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EXCLUSIF : Au Yémen, des blessés de guerre ont subi des amputations inutiles

Selon des médecins et responsables de la santé, certains patients des hôpitaux soutenus par l’Arabie saoudite à Ta’izz ont eu des membres amputés alors que d’autres options auraient dû être envisagées
Un homme amputé d’une jambe dans une rue de Ta’izz en 2016. La ville a été le théâtre de certains des combats les plus acharnés de la guerre au Yémen (Reuters)
Par
TA’IZZ, Yémen

Des amputations inutiles ont été pratiquées sur de jeunes enfants et d’autres blessés pendant la guerre civile au Yémen dans des hôpitaux privés financés par une agence d’aide du gouvernement saoudien, selon des médecins et des responsables de la santé.

Une enquête menée par Arab Reporters for Investigative Journalism (ARIJ) pour Middle East Eye soulève de sérieuses questions sur des dizaines d’opérations dans trois hôpitaux de la ville de Ta’izz, dans le sud-ouest du pays, en première ligne des combats, entre 2016 et 2018.

Les trois hôpitaux – Al-Buraihy, Al-Safwa et Al-Rawda – ont reçu un soutien financier du Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane d’Arabie saoudite (KSrelief).

L’organisation a soutenu des centaines de projets d’aide au Yémen pour un coût de près de 4 milliards de dollars depuis 2015, selon son site internet.

Elle a également travaillé dans le pays avec certaines agences de l’ONU, notamment l’Organisation mondiale de la santé, le Fonds des Nations unies pour la population et le Programme alimentaire mondial.

L’enquête, étayée par des témoignages de médecins, de responsables de la santé ainsi que de patients et leurs familles, révèle que le personnel médical autorisant et effectuant les opérations ne suivait pas les procédures appropriées.

Selon ses découvertes, les qualifications d’un médecin étranger impliqué dans au moins 44 amputations n’étaient même pas reconnues dans son propre pays.

L’hôpital Al-Buraihy était l’un des trois à Ta’izz soutenu par KSrelief (MEE/Hamza Mustafa)
L’hôpital Al-Buraihy était l’un des trois à Ta’izz soutenu par KSrelief (MEE/Hamza Mustafa)

En outre, l’enquête constate que KSrelief a continué à financer deux hôpitaux malgré les préoccupations exprimées à la fois par des responsables locaux et par le propre organisme de contrôle de KSrelief.

KSrelief indique à MEE avoir fourni un soutien aux hôpitaux de Ta’izz, Aden et Say’un à la demande du ministère yéménite de la Santé.

Elle précise que son rôle se limite au financement des traitements et qu’elle n’est pas une autorité de surveillance. Selon elle, les questions liées aux procédures médicales et à la sélection du personnel médical incombent aux autorités sanitaires yéménites.

Le ministère yéménite de la Santé a confié à ARIJ que les contrats de KSrelief avec les trois hôpitaux avaient été approuvés par des responsables locaux de Ta’izz. Ces derniers affirment quant à eux ne pas savoir qui a approuvé ces contrats. Le ministère n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissements de MEE.

Le Dr Abdulkafi Shamsan, directeur général de l’hôpital Al-Safwa, a assuré à MEE que les médecins de l’hôpital avaient « fait de leur mieux pour sauver les blessés dans une ville assiégée qui était constamment bombardée à cette époque et en dépit d’une grave pénurie de fournitures médicales et de chirurgiens ».

Les hôpitaux Al-Buraihy et Al-Rawda n’ont pas répondu aux sollicitations d’ARIJ et de MEE.

« Je pouvais bouger mes orteils »

En juillet 2017, Dalia Muhammad (25 ans) a été emmenée à l’hôpital Al-Buraihy après avoir marché sur une mine alors qu’elle allait chercher de l’eau près de chez elle dans un village au sud de Ta’izz.

Sa jambe droite, grièvement atteinte dans l’explosion, a été amputée. Mais selon la jeune femme, le médecin qui l’a examinée a dit que sa jambe gauche, plus légèrement blessée, pouvait être soignée. Il a dit à d’autres personnes à l’hôpital qu’elle aurait besoin d’une plaque dans sa jambe blessée, suivie d’une chirurgie reconstructrice.

