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Les fournisseurs de haschich marocains boycottent les dealers israéliens à cause de la guerre à Gaza

Les trafiquants de drogue israéliens ont perdu « des dizaines de millions de shekels » depuis que des fournisseurs du Rif marocain ont mis fin à leurs ventes en solidarité avec les Palestiniens, selon un média
Un champ de cannabis dans le village d’Azila, dans la région de Ketama au Maroc, le 16 septembre 2022 (Fadel Senna/AFP)
Par MEE

Les fournisseurs de haschich marocains refusent de commercer avec les trafiquants de drogue israéliens en signe de protestation contre la guerre à Gaza, selon un article paru vendredi dans un média israélien.

Dans l’article du site d’information Mako, plusieurs dealers israéliens se plaignent de la baisse du trafic.

« Les trafiquants de haschich au Maroc ne sont pas disposés à nous vendre plus de haschich, que ce soit directement ou par l’intermédiaire d’intermédiaires », confie un revendeur.

« Ils ont décidé qu’à cause de la guerre, ils nous boycottaient. Depuis la guerre, nous avons perdu beaucoup d’argent. Au moins des dizaines de millions de shekels. »

Le média cite également un trafiquant de haschich marocain qui dit refuser de vendre aux Israéliens à cause de la guerre.

« Pourquoi est-il possible aux Israéliens de gagner leur vie en vendant du haschisch marocain alors que nos frères palestiniens souffrent de la faim et vivent dans des conditions inhumaines ? », déclare le fournisseur basé dans les montagnes du Rif, une plaque tournante de la culture du haschich.

« Allez l’acheter ailleurs. Nous ne vendons plus de haschich aux Israéliens. Avant la guerre, nous faisions des affaires ici avec des Israéliens... les revendeurs venaient ici et gagnaient beaucoup d’argent, maintenant, c’est fini. »

Selon l’article, les autorités marocaines ferment souvent les yeux sur les exportations de haschich à l’étranger, en échange de pots-de-vin.

« Au mieux, seules quelques centaines de kilos de haschich marocain parviennent en Israël », indique à Mako un trafiquant israélien basé au Maroc, évoquant les ventes réalisées avant le boycott.

« Le prix du kilo de haschich marocain peut atteindre les 300 000 shekels [75 460 euros] en Israël. La demande en Israël est folle car il est de très haute qualité, propre et puissant », ajoute-t-il.

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L’article indique qu’avant la guerre, les trafiquants israéliens opérant au Maroc faisaient passer le haschisch dans des valises chargées sur des voitures et des ferries depuis Tanger jusqu’à l’Espagne voisine, d’où il était ensuite distribué plus loin.

Des milliers de Marocains manifestent régulièrement contre la guerre menée par Israël à Gaza, laquelle a entraîné la mort d’au moins 28 340 Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants.

L’offensive israélienne dévastatrice à Gaza fait suite aux attaques menées le 7 octobre par le Hamas dans le sud d’Israël, lors desquelles 1 139 personnes ont trouvé la mort et plus de 200 ont été prises en otage et emmenées à Gaza.

Le Maroc a normalisé ses relations avec Israël en 2020, dans le cadre d’un accord négocié par l’administration de l’ancien président américain Donald Trump. En échange, les États-Unis ont reconnu unilatéralement la revendication de souveraineté du Maroc sur le territoire contesté du Sahara occidental.

Si les deux pays n’ont pas encore achevé le processus de mise en place d’ambassades à part entière dans leurs pays respectifs, la normalisation est allée de l’avant, notamment à travers la signature d’un accord de coopération en matière de défense.

Traduit de l’anglais (original).

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