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La plupart des citoyens arabes ne gagnent pas assez pour vivre 

Le nouveau sondage de l’Arab Opinion Index, qui prend le pouls de l’opinion publique arabe, révèle que les problèmes économiques sont partout très préoccupants 
Un égyptien recevant des produits de première nécessité subventionnés (Reuters)
Un égyptien recevant des produits de première nécessité subventionnés (Reuters)
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La majorité des citoyens des pays arabes estiment qu’ils ne gagnent pas suffisamment d’argent pour satisfaire les besoins de leurs familles, selon une enquête menée dans treize pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord par l’Arab Opinion Index, l’indicateur le plus fiable de l’opinion publique arabe. 

Un quart des personnes interrogées déclarent vivre « dans le besoin », tandis que 46 % estiment que leur revenu est juste suffisant pour couvrir les frais de base mais pas pour épargner en cas d’urgence.

Ces résultats du sondage annuel de l’opinion arabe sont publiés alors que de nombreux pays sont confrontés à de graves pressions économiques liées à la pandémie de COVID-19, qui a entraîné des pertes d’emplois et affecté les petites entreprises.

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Le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM) a averti en septembre que les économies du Moyen-Orient et du Maghreb connaîtraient des baisses de croissance de l’ordre de 5,7 %, tandis que le chômage augmenterait, la Jordanie notamment devant faire face à un pic de 20 %.

L’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) a signalé que le pays avait perdu 165 000 emplois au cours des premiers mois de la pandémie.

Selon l’enquête, la moitié des familles ont déjà dû emprunter pour couvrir leurs besoins, soit auprès des banques, soit auprès des familles et amis.

Alors que 17 % comptaient également sur les réseaux familiaux et personnels pour obtenir de l’aide, 14 % se sont tournés vers les organismes de bienfaisance ou le gouvernement pour obtenir de l’aide, ce qui, d’après l’enquête, a montré que « les réseaux de soutien traditionnels restent plus solides que les cadres institutionnels ».

La majorité de ceux qui ont déclaré gagner suffisamment pour leurs ménages vivent dans le Golfe, tandis que la région la plus défavorisée comprend l’Irak, le Liban, la Jordanie et la Palestine.

Normalisation avec Israël

L’enquête a également sondé l’opinion sur les gouvernements normalisant leurs relations avec Israël, une question clé dans les discussions publiques après les accords de normalisation signés récemment par les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Seuls 6 % des personnes disent « accepter » la reconnaissance formelle d’Israël par leur pays d’origine, et la moitié d’entre elles l’ont conditionnée à la création d’un État palestinien indépendant.

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Le taux le plus élevé de refus de reconnaître Israël est relevé parmi les personnes interrogées en Algérie avec 99 %, suivies par celles interrogées au Liban avec 94 %, et en Tunisie et en Jordanie avec 93 % chacune.

En Arabie saoudite, qui a reconnu « envisager » des relations avec Israël, seulement 6 % des sondés approuveraient un accord de normalisation. Un tiers des personnes interrogées dans le royaume ont refusé de commenter, un nombre bien plus important que dans tout autre pays de l’étude.

Pendant ce temps, 66 % de l’opinion publique arabe considère qu’Israël et les États-Unis sont les deux principales menaces à la sécurité du monde arabe, tandis que 13 % désignent l’Iran comme la principale source de menace.

Pour environ la moitié des Irakiens et 27 % des habitants du Golfe, l’Iran est la principale menace pour la sécurité de leur pays.

Traduit de l’anglais (original).