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La famille royale saoudienne a « fait don de 630 millions d’euros au Premier ministre malaisien

Les enquêteurs anti-corruption démentent les allégations selon lesquelles l’argent sur les comptes de Najib Razak provenait d’une société publique, affirmant qu’il s’agissait plutôt d’un don « personnel »
Razak fait toujours l’objet de plusieurs enquêtes internationales (AFP)
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La famille royale saoudienne est à l’origine d’un « don » de 681 millions de dollars (environ 630 millions d’euros) qui a empêtré le Premier ministre malaisien Najib Razak dans un scandale, a déclaré mardi le procureur général dans un communiqué acquittant Razak des allégations de corruption.

Mohamed Apandi Ali a indiqué qu’un examen des éléments de preuve rassemblés par l’agence anti-corruption malaisienne a montré que l’argent était un « don personnel de la famille royale saoudienne ».

Il n’a pas donné plus d’informations concernant la source.

Depuis des mois, Najib (62 ans) rejette les accusations selon lesquelles l’énorme versement effectué sur ses comptes bancaires personnels en 2013 a été siphonné d’une société publique qu’il avait lancée.

Mais jusqu’à présent, l’origine des fonds n’avait pas été spécifiée si ce n’est que le gouvernement de Najib affirmait que ceux-ci provenaient de donateurs anonymes au Moyen-Orient.

« Je suis satisfait de voir qu’il n’y a aucune preuve montrant que ce don était une forme de gratification accordée de manière corrompue », a déclaré dans un communiqué Apandi, qui a été nommé par Najib lorsque le scandale a éclaté l’année dernière.

Il a ajouté qu’« aucune infraction pénale n’a été commise » et qu’il allait charger l’agence anti-corruption de « classer » l’affaire.

Les transferts de fonds ont été révélés en juillet dernier alors même que Najib faisait face à des allégations selon lesquelles des centaines de millions de dollars manquaient dans des transactions impliquant la société publique, 1Malaysia Development Berhad (1MDB).

Najib est le président du conseil consultatif de 1MDB, la société nie catégoriquement tout acte répréhensible.

Toutefois, l’opposition politique et même des détracteurs au sein du parti de Najib (le parti au pouvoir) ont exigé des enquêtes indépendantes, accusant le Premier ministre de saboter les enquêtes officielles.

Peu de temps après la révélation de ces mouvements de fonds, Najib a suscité de vives critiques en limogeant l’ancien procureur général malaisien – qui enquêtait sur l’affaire – et en nommant Apandi, lequel a des liens avec le parti UMNO au pouvoir.

L’alibi de Najib, le « don », a été largement raillé par les Malaisiens habitués aux scandales réguliers de l’UMNO et l’image de l’auto-proclamé réformateur a profondément souffert.

Les spéculations se font de plus en plus vives quant à savoir si ce scandale pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase et renverse la coalition au pouvoir.

Des coalitions dirigées par l’UMNO gouvernent depuis près de six décennies, mais le parti est en crise alors que de récents sondages ont montré que de plus en plus d’électeurs condamnent ses pots-de-vin, ses tactiques politiques agressives et les accusations de violations des droits de l’homme dont il fait l’objet.

Les prochaines élections sont prévues en 2018.

Les autorités américaines étudieraient des mouvements de fonds à l’étranger liés à 1MDB, tandis que les autorités suisses, britanniques, singapouriennes et hongkongaises ont reconnu examiner l’affaire.

Au début de l’année dernière, une enquête du New York Times détaillait les achats pour plusieurs millions de dollars dans l’immobilier de luxe américain d’un proche collaborateur de la famille Najib et des millions de dollars de bijoux auraient été achetés pour la femme de Najib, Rosmah Mansor.

Najib a réagi au scandale 1MDB en se débarrassant de ses détracteurs au sein de l’UMNO et a bénéficié d’un soutien renouvelé lors d’un congrès du parti en décembre.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.