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Le sommet du G20 organisé par l’Arabie saoudite provoque indignation et menaces de boycott

Députés américains et européens ainsi que plusieurs ONG internationales veulent mettre en lumière les violations des droits de l’homme au royaume à l’occasion de ce G20
Des députés américains ont exigé « des changements spectaculaires au bilan lamentable de l’Arabie saoudite en matière de violations » des droits humains (AFP)
Des députés américains ont exigé « des changements spectaculaires au bilan lamentable de l’Arabie saoudite en matière de violations » des droits humains (AFP)

Quarante-cinq députés américains ont exhorté, dans une lettre publiée mercredi, le gouvernement américain à boycotter le sommet du G20 le mois prochain à Riyad, à moins que les autorités saoudiennes ne répondent aux principales préoccupations en matière de droits humains.

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La lettre des membres du Congrès américain au secrétaire d’État Mike Pompeo intervient après celle de 65 députés européens qui ont appelé l’Union européenne à revoir sa participation au sommet virtuel organisé par l’Arabie saoudite les 21 et 22 novembre, accusant le royaume de violer les droits humains.

« Nous ne devrions pas légitimer un gouvernement qui commet des violations flagrantes des droits de l’homme, en tant qu’hôte de l’un des sommets les plus importants au monde », avaient déclaré les 65 députés européens dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au président du Conseil européen, Charles Michel.

Le Parlement européen avait adopté, début octobre, une résolution demandant à l’UE et ses États membres de baisser leur niveau de représentation au sommet du G20, afin de ne pas « légitimer l’impunité pour les violations des droits humains […] en Arabie saoudite ».

« En tant que chef de file mondial de la démocratie et promoteur des droits humains, notre gouvernement devrait exiger des changements spectaculaires au bilan lamentable de l’Arabie saoudite en matière de violations » de ces droits, peut-on lire dans la lettre des parlementaires américains.

« Si le gouvernement saoudien ne prend pas immédiatement des mesures pour remédier à ce bilan, nous devrions nous retirer du sommet du G20 et nous engager à faire des réformes des droits humains une condition à toutes les transactions futures avec le gouvernement saoudien », ajoute le texte.

Ni Riyad, ni l’administration américaine, n’ont réagi dans l’immédiat à l’appel de ces députés américains.

L’administration du président américain Donald Trump est une alliée clé du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui dirige de facto l’Arabie saoudite.

Riyad a entamé mercredi une conférence virtuelle de deux jours, en amont du sommet, pour promouvoir les droits des femmes et l’égalité des sexes.

« Parmi les plus grandes prisons du monde »

« La présidence saoudienne du G20 a prêté une attention particulière au débat sur les politiques concernant les femmes », et le royaume s’est « engagé dans un parcours de réforme exceptionnel pour valoriser les femmes », a déclaré le roi Salmane d’Arabie saoudite, dans un discours prononcé par un ministre devant cette conférence.

Mais l’initiative est critiquée par les associations de défense des droits humains qui pointent la détention en Arabie de plusieurs militantes saoudiennes, dont Loujain al-Hathloul.

« Alors que les femmes courageuses sont soumises à la torture pour des activités pacifiques, le gouvernement saoudien cherche à s’affirmer sur la scène internationale comme un pouvoir réformateur », a déploré l’organisation Human Rights Watch.

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Reporters sans frontières (RSF) a lancé, le 16 octobre, un compte à rebours « J-50 » et une pétition appelant les capitales du G20 à obtenir des avancées concrètes en matière de liberté de la presse en Arabie saoudite – à commencer par la libération des 34 journalistes détenus dans le pays.

« L’Arabie saoudite figure parmi les plus grandes prisons du monde pour les journalistes, avec 34 d’entre eux moisissant actuellement derrière les barreaux en raison de leur métier », estime RSF, ajoutant « à cela s’ajoute l’impunité qui continue d’entourer le terrible assassinat, le 2 octobre 2018, du chroniqueur saoudien Jamal Khashoggi ».

De son côté, Amnesty International France a initié une pétition en ligne appelant le président français Emmanuel Macron à demander  la libération des défenseurs des droits humains saoudiens à l’occasion de ce G20.

L’Arabie saoudite, premier pays arabe à accueillir le G20, a accentué la répression des voix dissidentes depuis l’accession en 2017 de Mohammed ben Salmane au statut de prince héritier.