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De présumés putschistes en Turquie battus et violés pendant leur détention selon Amnesty

Amnesty affirme détenir des « preuves crédibles » de torture des détenus en Turquie depuis la tentative de putsch
Des partisans d’Erdoğan lors d’un rassemblement contre le coup d’État militaire à Istanbul le 23 juillet (AFP)
Par MEE

L’organisation des droits de l’homme Amnesty International a révélé dimanche avoir des « preuves crédibles » de violences et de torture infligées aux détenus après la vague d’arrestations survenue suite à la tentative de putsch du 15 juillet en Turquie.

Le groupe basé à Londres a affirmé que certains détenus étaient « soumis à des passages à tabac et à la torture, notamment au viol, dans les centres officiels et non officiels de détention du pays ».

Amnesty a déclaré que plus de 10 000 personnes avaient été arrêtées depuis la tentative de coup d’État ; le groupe a également demandé à ce que des observateurs indépendants puissent avoir accès aux lieux de détention à travers la Turquie.

Amnesty a proféré de graves allégations de mauvais traitements à l’encontre des policiers turcs, qui, selon l’ONG, ont maintenu les détenus dans « des positions douloureuses, les ont privés de nourriture, d’eau et de traitement médical, les ont agressés verbalement et menacés, et les ont soumis à des passages à tabac et à la torture, notamment au viol et aux agressions sexuelles ».

Deux avocats qui travaillent dans la capitale Ankara pour le compte des détenus ont déclaré à Amnesty avoir été témoins « du viol d’officiers supérieurs en détention avec une matraque ou un doigt par des policiers ».

Une autre source a déclaré à Amnesty qu’entre 650 et 800 soldats étaient détenus à la salle de sport du quartier général de la police d’Ankara. La source a indiqué qu’« au moins 300 détenus montraient des signes suggérant qu’ils avaient été battus ».

« Les informations faisant état de coups et viols en détention sont extrêmement alarmantes, en particulier au regard du nombre de détentions constatées la dernière semaine. Les cas sinistres que nous avons documentés ne sont qu’un aperçu des abus qui pourraient se produire dans les lieux de détention », a déclaré le directeur pour l’Europe d’Amnesty International, John Dalhuisen.

« Il est absolument impératif que les autorités turques cessent ces pratiques abjectes et permettent à des observateurs internationaux de rendre visite à tous ces détenus dans leur lieu de détention. »

Un responsable turc, qui a demandé à rester anonyme, a déclaré à MEE que le gouvernement rejetait les allégations de mauvais traitement des détenus avancées par Amnesty.

« Nous rejetons catégoriquement ces allégations et nous encourageons les groupes de défense [des droits de l’homme] à fournir des comptes rendus impartiaux des mesures juridiques qui sont prises contre les personnes qui ont assassiné près de 250 civils de sang-froid », a déclaré ce responsable.

« L’idée selon laquelle la Turquie, pays qui cherche à adhérer à l’Union européenne, ne respecterait pas la loi est absurde. Hier, nous avons relâché 1 200 militaires parce que tout ce dont nous nous soucions, ce sont les preuves concrètes de complicité dans cette grave agression contre notre démocratie. »

Depuis le coup d’État manqué, 13 165 personnes au total ont été arrêtées, a déclaré samedi soir le président Recep Tayyip Erdoğan.

Parmi celles-ci figurent 8 838 soldats, 2 101 juges et procureurs, 1 485 policiers et 689 civils.

Au moins 123 généraux et amiraux ont également été emprisonnés, selon le Premier ministre turc Binali Yıldırım.

Amnesty a affirmé que, bien qu’il soit légitime que la Turquie s’inquiète pour sa sécurité à la lumière de la tentative de coup d’État, les violations des droits de l’homme ne sont jamais acceptables.

« La Turquie est naturellement préoccupée par sa sécurité publique en ce moment, mais rien ne peut justifier la torture et les autres mauvais traitements ou la détention arbitraire », a déclaré Dalhuisen.

Prenant la parole lors d’un rassemblement pour l’unité organisé à Istanbul dimanche soir, le chef de l’opposition Kemal Kılıçdaroğlu a déclaré devant une immense foule de gens issus de l’ensemble du spectre politique turc que les mauvais traitements des détenus « ne devraient pas être permis ».

Le leader du CHP (parti de centre-gauche) a déclaré, sans mentionner spécifiquement le rapport d’Amnesty : « L’État ne peut pas être dirigé sur la base de la haine et de la vengeance. L’État de droit doit prévaloir. La torture, la pression en réaction au putsch mettront l’État et les putschistes au même niveau et cela ne devrait pas être permis. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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