« Il leur a dit que c’étaient les veines qui avaient été endommagées. Les nerfs étaient en bonne santé... Je pouvais même bouger mes orteils à ce moment-là », témoigne-t-elle.

Mais l’hôpital n’a pas traité ses blessures. Finalement, rapporte-elle, sa jambe a été amputée après qu’une gangrène est survenue car ses blessures n’avaient pas été nettoyées correctement.

La même année, Alaa Abdel-Fattah (3 ans) a été emmenée à l’hôpital Al-Safwa après avoir été blessée lorsque sa maison a été touchée par un obus de mortier.

Elle a ensuite été transférée à l’hôpital al-Rawda où sa jambe gauche a été amputée. Mais son père, Wisam Abdel-Fattah, estime que la procédure n’était pas nécessaire.

Il indique avoir consulté un autre médecin qui lui a dit que ceux qui avaient traité sa fille avaient fait une « grosse erreur ».

MEE a interrogé l’hôpital Al-Safwa sur le cas d’Alaa Abdel-Fattah et à propos d’autres questions soulevées par cet article.

Shamsan, le directeur de l’hôpital, n’a pas abordé spécifiquement son cas. Il a toutefois affirmé que les patients et les blessés continuaient à choisir son hôpital en raison de son personnel chirurgical spécialisé. De plus, les organismes officiels et les experts médicaux sont invités à visiter l’hôpital pour évaluer son travail.

« Vous pouvez demander à un comité d’experts composés de médecins ayant l’expérience des zones de guerre d’examiner les dossiers, l’état des blessés, la nature de leurs blessures, le nombre de blessés amenés aux urgences et les résultats en général.

« Le patient ou le blessé cherchera la petite bête lorsque les résultats ne le satisfont pas, c’est la nature humaine. »

Hôpitaux endommagés

Ta’izz a été le théâtre d’intenses combats tout au long des sept années de conflit entre les rebelles houthis et la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Ce conflit a tué environ 233 000 personnes selon les chiffres de l’ONU.

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Un rapport de Médecins sans frontières (MSF) daté de janvier 2017 décrivait l’effondrement de l’offre de soins dans la ville et notait qu’« une proportion trop élevée de blessés de guerre [étaient] des femmes et des enfants ».

« Les hôpitaux endommagés et les pénuries de personnel et de fournitures essentielles ont entraîné l’effondrement virtuel du service de santé de Ta’izz, compromettant gravement l’accès des populations à des soins vitaux », a rapporté MSF.

En août 2015, les hôpitaux Al-Safwa et Al-Rawda auraient été au bord de la fermeture en raison des combats et du blocus imposé par les combattants houthis.

Mortadha al-Howaish, le directeur d’Al-Safwa à l’époque, expliquait que l’hôpital manquait de fournitures médicales nécessaires pour le bloc opératoire et avait été contraint de rationner l’utilisation de l’oxygène.

Suhail al-Dhubhani, directeur d’Al-Rawda, évoquait lui aussi des pénuries d’oxygène et d’autres fournitures.

En 2016, KSrelief a signé des contrats avec les hôpitaux Al-Buraihy, Al-Safwa et Al-Rawda pour soutenir leur activité de soins à certains blessés de la ville.

Les contrats de KSrelief avec les hôpitaux Al-Buraihy et Al-Safwa ont été renouvelés en 2018. Al-Rawda n’a été financé que pendant quelques mois, mais selon les médecins et les responsables, il a conservé des relations étroites avec les deux autres hôpitaux.

Les médecins et les autorités sanitaires locales ont déclaré à ARIJ que même les circonstances désastreuses rencontrées par le personnel médical à Ta’izz n’expliquaient pas pleinement la forte augmentation du nombre d’amputations pratiquées dans les trois hôpitaux financés par KSrelief entre 2016 et 2018.

