Aller au contenu principal

Le président tunisien accusé de népotisme suite à la nomination du nouveau Premier ministre

Béji Caïd Essebsi a élevé Youssef Chahed au rang de Premier ministre, poussant ses adversaires à affirmer que cette nomination était fondée sur des liens familiaux
Chahed (à gauche) a nié avoir des liens familiaux avec Essebsi (Reuters)

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a élevé Youssef Chahed, un ministre de second rang, au poste parlementaire le plus élevé, suscitant des spéculations quant à des liens familiaux présumés.

Le président a nommé ce mercredi l’homme de 40 ans, un membre de haut rang du parti Nidaa Tounes qui a été ministre des Affaires locales.

« J’ai rencontré aujourd’hui le président [...] qui m’a chargé de former le gouvernement d’union nationale », a déclaré Chahed devant le palais présidentiel, à Carthage.

Cette nomination survient plusieurs jours après que le Parlement a voté une motion de censure contre le Premier ministre sortant, Habib Essid, en raison de préoccupations d’ordre économique et sécuritaire.

Chahed a nié avoir des liens familiaux avec Essebsi, réagissant aux allégations de l’opposition, qui l’accuse d’être un membre de la famille éloignée du président.

Des médias locaux et des sources au sein des partis politiques ont également indiqué que les deux hommes avaient des liens familiaux, des sources ayant affirmé au site Babnet que l’oncle de Chahed, Bachir al-Hadad, était marié à un proche de la fille d’Essebsi, Salwa.

« La caractéristique unique utilisée pour sélectionner le chef du prochain gouvernement est l’appartenance à la famille [d’Essebsi] », a déclaré Jilani Hammami, chef du Front populaire, un parti de gauche.

« Les organisations de l’État sont en train de se transformer en un conseil familial. »

Il a mis en garde contre le fait que cette nomination laisserait le contrôle de l’État à une seule personne, à savoir le président.

Le leader d’opposition Abderraouf Cherif, chef du bloc al-Horra – qui s’est séparé de Nidaa Tounes en janvier – a affirmé douter du fait que Chahed présentait « les bonnes caractéristiques » pour être Premier ministre.

Nidaa Tounes et le parti Ennahdha, qui font tous deux partie de la coalition au pouvoir, occupent la majorité des sièges au Parlement, ce qui signifie que la nomination de Chahed devrait être acceptée par les figures politiques.

La prise de fonctions de Chahed survient alors que la Tunisie fait face à une économie stagnante et à la menace représentée par les groupes militants qui opèrent dans le pays.

Il a désormais trente jours pour former une équipe ministérielle.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

Middle East Eye propose une couverture et une analyse indépendantes et incomparables du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et d’autres régions du monde. Pour en savoir plus sur la reprise de ce contenu et les frais qui s’appliquent, veuillez remplir ce formulaire [en anglais]. Pour en savoir plus sur MEE, cliquez ici [en anglais].