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Le projet israélien controversé de limiter le volume des appels à la prière remis sur les rails

Une proposition de loi pour réduire le volume des appels à la prière est de nouveau sur les rails après avoir été amendée pour ne pas affecter les sirènes du shabbat juif, ont indiqué des sources officielles
Un drapeau israélien ondule devant le minaret d’une mosquée dans le quartier arabe de la vieille ville de Jérusalem (AFP)

Une proposition de loi israélienne visant à limiter le volume des appels à la prière des mosquées est de nouveau sur les rails après avoir été amendée pour ne pas affecter les sirènes du shabbat juif, ont indiqué des sources officielles mercredi.

Le ministre de la Santé, Yaakov Litzman, juif ultra-orthodoxe, faisait obstacle au texte, inquiet que la loi ne se retourne contre les juifs et l'usage de la sirène le vendredi soir pour appeler au shabbat, le repos hebdomadaire.

Il a toutefois levé ses objections après que le projet de loi a été amendé pour interdire l'usage de haut-parleurs entre 23 h et 7 h du matin, ce qui limite son champ d’application à la première des cinq prières quotidiennes musulmanes avant l’aube.

La nouvelle version du texte sera « probablement » soumise à un vote préliminaire au parlement la semaine prochaine, a dit un porte-parole du président de la Knesset, Yuli Edelstein.

Ce texte doit ensuite être voté en trois lectures par le parlement avant d’être adopté, mais il a déjà indigné dans le monde arabe et musulman.

Des observateurs du gouvernement israélien se sont également opposés au projet, et le décrivent comme une menace à la liberté de religion et une provocation inutile.

L’homme politique israélo-palestinien Ahmed Tibi a promis de faire appel à la Haute Cour de justice si les sirènes du shabbat sont exclues du champ d’application de la loi au motif que cela fait une distinction entre les citoyens juifs et musulmans.

La loi s’appliquerait aux mosquées dans la partie arabe annexée de Jérusalem-Est et en Israël, bien que le complexe de la mosquée d’al-Aqsa, sujet très sensible et troisième lieu musulman le plus sacré, soit exempt de l’obligation.

« Il n’y aura aucun changement sur le mont du Temple », a déclaré une source officielle israélienne à l’AFP, en utilisant le terme juif pour désigner le complexe de la mosquée, qui est également le site le plus sacré du judaïsme.

Selon l’auteur de la proposition de loi, Motti Yogev, du parti d’extrême-droite Foyer juif, ce projet est nécessaire pour éviter les perturbations quotidiennes de la vie de centaines de milliers d’Israéliens non-musulmans.

Il accuse également certains muezzins – responsables laïcs qui appellent les fidèles à la prière – d’abuser de leurs fonctions pour inciter à la haine envers Israël.

Son parti est un membre clé de la coalition au gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou.

Traduit de l’anglais (original).