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Rudy Giuliani : le prochain secrétaire d’État ?

Rudy Giuliani a fait de nombreux commentaires controversés au sujet de la Palestine, de l’accord sur le nucléaire iranien et sur la surveillance de masse
L’ancien maire de New York Rudy Giuliani pourrait être nommé secrétaire d’État par le président élu Donald Trump
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L’ancien maire de New York Rudy Giuliani pourrait être nommé secrétaire d’État par le président élu Donald Trump. 

Giuliani a guidé New York à travers ses jours les plus noirs après le 11 septembre en tant que maire de la Grosse Pomme, dans son style bien connu d’homme sévère, mais il n’a pas tenu cette fonction depuis quinze ans, et n’a pas non plus tenu de position au sein du gouvernement en rapport à la politique étrangère.

Toutefois, l’homme appelé à l’époque « le maire de l’Amérique », serait désormais en tête de liste des candidats au poste de secrétaire d’État du pays, ce qui serait un retour politique impressionnant pour récompenser sa loyauté envers Trump lors de la brutale campagne présidentielle.

Giuliani, âgé de 72 ans, est souvent admiré par ses supporters pour la détermination dont il a fait preuve après les pires attaques sur le sol américain, lorsqu’il a dirigé la ville dévastée. Mais ses détracteurs le critiquent pour sa ligne dure sur la petite délinquance, pour avoir chassé les SDF hors des rues et pour avoir mis en place une politique de fouilles corporelles controversée qui ciblait les Afro-américains.

Cette image d’un homme dur, à l’esprit combatif, champion des New-yorkais ordinaires était l’une des premières cultivées par Giuliani lorsqu’il était procureur fédéral, toujours en train de se battre contre le crime et de frapper durement les gangsters dans les années 1980s.

Lorsque Trump – lui-même New Yorkais de longue date – a annoncé sa candidature, Giuliani a immédiatement fait équipe avec le magnat de Manhattan.

Cette loyauté est maintenant sur le point d’être récompensée – avec poste important au sein du Département d’État, ou peut-être ailleurs.

Lors de la campagne, il était un des substituts principaux de Trump, apparaissant souvent sur les plateaux télévisés pour prêcher le message républicain. Toutefois, il a aussi soulevé la controverse, avec ses commentaires parfois incendiaires à propos des démocrates. 

En matière de politique étrangère, Giuliani est un ardent défenseur d’Israël, un partisan de la ligne dure sur la torture, et un critique de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran négocié par l’administration sortante du président Barack Obama.

« Au lieu d’arrêter des personnes parce qu’Obama ne voulait pas remplir Guantanamo, il a utilisé des drones pour les tuer », a-t-il déclaré lors du forum à Washington. « Je ne peux absolument pas me décider sur ce qui est plus humain – le waterboarding ou tuer quelqu’un avec un drone. »

Sur Israël et la Palestine

Sur le front Israël/Palestine, il a déclaré : « J’ai parlé avec quelques membres du gouvernement israélien aux plus hauts postes. Je sais qui ils veulent comme président. Ce n’est pas Hillary Clinton. Ce n’est pas Obama 3. »

« Les [Israéliens] sont suffisamment instruits sur le plan politique pour savoir que si Hillary est élue, elle va se diriger plus vers la gauche, pour protéger son flanc gauche contre Elizabeth Warren », a déclaré Giuliani. « Ils savent qu’elle va relancer l’idée la solution à deux états, et céder aux Palestiniens. Ils réalisent que Donald Trump peut dire ‘’terrorisme islamique’’, et qu’il peut l’affronter. Il est ainsi sans aucun doute meilleur pour l’État d’Israël qu’Hillary. »

« Je connais Bibi (Netanyahou) depuis presque aussi longtemps que Donald, 25 ans », a déclaré Giuliani. « Je ne peux pas parler pour Bibi… Mais Donald Trump et une administration républicaine sont sans aucun doute beaucoup mieux pour Israël », a ajouté Giuliani.

En 1995, Giuliani avait expulsé Yasser Arafat, alors président de l’Autorité palestinienne, d’un concert à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

« Je n’inviterai pas Yasser Arafat à quoi que ce soit, où que ce soit, quels que soient l’heure ou le lieu. Je n’oublie pas », avait déclaré Giuliani après l’incident, réprimant les critiques de la Maison Blanche.

Sur l’accord nucléaire iranien et la Russie

Giuliani s’est toujours opposé à l’accord multilatéral sur le nucléaire en Iran. 

« Pour vaincre le terrorisme extrémiste islamique, nous devons les mettre en défense », a déclaré Giuliani lors de la convention nationale républicaine.

« Cela implique d’annuler l’un des pires accords jamais signé par les États-Unis – l’accord sur le nucléaire d’Obama avec l’Iran, ce qui va éventuellement leur permettre de devenir un pouvoir nucléaire et de fournir des milliards de dollars à un pays qui est l’un des plus grands états sponsors du terrorisme ».

Lors d’un événement à Washington sponsorisé par le Wall Street Journal, Giuliani a suggéré cette semaine que la Russie pouvait être maîtrisée si menacée sur le plan militaire.

« La Russie pense être un compétiteur militaire. Ce n’est vraiment pas le cas. Si vous comparez la taille de notre armée à la leur, c’est notre manque de volonté sous Obama de ne serait-ce que menacer d’utiliser notre armée qui rend la Russie si puissante ».

Sur le groupe État islamique

Giuliani a déclaré que vaincre le groupe État islamique (EI) devrait être une priorité pour les États-Unis.

« L’EI, à court terme je pense, représente le plus grand danger et non pas parce que l’EI se trouve en Irak et en Syrie, mais parce que l’EI a fait ce qu’al-Qaïda n’a jamais fait – le groupe a été capable de se répandre à travers le monde », a-t-il dit.

Giuliani a déclaré lors d’un discours en juillet que les réfugiés syriens « vont venir ici et nous tuer ».

Lorsqu’il était maire de New York, Giuliani a mis en place un programme de surveillance de masse contre les musulmans de la ville. L’unité de la police de New York qui espionnait les rassemblements sociaux des musulmans et les lieux de prière n’a été abandonnée qu’en 2014.

« J’étais le maire qui a mis des officiers de police dans les mosquées, à New York et dans le New Jersey », s’est-il félicité en juillet.

Né le 28 mai 1944 à East Flatbush d’Americains de la première génération, Giuliani, est le parfait New Yorkais. Il a étudié la philosophie et le droit dans la ville, et obtenu des diplômes de Manhattan College et de l’école de droit de l’Université de New York.

Traduit de l’anglais (original).