Le directeur de l’hôpital Al-Safwa à MEE : « Les médecins ont fait beaucoup dans des circonstances difficiles et nos vies étaient constamment menacées » (MEE/Hamza Mustafa)
Le directeur de l’hôpital Al-Safwa à MEE : « Les médecins ont fait beaucoup dans des circonstances difficiles et nos vies étaient constamment menacées » (MEE/Hamza Mustafa)

En 2015, le Bureau de la santé publique et de la population de Ta’izz a enregistré 70 amputations. Ce chiffre est passé à 230 l’année suivante et à 200 en 2017, avant de retomber à 74 en 2018.

Entre 2016 et 2018, 41 enfants ont été amputés dans les hôpitaux de Ta’izz, contre un seul enfant en 2015, selon les données.

D’après les médecins qui travaillaient dans les trois hôpitaux, KSrelief payait 4 000 dollars pour chaque amputation.

Ils expliquent que les amputations étaient parfois préférées aux procédures plus complexes et plus coûteuses qui auraient pu permettre aux patients de se rétablir complètement parce qu’elles étaient moins chères et en raison d’un manque de personnel spécialisé.

« Pour éliminer ces coûts supplémentaires payés aux médecins, les hôpitaux optaient pour l’amputation », a indiqué à ARIJ le Dr Mukhtar al-Malik, un chirurgien orthopédiste qui travaillait dans les hôpitaux sous contrat. Il dit avoir refusé d’effectuer des amputations qui ont ensuite été réalisées par d’autres membres du personnel.

Médecin ukrainien

D’autres médecins estiment que des cas tels que celui de Dalia Muhammad soulèvent des questions quant à la prise de décision concernant l’amputation dans les hôpitaux sous contrat avec KSrelief.

Le Dr Abu Dhar al-Jundi, doyen de la faculté de médecine de l’université de Ta’izz, a expliqué à ARIJ que de telles décisions auraient dues être prises collectivement par plusieurs médecins ayant des spécialités médicales pertinentes et que telle aurait dû être la procédure standard.

Mais les documents consultés par ARIJ suggèrent que cela n’a pas été systématiquement le cas à l’hôpital Al-Buraihy.

Au lieu de cela, trois rapports médicaux autorisant une intervention chirurgicale sur la jeune femme ont été signés par le même médecin, un ressortissant ukrainien, qui a également effectué l’opération ; une fois en tant que médecin généraliste, puis en tant que spécialiste orthopédique, et enfin en tant que spécialiste vasculaire.

L’enquête d’ARIJ révèle au moins 44 rapports médicaux signés par le médecin. ARIJ a également obtenu une lettre du ministère ukrainien de la Santé mettant en doute l’authenticité d’un certificat indiquant que le médecin a suivi une formation en orthopédie et en traumatologie dans une école de médecine de Kiev.

Cette lettre a été envoyée en réponse à une demande de clarification des autorités de Ta’izz concernant les qualifications du médecin. Elle indique que le document n’a pas pu être vérifié car son format ne correspond pas à ceux émis par le ministère ukrainien de la Santé.

Les journalistes travaillant avec ARIJ en Ukraine ont cherché à contacter le médecin par l’intermédiaire de membres de sa famille dans sa ville natale située dans l’est de l’Ukraine, mais n’ont pas pu le joindre.

En juin 2018, KSrelief a annoncé avoir signé d’autres contrats avec les hôpitaux Al-Safwa et Al-Buraihy. Elle signalait que 4 797 patients avaient bénéficié d’un traitement dans le cadre de ses projets d’hôpitaux privés au Yémen. Elle soutient également les centres de prothèses à Aden, Marib et Ta’izz.

Des personnes amputées des jambes photographiées dans un centre de prothèses à Ta’izz en mai 2016 (Reuters)
Des personnes amputées des jambes photographiées dans un centre de prothèses à Ta’izz en mai 2016 (Reuters)

Mais les autorités sanitaires de plusieurs agences chargées de superviser les contrats des hôpitaux de Ta’izz avec KSrelief rapportent ne pas savoir qui a approuvé les contrats originaux – ni pourquoi ils avaient été approuvés.

Elles affirment que les hôpitaux manquaient de l’équipement de base et d’installations chirurgicales appropriées pour traiter le type de blessures pour lesquelles ils avaient été engagés, et citent des problèmes plus généraux dus à un manque de personnel médical qualifié.

