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Des maires français interdisent la chicha pour des raisons d’« ordre public »

Les critiques affirment que la décision prise par cinq maires français constitue une attaque contre les populations immigrées
Un homme fume la chicha à Paris (AFP)
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Plusieurs maires de France ont interdit la chicha dans les lieux publics pour des raisons de sécurité – une décision susceptible d’accroître les tensions raciales selon les critiques.

Au moins quatre maires du sud-ouest de la France et un de la région parisienne ont pris cette décision après des plaintes déposées par la population locale, a rapporté le Times cette semaine.

Les responsables déclarent que ces interdictions sont une question d’ordre public et n’ont rien à voir avec la religion. Ils ont fait valoir que certains érudits islamiques étaient contre la chicha.

Charles Scibetta, le maire de Carros, près de Nice, a déclaré qu'il avait introduit cette interdiction parce que des groupes d’utilisateurs semaient la peur auprès de la population locale, ajoutant que la chicha était un « fléau social et sanitaire ».

Les critiques ont cependant déclaré que ces interdictions étaient un exemple supplémentaire de la répression en France des minorités issues de l’immigration suite à une vague d’attentats terroristes perpétrés par des membres du groupe État islamique.

Hamdi Chebli, un jeune homme de 22 ans originaire d’Afrique du Nord, a décrit l'interdiction comme « stupide et injuste », selon le Times.

Il a écrit au maire pour lui demander de changer d’avis, mais son appel est tombé dans l'oreille d'un sourd.

Ces interdictions font suite aux tentatives d'environ 30 maires d'interdire le port du « burkini » sur les plages.

Le maire de Cannes, David Lisnard, a déclaré qu'il avait approuvé l’interdiction dans sa circonscription par « respect des bonnes mœurs et de la laïcité » - un principe fondateur de la République française.

Le Premier ministre français Manuel Valls avait apporté son soutien à l'interdiction, affirmant que le burkini n’était « pas compatible avec les valeurs de la France et de la République ».

Cependant, fin août, la plus haute juridiction administrative de France a jugé que les interdictions étaient illégales et transgressaient « la liberté de croyance et la liberté individuelle ».

Traduit de l’anglais (original).