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Attaque au couteau à Nice : « Courez ! Courez ! Il va y avoir des morts », un serveur témoigne

Le parquet national antiterroriste français a annoncé s’être saisi de l’enquête sur l’attaque au couteau dans une église de Nice, dans le sud-est de la France, qui a fait trois morts jeudi matin et dont l’auteur a été interpellé
Les forces de sécurité françaises surveillent la zone après une attaque au couteau dans l’église Notre-Dame de l’Assomption, à Nice, le 29 octobre 2020 (Reuters)
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« Courez, courez […] il va y avoir des morts » : Daniel Conilh, serveur dans une brasserie de Nice proche de l’église dans laquelle a été perpétré un meurtrier attentat au couteau jeudi, raconte les minutes juste après l’attaque.

« J’étais là directement, je servais. Ça s’est passé entre 8 h 50 et 9 h 00 », raconte Daniel Conilh, 32 ans, employé du Grand café de Lyon, situé à 50 mètres de la basilique Notre-Dame de l’Assomption, où a eu lieu l’attaque. 

L’agresseur, blessé lors de l’intervention de la police et transporté à l’hôpital, a fait irruption dans l’église armé d’un couteau, tuant trois personnes. 

« C’était la panique, les clients sont partis sans payer, ils avaient peur, moi je suis resté, c’est mon job de gérer l’établissement »

- Daniel Conilh, serveur

L’attaque s’est déroulée dans l’un des secteurs les plus commerçants de l’hypercentre de cette ville de la Côte d’Azur. De nombreux habitants étaient venus boucler rapidement des achats avant le début du confinement visant à lutter contre la deuxième vague de COVID-19, racontent-ils à l’AFP.

« Tout le monde est parti en courant, il y a eu des coups de feu. Une dame est venue directement de l’église et nous a dit ‘’Courez ! Courez ! Il a quelqu’un qui a planté, il va y avoir des coups de feu, il y a des morts !’’ », poursuit Daniel Conilh.

« Vers 9 h 10, énormément de voitures, dont celles des pompiers, ont quadrillé la zone, on a entendu plein de coups de feu », poursuit-il. 

La porte-parole de la police, Florence Gavello, a indiqué en milieu de matinée lors d’un point presse organisé sur place que la situation était « sous contrôle ». « Il ne faut pas paniquer. Les détonations que vous entendez sont provoquées par le Raid, des services de déminage », a-t-elle prévenu.

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« C’était la panique, les clients sont partis sans payer, ils avaient peur, moi je suis resté, c’est mon job de gérer l’établissement. J’ai vu ce mouvement de foule, j’ai dit : s’il vous plaît, restez calme », ajoute, placide, le serveur.

« J’ai déjà vécu le 14 juillet [2016], je sais ce que c’est, je travaillais à coté », conclut désabusé Daniel Conilh.

Nice a déjà été endeuillée par un attentat, le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, qui avait fait 86 morts. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, avait fauché au volant d’un camion de location enfants, familles nombreuses et touristes étrangers, en quatre minutes, avant d’être abattu par les forces de l’ordre.

Cette nouvelle attaque survient deux semaines après la décapitation, le 16 octobre, d’un professeur d’histoire-géographie par un réfugié d’origine russe tchétchène âgé de 18 ans, qui lui reprochait d’avoir montré des caricatures du prophète Mohammed à ses élèves.