Aller au contenu principal

Accord Émirats-Israël : un pipeline secret construit par Israël et l’Iran dans les années 1960 pourrait ouvrir une nouvelle route pétrolière

Ce pipeline, qui s’étend de la mer Rouge à la Méditerranée, pourrait permettre aux superpétroliers de contourner le canal de Suez
Cette photo prise le 6 décembre 2019 montre des bâtiments dans le camp de réfugiés d’al-Shati à Gaza, avec la ville portuaire israélienne d’Ashkelon en arrière-plan (AFP)
Par

Le nouvel accord de reconnaissance entre les Émirats arabes unis et Israël pourrait profiter à un pipeline secret construit par Israël et l’Iran dans les années 1960, selon un article publié dans le magazine Foreign Policy.

L’Europe Asia Pipeline Company (EAPC), propriétaire de la conduite d’environ 250 km reliant la mer Méditerranée à la mer Rouge, pourrait permettre de contourner le canal de Suez et offrir une alternative moins coûteuse pour les expéditions de pétrole.

« Cela ouvre beaucoup de portes et d’opportunités », a déclaré à Foreign Policy Izik Levi, PDG de la compagnie pipelinière.

D’après Foreign Policy, le principal avantage du pipeline serait la possibilité pour les superpétroliers de grande taille – qui assurent l’essentiel du transport moderne de pétrole et qui ne peuvent pas emprunter le canal de Suez – transportant du pétrole exporté par des pays producteurs tels que l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan de décharger à Ashkelon, sur la côte méditerranéenne d’Israël.

Le pétrole et le gaz toujours au centre des enjeux au Moyen-Orient
Lire

Là, le pétrole pourrait être pompé jusqu’à Eilat dans le golfe d’Aqaba pour être acheminé en Chine, en Corée du Sud ou ailleurs en Asie.

Le pétrole circulant en sens inverse, en provenance des pays de la péninsule arabique, pourrait également contourner le canal de Suez.

Le pipeline de l’EAPC a été enregistré à l’origine en 1968 en tant que joint-venture à 50/50 entre l’Iran et Israël.

Avant la révolution islamique de 1979 – et la rupture des relations entre les deux pays –, Israël et l’Iran entretenaient des relations diplomatiques fortes bien que discrètes.

L’objectif initial du pipeline était d’empêcher une répétition de la crise de Suez de 1956 et de sécuriser les importations d’énergie israéliennes et européennes.

« La société la plus secrète d’Israël »

L’EAPC a été décrite comme « la société la plus secrète d’Israël » et ne publie pas d’états financiers publics.

« Tout ce qui concerne le pipeline est secret, même le sens dans lequel le pétrole s’écoule », a déclaré Leehee Goldenberg, avocate spécialiste des questions environnementales, dans le Financial Times en 2016.

« Les gens méritent de savoir ce qui se passe dans leur cour. »

En 2014, la société a néanmoins fait la une des journaux après qu’une fuite provenant du pipeline a provoqué la pire catastrophe environnementale de l’histoire d’Israël.

« Tout ce qui concerne le pipeline est secret, même le sens dans lequel le pétrole s’écoule »

– Leehee Goldenberg, avocate

Suite au boycott d’Israël par les pays arabes, les pétroliers reconnaissant leur amarrage dans un port israélien ont rencontré des difficultés dans leurs transactions avec les pays arabes – cela a servi à justifier le caractère secret de l’EAPC.

Mais alors que les Émirats arabes unis ont renoncé au boycott et que d’autres pays du Golfe devraient leur emboîter le pas, certains voient de nouvelles possibilités pour le pipeline.

« Si les préoccupations [liées au secret] diminuent de manière significative, le prix baissera de manière significative », a affirmé Izik Levi.

« Cela deviendra alors réalisable sur le plan économique et encore plus intéressant. »

S’il n’a pas pu divulguer les noms des clients de l’EAPC, le responsable a précisé que certaines des plus grandes entreprises mondiales en faisaient partie.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.