Aller au contenu principal

La nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche critiquée pour d’anciens commentaires sur Israël

L’ancien ambassadeur américain en Israël reproche à Karine Jean-Pierre une tribune publiée en 2019 dans laquelle elle qualifie l’AIPAC de « profondément raciste » et « islamophobe »
Karine Jean-Pierre, attachée de presse adjointe, s’exprime lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, le 5 mai 2022 (AFP)
Karine Jean-Pierre, attachée de presse adjointe, s’exprime lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, le 5 mai 2022 (AFP)
Par

La nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche Karine Jean-Pierre est la cible de critiques de la part de l’ancien ambassadeur américain en Israël en raison d’anciennes remarques à propos de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC).

David Friedman fustige Karine Jean-Pierre, première femme noire et ouvertement LGBTQ nommée à ce poste, en raison d’une tribune publiée en 2019 dans Newsweek où elle qualifiait ce lobby pro-israélien de « profondément raciste ».

La nomination de Karine Jean-Pierre a été saluée par la plupart des démocrates et le président américain Joe Biden a déclaré que la quadragénaire apporterait son « expérience, talent et intégrité dans ce travail difficile ».

Cependant, dans un tweet, Friedman a déclaré : « Les médias mainstream oublient de mentionner qu’elle déteste Israël. »

Traduction : « Tout le monde se félicite que la nouvelle porte-parole de Biden coche plusieurs cases dans la politique identitaire, les médias mainstream oublient de mentionner qu’elle déteste Israël. »

Dans sa tribune de 2019, Karine Jean-Pierre accusait l’AIPAC d’être « profondément raciste », affirmant que le groupe de lobbying pro Israël était « désormais connu pour son discours anti-musulman et anti-arabe tout en se faisant le porte-voix de discours et attitudes islamophobes ».

« Vous ne pouvez pas vous qualifier de progressiste et continuer de vous associer à une organisation comme l’AIPAC qui est souvent l’antithèse de ce que signifie être progressiste », ajoutait-elle, visant également l’ancien Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

À l’époque de cette tribune, Karine Jean-Pierre était conseillère et porte-parole nationale de MoveOn, un lobby démocrate.

L’AIPAC s’est toujours présenté comme une organisation bipartisane visant à préserver le soutien à Israël à travers l’ensemble de l’échiquier politique américain.

« Vous ne pouvez pas vous qualifier de progressiste et continuer de vous associer à une organisation comme l’AIPAC »

- Karine Jean-Pierre, nouvelle porte-parole de la Maison blanche

Les présidents républicains comme démocrates ont salué ce groupe, et certaines mesures mises en avant par ce dernier ont bénéficié d’un soutien bipartisan unanime au Congrès.

Toutefois, ces dernières années, un nombre croissant de législateurs de l’aile progressiste du Parti démocrate se montre plus critique à l’égard de l’AIPAC.

Lors des élections présidentielles de 2020, la majorité des candidats démocrates n’ont pas assisté à la conférence annuelle de l’AIPAC et, parmi eux, le sénateur Bernie Sanders accusait le groupe de fournir une tribune à l’« intolérance ».

Par ailleurs, l’AIPAC a diffusé un certain nombre de spots s’en prenant aux législateurs démocrates, notamment Ilhan Omar et Betty McCollum, qui ont critiqué Israël.

En décembre, le groupe de lobbying a lancé un comité d’action politique (ce qui lui permet de faire des dons aux campagnes politiques aux États-Unis) et a donné six millions de dollars à 326 candidats qui se présentent à travers le pays pour les élections de mi-mandat à venir.

L’AIPAC a aussi fourni une liste de 120 soutiens au Congrès, dont plus d’un quart sont des républicains qui ont voté contre la certification des résultats des élections désignant Biden comme président.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.