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L’Égypte interdit la littérature « extrémiste » et liée aux Frères musulmans dans les bibliothèques des mosquées

Les autorités exigent que des contrôles soient effectués dans les bibliothèques des mosquées et demandent le retrait rapide des ouvrages illicites
Les livres contenus dans les bibliothèques des mosquées seront inspectés et beaucoup seront retirés dans les semaines à venir (AFP)
Les livres contenus dans les bibliothèques des mosquées seront inspectés et beaucoup seront retirés dans les semaines à venir (AFP)
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En Égypte, le ministère des Dotations religieuses a exigé le retrait de tous les livres liés à l’« extrémisme » et aux Frères musulmans des bibliothèques des mosquées du pays, dans un délai de deux semaines.

Le ministre, Mohamed Mokhtar Gomaa, a également déclaré que des comités seraient formés pour évaluer les livres actuellement présents dans les mosquées ainsi que la littérature qui y est autorisée. 

Le ministre a indiqué que les responsables qui ne respecteraient pas les ordres en subiraient les conséquences. 

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Ces responsables devront s’engager à n’autoriser aucun livre sans l’aval du bureau de l’administration générale de l’orientation religieuse, a-t-il averti. 

Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un modèle visant à « résister à l’extrémisme » dans le pays, selon lequel le ministère supervise la construction de mosquées ainsi que le contenu susceptible d’être considéré comme « extrémiste ».

Le directeur du département religieux du ministère, Hisham Abdelaziz, a réaffirmé que les livres, magazines et publications trouvés dans les mosquées seraient réexaminés de manière à garantir qu’ils n’adhèrent pas à des idéologies interdites et n’appartiennent pas à des groupes interdits.

Principal groupe d’opposition en Égypte

Selon des médias locaux, les déclarations publiées précisent que quiconque ne se conformera pas à la nouvelle réglementation fera l’objet d’une enquête. 

Gaber Tayee, le sous-secrétaire du ministère, a également déclaré que des livres et des publications spécifiques seraient ciblés dans le cadre de cet effort.

« Tout livre écrit par un salafiste ou un membre des Frères musulmans ou de la Jama al-Islamiyya [mouvement sunnite islamiste égyptien classé comme ‘’organisation terroriste’’ par les États-Unis et l’Union européenne] sera retiré », a-t-il affirmé. 

Les Frères musulmans sont considérés comme le principal groupe d’opposition en Égypte.

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Mais, tout comme les groupes d’opposition laïcs, l’organisation est largement réprimée depuis que le président Abdel Fattah al-Sissi est arrivé au pouvoir après avoir évincé son prédécesseur affilié aux Frères musulmans, Mohamed Morsi, à l’issue d’un coup d’État militaire en 2013. 

Depuis que le groupe a été déclaré hors-la-loi et classé au rang d’organisation terroriste, plusieurs milliers de ses membres ont été incarcérés, tués ou contraints de vivre en exil par crainte de persécutions dans leur pays.

Ancien ministre de la Défense de Mohamed Morsi, Abdel Fattah al-Sissi est accusé par des groupes de défense des droits de l’homme d’avoir supervisé le pire massacre de civils de l’histoire moderne de l’Égypte, après la dispersion violente en 2013 de sit-in contre le coup d’État qui a permis de renverser le premier dirigeant démocratiquement élu du pays. 

Le général devenu président a toutefois justifié la répression en invoquant sa « guerre contre le terrorisme », tout en niant la présence de prisonniers politiques dans son pays.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.