoccupations liées aux questions de binationalité

Cette année, près de 24 000 électeurs sont inscrits sur les registres électoraux en Tunisie et 70 % sont des binationaux. Pour l’élection de 2012, ils étaient 15 245 inscrits mais seulement 7 517 à s’être déplacés pour voter, avec un taux de participation de 43,63 %. François Hollande avait remporté 47,94 % des voix contre 22,68 % pour Sarkozy.

Cette année, pour les binationaux, vivant en Tunisie, comme Cédric, 45 ans, un républicain partisan d’Alain Juppé, il faudra faire un choix difficile. « Je ne soutiens pas du tout Fillon, la ligne rouge a aussi été pour moi la déchéance de la nationalité » affirme-t-il en confiant se tourner vers Macron. Très impliqué dans le parti des Républicains, Cédric confie que son souhait pour les élections porte davantage sur une plus grande considération des binationaux vivant à l’étranger. « Pendant les primaires, il fallait payer une somme symbolique pour voter et beaucoup de binationaux n’ont plus ou pas de comptes libellés en euros et sont payés en dinars donc beaucoup d’électeurs n’ont pas pu voter » donne-t-il comme exemple.

L’autre ligne rouge a été la question de la nationalité des terroristes ayant commis des attentats sur le sol français. « À chaque fois, on nous dit qu’ils sont Tunisiens alors qu’ils sont aussi Français, et on parle d’expulser ceux qui présentent un danger alors qu’ils ont grandi en France, je ne comprends pas pourquoi la Tunisie devrait s’en occuper » affirme-t-il.

Mourad, journaliste binational, a vécu en France pendant quinze ans. Aujourd’hui, il a choisi de repartir vivre en Tunisie. Il admire Mélenchon pour sa rupture sur les questions de politique étrangère. « Mélenchon est le seul vrai pacifiste. La France, avec Sarkozy, a eu une responsabilité dans le chaos en Libye, et avec Hollande, en Syrie. »

Une élection qui intéresse aussi les Tunisiens

Les problématiques liées à l’Europe ou encore l’économie font aussi partie des préoccupations.

Pour Farah Bouguerras, Tunisienne, suit les élections dans le cadre de ses études de droit : « Quel que soit le candidat qui remportera ces élections, il y aura sûrement des répercussions importantes. De profondes réformes constitutionnelles sont proposées par Melenchon et Le Pen, par exemple. »

Pour Ghazi Ben Ahmed, un Tunisien vivant en Tunisie, à la tête d’un think tank, l’issue économique des élections pourrait avoir un impact direct sur la Tunisie qui a dû réduire ses importations cette semaine à cause de la dévaluation persistante du dinar.

« La France est notre partenaire économique et commercial. Mieux il se se porte, mieux la Tunisie se porte aussi. Donc tous les candidats qui appellent à sortir de l'euro et de l'Union européenne [UE] sont à éliminer. Il ne reste pratiquement que Fillon et Macron », analyse-t-il.

Alors que les pronostics en France soulignent encore l’indécision du vote et mettent côte à côte quatre candidats, en Tunisie, la startup tunisienne de data, Webradar prédit un second tour Mélenchon/Le Pen.

7 years ago

Au marché de Bondy (MEE/Widad Ketfi)

Déception face à la gauche, colère face aux violences policières : à Bondy, dans la banlieue nord-est de Paris, l'incertitude et doute gagnaient du terrain avant les élections. 

Le reportage de Widad Ketfi.

7 years ago

La candidate du parti d’extrême droite Front National à l’élection présidentielle française prononce un discours lors d’un meeting de campagne tenu en avril 2017 à Bordeaux (AFP)

Les Israéliens n’ont certes pas d’affection particulière envers Marine Le Pen ou Geert Wilders, mais à leurs yeux, toute poussée des forces antimusulmanes en Europe est bon signe, selon Meron Rapoport.

7 years ago

Ailleurs dans le monde, les Français ont aussi voté.