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« Elle est morte et j’ai tout perdu » : à Gaza, le Ramadan commence dans le deuil 

Des familles de la bande de Gaza pleurent leurs proches, tués lors du récent bombardement par l’armée israélienne 
Des proches en deuil lors des funérailles de cinq Palestiniens tués lors de frappes aériennes israéliennes de dimanche (AFP)
Par Motasem A Dalloul à BANDE DE GAZA, Territoires palestiniens occupés

Comme beaucoup d’autres à Gaza, les familles al-Madhoun, Abul-Jidyan et al-Ghazali espéraient être en sécurité chez elles.

Mais cet espoir a été brisé au cours du weekend, lorsqu’un déluge de bombes israéliennes s’est abattu sur les Palestiniens de l’enclave côtière assiégée.

« Vendredi, ma fille Iman m’a téléphoné et m’a invité à partager l’iftar avec elle, son mari et la petite Maria, le premier jour du Ramadan », témoigne Siham Hassouna, 56 ans, à Middle East Eye. « Elle est morte et j’ai tout perdu. »

Iman, 30 ans, sa fille Maria, 4 mois, et son mari Ahmad al-Ghazali, 31 ans, ont été tués dimanche dans leur appartement de Beit Lahiya, une ville du nord de la bande de Gaza.

Une photo prise le 5 mai 2019 montre les restes d’un bâtiment dans la ville de Gaza après avoir été touché par des frappes aériennes israéliennes

Ils figurent parmi les 29 Palestiniens au moins, dont deux femmes enceintes, tués lors des frappes aériennes israéliennes sur le territoire palestinien au cours du weekend.

Siham a indiqué que sa fille avait déjà acheté des vêtements pour son bébé afin de célébrer l’Aïd, la fête marquant la fin du mois sacré du Ramadan, lequel a débuté dimanche soir. Mais le nourrisson n’aura jamais l’occasion de les porter.

Perdre une âme

« Qui portera ces beaux vêtements maintenant ? Personne. Que Dieu consume les cœurs de ceux qui consument les nôtres », se désole Siham.

Les violences ont commencé vendredi lorsque l’armée israélienne et le groupe combattant Jihad islamique ont échangé des coups de feu après que celle-ci a tué quatre Palestiniens à Gaza.

« Désormais, nous sommes seuls. Qui le remplacera ? »

- Ibtisam, épouse de Hani Abu Shaar, tué à Rafah

Au cours des deux jours qui ont suivi, des centaines de roquettes ont été lancées sur Israël depuis Gaza, tandis que l’armée israélienne a pilonné l’enclave assiégée avec des frappes aériennes et l’artillerie.

Quatre Israéliens ont également été tués par des roquettes tirées depuis Gaza.

Tandis que la violence menaçait de déboucher sur une guerre totale, un cessez-le-feu a été conclu lundi matin entre les factions israélienne et palestinienne.

Les Palestiniens de Gaza disent n’avoir plus, une fois encore, qu’à ramasser les morceaux.

Selon le ministère palestinien du Travail et du Logement à Gaza, au moins 130 appartements ont été complètement détruits, tandis que 700 autres ont été partiellement endommagés lors de l’attaque meurtrière.

Salim al-Hindi, père de quatre enfants, explique à MEE que son appartement a été détruit, faisant ainsi de lui un sans-abri. « Perdre une maison, c’est comme perdre une âme », confie-t-il.

Le fils de Hani Abu Shaar, tué lors d’une frappe aérienne israélienne à Rafah, pleure la mort de son père (MEE/Loai el-Agha)

Al-Hindi se retrouve confronté au difficile défi de trouver un logement pour lui et sa famille. Pour l’instant, ils vivent chez des proches.

« Je suis au chômage et je n’ai pas d’argent pour louer une nouvelle maison confortable », témoigne-t-il. « Je vis encore avec mes proches, mais jusqu’à quand ? Très bientôt, ils me demanderont de partir. Même s’ils ne le font pas, je dois partir parce que ma famille et moi sommes hébergés dans une seule pièce. »

Familles en deuil

À l’instar des al-Ghazali et de nombreuses autres familles à Gaza, la famille de Hani Abu Shaar est en deuil en ces premiers jours du Ramadan.

Cet homme de 37 ans a été tué lorsqu’un missile aérien israélien a frappé le domicile de sa famille à Rafah, dans le sud de Gaza.

EN IMAGES : Une autre nuit de destruction à Gaza
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Avant sa mort, Abu Shaar avait demandé à sa femme, Ibtisam, de préparer du mloukhiya, un plat populaire, pour rompre le jeûne la première nuit de Ramadan.

« Il est allé faire les courses samedi après-midi. Il a acheté tout ce dont nous avions besoin pour le Ramadan. Ce soir-là, nous nous sommes assis et avons partagé un bon moment ensemble sans nos enfants. Le lendemain, il est décédé », raconte Ibtisam, 33 ans.

Elle confie à MEE qu’elle ne peut pas imaginer ce que serait le Ramadan sans son mari.

Il la réveillait généralement avec ses trois frères et sœurs pour partager le repas avant l’aube, appelé suhur, tous les jours du mois sacré.

« Désormais, nous sommes seuls », dit-elle gravement. « Qui le remplacera ? »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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