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France : le CFCM, ex-instance de représentation de l’islam, change sa gouvernance

Le nouveau CFCM veut redonner la parole aux acteurs du terrain, élus par leurs pairs, qui auront la légitimité nécessaire et suffisante pour défendre les intérêts du culte musulman
Un nouveau règlement électoral, prévu par les statuts votés en mars 2023, a été adopté samedi 20 janvier pour mettre en place des structures départementales « dans lesquelles peuvent siéger toutes les mosquées de France » (AFP/Jean-Sébastien Evrard)
Un nouveau règlement électoral, prévu par les statuts votés en mars 2023, a été adopté samedi 20 janvier pour mettre en place des structures départementales « dans lesquelles peuvent siéger toutes les mosquées de France » (AFP/Jean-Sébastien Evrard)
Par AFP

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de dialogue entre l’exécutif et les musulmans en France, a indiqué lundi avoir adopté une nouvelle gouvernance visant à mieux représenter les acteurs de terrain.

Un nouveau règlement électoral, prévu par les statuts votés en mars 2023, a été adopté samedi 20 janvier pour mettre en place des structures départementales « dans lesquelles peuvent siéger toutes les mosquées de France », précise dans un communiqué l’association, qui était de 2003 à 2021 l’interlocuteur de l’État sur l’organisation du culte musulman en France. 

« Le nouveau CFCM partira de la base locale vers le national » pour « redonner la parole aux acteurs du terrain, élus par leurs pairs, qui auront la légitimité nécessaire et suffisante pour défendre les intérêts du culte musulman », ajoute le communiqué.

Prochaines élections en 2024

Le CFCM, qui prévoit de prochaines élections « courant 2024 », a également acté la fin du système de cooptation qui faisait que la moitié de ses membres étaient désignés par des fédérations de mosquées rattachées aux pays d’origine (Algérie, Maroc, Turquie).

« Ce système de désignation, jugé par de nombreux acteurs du terrain comme arbitraire et antidémocratique, avait jeté le discrédit sur le CFCM et entravé lourdement son fonctionnement », souligne le communiqué.

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Traversant une crise de représentativité, bloqué par des oppositions internes et affaibli par des départs, le CFCM avait été désavoué en 2021 par le gouvernement français qui avait lancé début 2022 le Forum de l’islam de France (FORIF), composé d’acteurs de terrain désignés par les préfets. Il continue depuis à exister, avec de nouveaux statuts, et prend régulièrement la parole dans le débat public.

Une deuxième session du FORIF doit être programmée dans les « prochaines semaines », selon le ministère de l’Intérieur.

En se réorganisant, le CFCM veut fournir « des interlocuteurs pluralistes, sans frontières d’affiliation », a expliqué à l’AFP son président, Mohammed Moussaoui, également président de l’Union des mosquées de France.

Le CFCM appelle « l’ensemble des mosquées de France à accompagner cette nouvelle forme de représentation du culte musulman ».

En 2020, alors que le CFCM était encore l’instance de dialogue avec l’État, « plus de 1 100 mosquées » avait participé à son élection interne, selon le communiqué. 

Cette annonce intervient alors que les pouvoirs publics travaillent à la fin du système des « imams détachés » par d’autres pays (Algérie, Turquie, Maroc), effective au 1er janvier, avec une période de transition au premier trimestre.

Ceux qui sont déjà sur place devront changer de statut : à compter du 1er avril, un « cadre spécifique » sera mis en place pour permettre aux associations gestionnaires de lieux de culte de recruter elles-mêmes des imams, qu’elles salarieront directement.

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