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Le débat sur l’accréditation d’Israël à l’Union africaine « suspendu »

Ce report évite un possible vote qui aurait pu provoquer une scission sans précédent dans l’histoire de l’UA
Depuis plusieurs mois, la décision d’accréditer Israël comme membre observateur au sein de l’UA est vivement critiquée par plusieurs États membres, dont l’Afrique du Sud et l’Algérie (AFP/Amanuel Sileshi)
Depuis plusieurs mois, la décision d’accréditer Israël comme membre observateur au sein de l’UA est vivement critiquée par plusieurs États membres, dont l’Afrique du Sud et l’Algérie (AFP/Amanuel Sileshi)

Le débat prévu dimanche après-midi au sommet de l’Union africaine (UA) sur l’accréditation d’Israël à l’organisation a été « suspendu » et un comité va être créé sur ce sujet controversé parmi les 55 États membres, ont indiqué à l’AFP des sources diplomatiques.

Traduction : « L’Assemblée de l’UA a mandaté un Comité des chefs d’État (Afrique du Sud, Nigéria, Rwanda, Algérie, Cameroun, RDC, Sénégal) pour délibérer sur le bien-fondé de la décision du président [de la Commission de l’UA] d’accorder le statut d’observateur à Israël. Jusqu’à ce moment, la décision du président de la Commission est maintenue », selon la porte-parole du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat.

« La question d’Israël a été suspendue pour le moment et à la place, un comité sera mis en place pour étudier la question », a déclaré un des diplomates interrogés par l’AFP en marge du sommet de l’UA, qui se tient jusqu’à dimanche dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.

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Ce comité sera composé des dirigeants de l’Afrique du Sud et de l’Algérie, mais aussi du Rwanda et de la République démocratique du Congo – qui soutiennent la décision de Moussa Faki Mahamat –, ainsi que du Cameroun et du Nigeria.

Ce report évite un possible vote sur cette décision prise en juillet par le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, qui, selon de nombreux analystes, aurait pu provoquer une scission sans précédent dans l’histoire de l’UA, qui fête ses vingt ans.

En octobre dernier, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait indiqué que les débats au sein du conseil exécutif de l’UA avaient « mis en évidence une profonde division des États membres de l’Union africaine » sur la question.

Depuis plusieurs mois, cette décision d’accréditer Israël est vivement critiquée par plusieurs États membres, dont l’Afrique du Sud et l’Algérie, qui estiment qu’elle va à l’encontre des déclarations de l’organisation en faveur des Palestiniens. Ces deux pays ont fait inscrire ce sujet à l’ordre du jour.

« Un débat serein »

Mais le débat prévu dimanche a finalement été mis en suspens. « Nous avons estimé que l’Afrique ne doit pas être divisée par un sujet qui lui est étranger », a expliqué le président sénégalien Macky Sall, qui a proposé la création d’un comité chargé de « trouver une solution ».

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Dans un discours samedi devant les dizaines de dirigeants africains réunis au siège de l’UA, le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a demandé le retrait de l’accréditation accordée à Israël.

« Israël ne devrait jamais être récompensé pour ses violations et pour le régime d’apartheid qu’il impose au peuple palestinien », a déclaré le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, accréditée auprès de l’UA depuis 2013, en reprenant une formule d’un rapport d’Amnesty International publié cette semaine.

« La situation du peuple palestinien n’est devenue que plus précaire », a insisté Mohammed Shtayyeh.

Peu avant, dans son discours d’ouverture du sommet, Moussa Faki avait défendu son choix et appelé à « un débat serein ».

Il a assuré que l’engagement de l’UA dans la « quête d’indépendance » des Palestiniens est « immuable et ne peut que continuer à se renforcer ». Mais l’accréditation d’Israël peut constituer, selon lui, « un instrument au service de la paix ».