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Israël cherche à rétablir des relations diplomatiques complètes avec la Turquie

Un responsable israélien a déclaré à MEE que les intérêts communs aux deux pays en Syrie et l’approvisionnement en gaz en Méditerranée orientale devraient les rapprocher
Le drapeau de l’ambassade de Turquie flotte à proximité d’un drapeau israélien à Tel Aviv en 2016 (Reuters)
Par
ANKARA, Turquie

Le gouvernement israélien cherche à rétablir des relations diplomatiques complètes avec Ankara via la nomination conjointe d’ambassadeurs, a déclaré une source officielle israélienne à Middle East Eye, notant que la Turquie et Israël avaient des intérêts communs tels que la Syrie et l’approvisionnement en gaz naturel en Méditerranée orientale.

La semaine dernière, les utilisateurs des réseaux sociaux en Turquie ont relayé une information non vérifiée selon laquelle Israël aurait proposé de signer un accord de délimitation en Méditerranéenne avec la Turquie, similaire à celui convenu avec la Libye l’année dernière.

Les commentaires quant à une éventuelle détente dans les relations faisaient suite à un tweet publié par le compte officiel d’Israël sur Twitter, indiquant que le pays était fier de ses relations diplomatiques avec la Turquie et espérait resserrer les liens à l’avenir.

Le tweet a conduit de nombreux observateurs à faire remarquer qu’Israël était absent d’une déclaration signée la semaine dernière par ses alliés condamnant la Turquie pour ses « activités illégales » de forage gazier et son « expansionnisme » en Méditerranée orientale. La déclaration a été signée par les ministres des Affaires étrangères chypriote, égyptien, français, grec et émirati.

« Nous n’avons jamais discuté de quoi que ce soit lié à un accord de délimitation maritime avec la Turquie, même durant l’âge d’or des relations bilatérales dans les années 90, ces informations sont complètement absurdes », a déclaré le responsable israélien à Middle East Eye.

« Ce que nous recherchons [maintenant], ce sont des relations diplomatiques complètes avec la Turquie. Tant que cela ne sera pas le cas, il y a très peu de choses que nous pouvons accomplir ensemble. »

Le responsable a fait remarquer que malgré les tensions diplomatiques avec la Grèce, la Turquie avait un ambassadeur à Athènes. Et d’ajouter : « Avec les Émirats arabes unis, la Turquie a encore plus de problèmes mais il y a un ambassadeur émirati à Ankara. »

Interrogé sur l’absence d’Israël parmi les signataires de la déclaration condamnant Ankara, le responsable a expliqué que son pays n’avait jamais fait partie de ce groupe. « Nous ne sommes membres que du Eastern Med Gas Forum, qui est basé au Caire. Cette déclaration avait deux problèmes, l’un d’eux est la Libye, alors que […] nous n’avons pas de mise dans ce combat », a déclaré la source.

« [C’est] le même intermédiaire iranien, connu sous le nom de Hezbollah, [qui] défie les soldats turcs à Idleb et [qui] défie nos soldats dans le sud de la Syrie. Il s’agit d’un sujet d’intérêt commun, tout comme l’énergie »

- Un responsable israélien

La Turquie et Israël n’ont pas d’ambassadeurs dans leurs capitales respectives depuis que les États-Unis ont déplacé leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem en mai 2018, provoquant des manifestations palestiniennes de masse.

Après que des dizaines de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes le long de la frontière entre Gaza et Israël, la Turquie a demandé à l’ambassadeur d’Israël de quitter temporairement le sol turc et a rappelé son propre envoyé.

Le responsable israélien a indiqué que la Syrie était l’une des principales raisons pour lesquelles une normalisation des relations était nécessaire.

« [C’est] le même intermédiaire iranien, connu sous le nom de Hezbollah, [qui] défie les soldats turcs à Idleb et [qui] défie nos soldats dans le sud de la Syrie. Il s’agit d’un sujet d’intérêt commun, tout comme l’énergie », a précisé le responsable, ajoutant qu’avant la rupture des relations bilatérales, Ankara et Israël étaient proches d’un accord qui aurait amené du gaz israélien en Turquie.

Début mai, Israël a aidé la Turquie à livrer une cargaison d’aide médicale à la Cisjordanie occupée et à la bande de Gaza sous blocus. Ankara a pour sa part accordé une autorisation d’exportation pour du matériel médical acheté par les hôpitaux israéliens contre le coronavirus.

Cependant, une détente dans les relations semble improbable depuis que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, dont les relations avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan sont notoirement mauvaises, a réussi à former un gouvernement après trois élections en un an.

La Turquie avait espéré qu’un gouvernement dirigé par le rival de Netanyahou, Benny Gantz, puisse conduire à une réconciliation. Mais alors qu’un gouvernement de coalition a prêté serment en Israël ce dimanche, les projets d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie – une décision déjà sévèrement critiquée par la Turquie le mois dernier – devraient aller de l’avant.

Traduit de l’anglais (original).