Aller au contenu principal

Le géant gazier Equinor échappe aux sanctions en Norvège pour avoir livré du butane au Sahara occidental

La Norvège conseille aux milieux d’affaires du pays de ne pas opérer au Sahara occidental car cela peut être considéré comme une violation du droit international
En 2019, Statoil (aujourd’hui Equinor) avait exporté pour environ 60 millions de dollars de produits gaziers au Maroc sans aucune traçabilité quant à leur acheminement vers le Sahara occidental (Equinor)

Le quotidien norvégien Dagsavisen a révélé dans son édition du 10 mai que la principale multinationale pétrolière du pays, Statoil, aujourd’hui Equinor, avait vendu une cargaison de gaz butane à un revendeur qui, à son tour, l’a livrée à Laâyoune, dans les territoires sahraouis contestés.

Equinor a dit « regretter » les exportations de gaz vers le Sahara occidental et promis de ne plus recommencer.

« Nous confirmons qu’Equinor a vendu une cargaison de butane de Kårstø à la société Gulf Petrochem [GP]. Cette cargaison a été revendue par GP à un client à Laâyoune, et nous y avons transporté la cargaison pour GP », a détaillé Eskil Eriksen, le chargé de communication d’Equinor, au quotidien norvégien.

Il s’agirait d’un lot de gaz butane utilisé par les foyers pour le chauffage et la cuisine. La livraison a eu lieu le 20 avril et concerne presque 5 000 tonnes de butane.

En 2019, Statoil avait exporté pour environ 60 millions de dollars de produits gaziers au Maroc sans aucune traçabilité quant à leur acheminement vers le Sahara occidental.

La compagnie norvégienne n’est pas le principal fournisseur du Maroc dans le domaine du gaz. Le marché est plutôt dominé par l’Espagne et la France.

Du gaz du Maroc, de France et d’Espagne

Selon les chiffres publiés par Western Sahara Resource Watch la semaine dernière, quinze cargaisons de gaz sont arrivées sur le territoire au cours de l’année 2019.

Toutes venaient soit du Maroc, soit d’Espagne, soit de France. Cinq des quinze cargaisons sont entrées au Sahara occidental en provenance du Maroc. Ce dernier n’étant pas producteur de gaz, il a réexporté ou transféré ces cargaisons.

La Norvège conseille aux milieux d’affaires du pays de ne pas opérer au Sahara occidental – territoire revendiqué à la fois par la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et le Maroc, qui en contrôle 80 % – car cela peut être considéré comme une violation du droit international.

Si aucune loi n’existe, certains pays ont pris des mesures conservatoires pour dissuader les entreprises de faire du commerce au Sahara occidental avec le Maroc. Les bonnes pratiques veulent que, par exemple, l’exploitation de richesses (richesses minières, pêche) au Sahara occidental soit interdite.

Dans le cas d’Equinor, une enquête interne a démontré qu’il n’y avait pas eu viol du droit international.

Le porte-parole d’Equinor a affirmé que la compagnie s’était assurée de l’absence de sanctions ou d’embargo des Nations unies ou de la Norvège.