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Les félicitations du Premier ministre marocain à Ismaël Haniyeh passent mal 

Des médias proches du pouvoir marocain ont vivement critiqué l’initiative de Saâdeddine el-Othmani envers le leader du Hamas 
Ismaël Haniyeh et Saâdeddine el-Othmani (AFP)
Ismaël Haniyeh et Saâdeddine el-Othmani (AFP)
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Le chef du bureau de liaison israélien à Rabat, David Govrin, a retiré un tweet, mardi 25 mai, dans lequel il s’étonnait de la réaction du chef du gouvernement marocain, Saâdeddine el-Othmani.

Ce dernier avait félicité, samedi 22 mai, Ismaël Haniyeh, président du bureau politique du Hamas palestinien, à la suite de la proclamation du cessez-le-feu entre le Hamas et Israël après onze jours de conflit.

Traduction : « À l’occasion de la victoire du peuple palestinien et de sa résistance, j’ai envoyé mes félicitations et celles des membres et sympathisants du Parti de la justice et du développement [PJD, islamistes] à Monsieur Ismaël Haniyeh, président du bureau politique du Hamas, et à travers lui, à tout le peuple palestinien et les groupes de la résistance. » 

Ce message a provoqué la réaction, sur Twitter, du représentant israélien à Rabat, David Govrin : « J’ai été surpris par la déclaration du chef du gouvernement marocain, monsieur Saâdeddine el-Othmani, qui a soutenu et félicité les organisations terroristes du Hamas et du Jihad islamique, soutenues par l’Iran. »

Le diplomate israélien ajoute : « Celui qui soutient les alliés de l’Iran renforce l’influence iranienne dans la région. Le renforcement de l’Iran, qui sème la destruction dans des pays arabes et qui soutient le Front Polisario [mouvement politique armé du Sahara occidental], n’est-il pas antinomique avec les intérêts du Maroc et des pays arabes modérés ? »

Pour rappel, le Maroc avait, en avril 2018, rompu ses relations avec l’Iran, invoquant le « soutien militaire de son allié, le mouvement Hezbollah, au [Front] Polisario ».

Tweet, retiré depuis, du chef du bureau de liaison israélien à Rabat, David Govrin (capture d’écran)   
Tweet, retiré depuis, du chef du bureau de liaison israélien à Rabat, David Govrin (capture d’écran)   

« La mémoire courte »

Aucun autre commentaire n’a suivi la suppression de ce tweet de reproche de la part de David Govrin, qui avait quitté le Maroc mi-mai, au moment où ont éclaté les violences sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem occupée. 

Mais certains médias marocains, proches du Palais royal, ont ciblé le chef du gouvernement, estimant qu’il avait « fait un pied de nez à l’accord qu’il a pourtant signé avec l’État d’Israël, faisant sortir de sa réserve son représentant au Maroc », comme le souligne Le 360 en faisant référence à l’accord de normalisation avec Israël concédé par Rabat en contrepartie d’une reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

« El-Othmani est inconséquent avec lui-même quand il refuse de nommer l’État d’Israël dans sa lettre de félicitation au chef de file du Hamas. Il a préféré substituer au mot Israël l’expression ‘’entité sioniste’’. El-Othmani a la mémoire très courte, parce qu’il semble oublier qu’il a apposé sa signature, le 22 décembre 2020, sur le document qui entérine les accords tripartites entre le Maroc, Israël et les États-Unis », appuie encore Le 360.  

Cet épisode intervient alors, que le 17 mai, le député du Parti de la justice et du développement (PJD), Mohamed El Hamdaoui, également président du comité de soutien à la Palestine au sein de son parti, a appelé à la fermeture du bureau de liaison israélien à Rabat. 

Pour le site Le 360, « El-Othmani est un habitué des dérapages. Des fois calculés, d’autres fois spontanés. Par opportunisme politique, en pleine campagne électorale pour les législatives de septembre 2021 ».