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France : procédures contre six mosquées et des associations

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé la prochaine dissolution de dix associations et la fermeture de six mosquées
Selon Gérald Darmanin, la lutte contre le « séparatisme » a été à l’origine de « 650 fermetures de lieux fréquentés par des fondamentalistes » depuis 2017 (AFP/Thomas Coex)
Selon Gérald Darmanin, la lutte contre le « séparatisme » a été à l’origine de « 650 fermetures de lieux fréquentés par des fondamentalistes » depuis 2017 (AFP/Thomas Coex)

La France a enclenché des procédures pour fermer six lieux de culte et dissoudre plusieurs associations, tous soupçonnés de faire la propagande de l’islam radical, a indiqué mardi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

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Dans un entretien au quotidien Le Figaro, le ministre a souligné qu’un tiers des 89 lieux de culte « soupçonnés d’être radicaux et répertoriés par les services de renseignement » ont été contrôlés depuis novembre 2020.

Il a indiqué que « des procédures [étaient] enclenchées pour en fermer six » dans cinq départements français.

Selon lui, la lutte contre le « séparatisme » islamiste « a été à l’origine de 24 000 contrôles […] et 650 fermetures de lieux fréquentés par des fondamentalistes » depuis 2017.

Le ministre a annoncé sur Twitter que la maison d’édition islamiste Nawa et la Ligue de défense noire africaine allaient être dissoutes.

Nawa, basée en Ariège (sud), « incite à l’extermination des juifs et légitime la lapidation des homosexuels », selon Gérald Darmanin, et la Ligue de défense noire, remarquée depuis une manifestation organisée contre les violences policières en juin 2020 devant l’ambassade des États-unis à Paris, « appelle à la haine et à la discrimination ».

« Des écoles qui posent problème »

« Dans l’année qui vient, dix autres associations vont faire l’objet d’une procédure de dissolution, dont quatre dès le mois prochain », a-t-il annoncé.

« Parmi elles figurent une structure censée lutter contre l’‘’islamophobie’’ dans le Rhône, une association salafiste dans l’est, une autre qui verse dans le pseudo-humanitaire. Nous avons aussi procédé à 205 gels d’avoirs d’associations proches de la sphère séparatiste et nous ciblons les personnes radicalisées : deux imams ont ainsi tout récemment fait l’objet d’une procédure d’expulsion. À Gennevilliers, nous avons invité les fidèles à se séparer de leur imam pour éviter de voir leur lieu de culte fermé », a précisé le ministre de l’Intérieur.

Par ailleurs, Gérald Darmanin a indiqué que « quelques dizaines d’écoles posent encore des problèmes, en particulier les structures ‘’coraniques’’ qui donnent cours dans leurs locaux ».

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Ces établissements « font l’objet de contrôles très poussés avec le concours du ministère de l’Éducation nationale, sachant qu’une dizaine de ces écoles ont été fermées depuis un an ».

Interrogé sur les plans de lutte contre la « radicalisation » menés depuis 2017 et ciblant quinze quartiers « en proie au communautarisme », le ministre de l’Intérieur a estimé que « plus l’État met la pression sur les lieux de culte et des établissements, comme les clubs sportifs, par exemple, plus la radicalisation change de lieu ».

« Nous allons donc passer d’une logique de territoire – quinze quartiers visés ­– à une logique de profession ­­snacks, associations présentées comme caritatives mais dirigées par des islamistes, librairies islamiques diffusant des textes salafistes et des écrits antisémites », a ajouté le ministre, précisant : « 175 sites vont être visés. Nous investissons le champ culturel ».

Le 24 septembre, le Conseil d’État a validé la dissolution par le gouvernement du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et de Baraka City, intervenues fin 2020 après l’assassinat du professeur Samuel Paty par un jeune extrémiste islamiste.

Le ministre de l’Intérieur a dit avoir demandé aux préfets d’interdire « toute conversion de titre de séjour d’un imam détaché » par un État étranger.

Enfin, le « contrat d’engagement républicain », prévu dans une loi sur le « séparatisme » et qui conditionne l’octroi de subventions publiques aux associations au respect des valeurs républicaines, « entrera en vigueur en janvier 2022 », a précisé le ministre.