Les trois hôpitaux sont situés dans des bâtiments résidentiels convertis, et non dans des installations médicales construites à cet effet.

Shamsan, le directeur général d’Al-Safwa, a déclaré que l’hôpital avait connu de graves pénuries de fournitures médicales et de chirurgiens pendant le siège. Toutefois, a-t-il assuré, « l’hôpital est équipé de tout ce qu’il faut pour prendre les mesures nécessaires pour sauver des vies ».

Les hôpitaux Al-Buraihy et Al-Rawda n’ont pas répondu aux sollicitations répétées.

Le Dr Ilan Abdel Haq, vice-gouverneur pour les affaires sanitaires à Ta’izz, a reconnu auprès d’ARIJ que dans de nombreux cas, l’amputation semblait inutile.

« La personne blessée entre à l’hôpital avec des blessures au premier degré que les spécialistes devraient soigner », a-t-il témoigné. « Mais le personnel hospitalier est constitué de jeunes diplômés qui, au lieu de les soigner, aggravent les blessures. »

Le ministère yéménite de la Santé a certifié à ARIJ que les hôpitaux avaient été choisis et approuvés par les autorités locales.

Mais le Dr Abdul Rahim al-Sami, directeur général du bureau de santé de Ta’izz, dément que son bureau ait signé les contrats et souligne que l’hôpital Al-Buraihy n’était pas apte à fournir le type de soins visé par le contrat.

« Nous n’avons pas été consultés dans le processus de passation de marchés. Nous aurions eu une opinion différente sur le processus d’octroi des contrats », a-t-il assuré à ARIJ.

« J’ai payé mes propres soins pour pouvoir marcher sur mes pieds »

Certains médecins ont confié avoir essayé à l’époque d’exprimer leurs préoccupations concernant le fonctionnement des hôpitaux.

Le Dr Malik, le chirurgien orthopédiste, a décrit un cas dans lequel les administrateurs de l’hôpital Al-Safwa avaient entravé ses efforts pour sauver la jambe d’un patient.

« Je suis arrivé au bloc opératoire et j’ai vu l’homme blessé. J’ai demandé que nous essayions de sauver la jambe du patient, mais l’administration de l’hôpital a refusé, sous prétexte que ses os étaient endommagés », raconte-t-il.

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Le Dr Malik a objecté qu’il pouvait effectuer une opération pour réparer les os tant qu’un chirurgien vasculaire pouvait opérer les veines endommagées de l’homme. Mais les administrateurs de l’hôpital, poursuit le médecin, lui ont dit que le blessé « nécessiterait plusieurs opérations sur toute une année, alors que nous sommes en guerre ».

« Si vous choisissez d’amputer, appelez un autre médecin », a-t-il déclaré aux administrateurs.

MEE a interrogé l’hôpital Al-Safwa sur les allégations du docteur Malik. Abdulkafi Shamsan, le directeur général de l’hôpital, n’y a pas directement répondu, mais a assuré : « À l’hôpital Al-Safwa, nous sommes médecins. Nous avons une responsabilité envers tous les patients et les blessés… Les médecins ont fait beaucoup dans des circonstances difficiles et nos vies étaient constamment menacées par la guerre et le chaos. »

Dans certains cas, les patients disent avoir pu refuser les amputations et se remettre complètement de leurs blessures.

En juillet 2017, Suhail al-Najashi (18 ans) a été grièvement blessé par balle, notamment à la jambe. Les médecins de l’hôpital Al-Rawda, et d’autres alors sous contrat avec KSrelief, lui ont assuré que seule une amputation lui sauverait la vie.

Il a demandé à l’hôpital d’appeler le docteur Malik, qui lui avait dit qu’il n’avait pas besoin d’amputation. Mais, continue-t-il, cette demande a été refusée.

« Je me suis allongé sur le lit d’opération deux fois dans le but d’être amputé », a-t-il indiqué à ARIJ.

