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L’Arabie saoudite rénove la maison de Lawrence d’Arabie pour attirer les touristes

La maison de l’ancien officier des renseignements britanniques TE Lawrence, en ruines depuis un siècle, a été restaurée dans le cadre des efforts saoudiens de relance du tourisme
La maison de TE Lawrence sera prête pour les visiteurs fin 2020 (STR/AFP)
La maison de TE Lawrence sera prête pour les visiteurs fin 2020 (STR/AFP)

La restauration de la maison abandonnée de l’ancien officier des renseignements britanniques Thomas Edward (TE) Lawrence, connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, s’est achevée, selon le ministère saoudien du Tourisme.  

Dans la ville saoudienne côtière de Yanbu (sur la mer Rouge), la maison restaurée se distingue de ses voisines. Elle était à l’abandon depuis l’époque où Lawrence vivait dans la ville, en 1916, après sa reprise aux forces ottomanes. 

Lawrence est arrivé pour la première fois à Yanbu en novembre 1916 et a été envoyé pour aider les forces arabes à renverser les Ottomans lors de la révolte arabe de 1916-1918. L’Empire ottoman s'était rangé du côté de l’Allemagne contre les Britanniques et les Français. 

Cette résidence au bord de la mer Rouge est la première à être rénovée à l’occasion du projet de restauration de Yanbu piloté par le ministère saoudien du Tourisme, dans le cadre des efforts du prince héritier Mohammed ben Salmane pour commencer à ouvrir le pays aux étrangers.

« J’ai entendu que la peur des fantômes avait conduit à son abandon, je vous assure que ce n’est pas vrai »

- Ahmed al-Mahtout, maire

Cette maison de deux étages avait été abandonnée au siècle dernier malgré les fréquents appels des historiens à protéger le site et à l’ouvrir au public.

La maison sera prête à accueillir les visiteurs d’ici la fin de l’année 2020 selon Ahmed al-Mahtout, le maire, qui a également démenti les rumeurs selon lesquelles la résidence soit hantée.

« J’ai entendu que la peur des fantômes avait conduit à son abandon, je vous assure que ce n’est pas vrai », a-t-il déclaré. « La maison est désormais inscrite au patrimoine historique de Yanbu et les touristes pourront la visiter. »

En 2019, le ministère saoudien de l’Éducation avait publié de nouveaux manuels d’histoire faisant référence à l’Empire ottoman comme à une « occupation » plutôt qu’à un « califat », terme utilisé dans les précédents manuels.

Un an plus tôt, le réseau de télévision saoudien MBC a cessé la diffusion de feuilletons populaires turcs regardés par des millions de téléspectateurs à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, reflétant les relations tumultueuses entre Ankara et Riyad depuis leur soutien à des camps opposés pendant le Printemps arabe de 2011 dans la région. 

Sur internet, certains félicitent cette initiative, une « avancée » pour l’accueil des touristes et leur initiation à l’histoire locale.

Traduction : « Y a-t-il plus attractif pour les touristes que la promesse de revivre son aventure, de visiter sa maison et de ressentir la profondeur de l’Arabie saoudite un siècle après cette date historique ? Une avancée des autorités saoudiennes, j’espère que d’autres suivront. »

D’autres ont remis cette restauration dans le contexte de l’expansion des installations de La Mecque, foyer du prophète Mohammed et de ses compagnons, visitée par un nombre croissant de pèlerins lors du pèlerinage annuel.

Traduction : « L’Arabie saoudite restaure la maison de ‘’Lawrence d’Arabie’’ » à Yanbu. Le journal britannique Telegraph a révélé que l’Arabie saoudite procédait à la rénovation de la maison de l’officier des renseignements britannique Thomas Edward Lawrence, connue sous le nom de ‘’Lawrence d’Arabie’’, qui y a vécu à la veille de sa fameuse campagne dans le désert. Tout en démolissant la maison du messager de Dieu et les maisons de ses compagnons sous de faux prétextes. »

D’autres établissent une comparaison avec la démolition des maisons de la population pour faire de la place autour de projets touristiques tels que la construction de Neom, une mégapole futuriste.

Traduction : « À l’ère ben Salmane, on assiste à la restauration de la maison de ‘’Lawrence d’Arabie’’ et la démolition des maisons de la population locale dans le royaume d’Arabie. »

Lawrence était un officier subalterne de l’armée britannique qui connaissait le Moyen-Orient du fait de son travail comme archéologue. En 1909, il a sillonné la Syrie et la Palestine sur 1 700 km pour peindre et photographier des châteaux. Un an plus tard, il a rejoint des fouilles archéologiques en Syrie, où il a appris et maîtrisé l’arabe.

Au début de l’année 1914, Lawrence a participé à une mission de reconnaissance militaire secrète dans le nord du Sinaï puis a rejoint le département géographie du ministère de la Guerre avant de devenir officier des renseignements au Caire, contribuant à l’effort de guerre contre la Turquie.  

Trahison et abandon

Lawrence a travaillé avec Fayçal ben al-Hussein, le troisième fils du chérif de La Mecque, Hussein ben Ali, pour mener les forces arabes contre l’armée ottomane.

Selon les habitants, l’association avec le chérif Hussein, qui a été chassé dans les années 1920 par la famille al-Saoud lors de la création de l’État moderne, a conduit la ville à être négligée pendant un certain temps. 

Cette opération a ensuite amené un certain nombre de détracteurs à accuser les Britanniques de trahison pour être revenus sur leur promesse de liberté et d’autonomie après la partition par la France et la Grande-Bretagne de l’Arabie libérée entre leurs sphères d’influence respectives. 

Lawrence était un personnage clé de la conquête de la Palestine en 1918 lorsque les Arabes se sont tournés vers les Britanniques pour financer leur lutte pour l’indépendance vis-à-vis de l’Empire ottoman.

Peter O’Toole et Anthony Quinn dans le film Lawrence d’Arabie de David Lean en 1962
Peter O’Toole et Anthony Quinn dans le film Lawrence d’Arabie de David Lean en 1962

En 1921, le secrétaire d’État aux Colonies Winston Churchill a désigné Lawrence comme conseiller aux affaires arabes, mais il a démissionné un an plus tard et rejoint la Royal Air Force. Il est mort dans un accident de moto le 19 mai 1935. 

L’officier britannique a consigné les récits de ses exploits dans son best-seller autobiographique et Les Sept piliers de la sagesse qui fut plus tard adapté au cinéma avec Peter O’Toole et Omar Sharif, film récompensé aux Oscars. 

La fondation de Yanbu remonte à 2 500 ans et c’était autrefois une halte sur la route de l’encens, reliant le Yémen à l’Égypte. Elle est restée une ville portuaire calme jusqu’au boom pétrolier dans les années 1970, elle a alors connu un renouveau, devenant la deuxième grande ville côtière après Djeddah.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.