Un ouvrier prépare une jambe artificielle dans un centre de prothèses à Ta’izz en 2017 (Reuters)
Un ouvrier prépare une jambe artificielle dans un centre de prothèses à Ta’izz en 2017 (Reuters)

Najashi a finalement refusé de subir l’opération. Il a décidé de se rendre en Égypte où ses blessures ont été soignées avec succès à ses propres frais.

D’autres patients signalent à ARIJ s’être rendus dans d’autres hôpitaux de Ta’izz pour y être soignés après avoir été informés qu’ils avaient besoin d’une amputation.

Salah Thabet Ismail (28 ans), blessé dans une explosion, raconte lui aussi que les médecins des hôpitaux Al-Safwa et Al-Buraihy lui ont conseillé de subir une amputation. Au lieu de cela, il s’est rendu à l’hôpital de Ta’izz, où ses blessures ont été soignées avec succès.

« J’ai payé mes propres soins pour pouvoir marcher sur mes pieds. »

Le chirurgien orthopédiste ouzbek qui l’a soigné, Abdelmalik Yulda Shaf, a témoigné auprès d’ARIJ : « Nous n’avons même pas envisagé un seul instant d’amputer Salah. »

« Plaintes répétées »

Le grand nombre d’amputations dans ces trois hôpitaux de Ta’izz a conduit les autorités locales à appeler à suspendre le transfert des patients vers ces établissements en 2017 et 2018.

En juillet 2018, Amin Ahmed Mahmoud, alors gouverneur de Ta’izz, a tenté d’annuler le contrat entre l’hôpital Al-Buraihy et KSrelief.

Il a remercié, dans une lettre, le superviseur général de KSrelief, le Dr Abdullah al-Rabiah, pour les « efforts importants et distingués de l’organisation au service des blessés ». Mais il lui a demandé d’annuler le contrat avec Al-Buraihy, citant « les plaintes répétées des blessés, le grand nombre d’erreurs médicales et le manque de préparation de l’hôpital en matière de personnel et d’équipement pour soigner les blessés ».

Le même jour, le ministre yéménite de la Santé et de la Population, Nasir Baoum, a envoyé un message à KSrelief indiquant qu’il souhaitait que le contrat se poursuive, remerciant l’organisation pour son « soutien constant ».

Répondant aux préoccupations suscitées par les résultats de l’hôpital, il a déclaré que le ministère avait formé un comité médical de spécialistes pour superviser le traitement des blessés.

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ARIJ a découvert que des problèmes dans les hôpitaux avaient également été soulevés par la Fondation Skop, une organisation basée à Riyad qui avait été contractée par KSrelief pour surveiller ses activités.

Un rapport de Skop daté de janvier 2018, obtenu par ARIJ, reconnaît qu’une pénurie de chirurgiens vasculaires dans les hôpitaux a conduit à des amputations.

Mais deux employés de Skop, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont confié à ARIJ que KSrelief n’était pas disposé à mettre en œuvre une surveillance à l’hôpital Al-Buraihy.

Finalement, ont-ils rapporté, KSrelief a mis un terme au travail de Skop en mars 2018 après que la fondation a rendu un rapport détaillant la détérioration des conditions et les violations commises à l’hôpital.

La Fondation Skop a refusé de répondre à des questions précises sur son activité et déclaré que ses rapports pour KSrelief n’étaient pas destinés à être publiés.

KSrelief a déclaré à MEE avoir continué à travailler avec Skop jusqu’à la fin de son contrat avec l’organisation.

En réponse aux interrogations de MEE sur les questions soulevées dans cet article, KSrelief assure avoir financé des hôpitaux privés à Ta’izz, Aden et Say’un à la demande du ministère yéménite de la Santé et que les traitements dans ces hôpitaux étaient supervisés par des comités médicaux locaux.

« Le rôle du centre se limite au financement de traitements dans le cadre du plan de réponse humanitaire au Yémen, afin d’alléger les souffrances de nos frères yéménites », a expliqué un porte-parole de KSrelief.

« Le centre n’est pas autorisé à interférer dans les avis médicaux, n’a aucun rôle de supervision de ces hôpitaux, et n’a rien à voir avec la sélection du personnel médical qui leur est affilié. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.