Aller au contenu principal

Entre MBZ et Mohammed VI, les relations sont relancées… le business aussi 

Après une période de froid dans les relations entre le Maroc et les Émirats arabes unis, un réchauffement est en cours, soutenu par les bonnes affaires des proches de MBZ au royaume de Mohammed VI 
Le roi Mohammed VI (à droite), le prince marocain Moulay Rachid et le prince héritier émirati Mohamed ben Zayed (à gauche), lors d'une cérémonie de bienvenue au palais royal de Casablanca le 17 mars 2015 (AFP)
Par

Les Émirats arabes unis (EAU) et le Maroc semblent bien partis pour réanimer une relation bilatérale engourdie par des années de grand froid. Premier indice, le prince héritier d’Abou Dabi, Mohamed ben Zayed, aussi connu sous le nom de MBZ, a exceptionnellement pris deux semaines de vacances, du 20 janvier au 3 février, dans son palais à Rabat et y a même reçu son ancien camarade du Collège royal... le roi Mohammed VI, le 20 janvier. 

C’est ce que révèle la lettre d’informations Maghreb Confidentiel dans son numéro du 20 février, précisant que MBZ avait boudé le royaume chérifien depuis décembre 2017. Cette année-là, il avait participé à une partie de chasse au faucon dans la région de Bouarfa, frontalière avec l’Algérie​​​​​​. 

La tiédeur des relations entre les deux pays remonte à février 2019, lorsque Rabat a décidé le retrait de ses forces de la coalition menée par Riyad et Abou Dabi dans leur guerre contre le Yémen. 

Tensions avec les amis du Golfe

En février 2019, des tensions sont apparues entre Rabat et Riyad suite à l’entretien accordé par le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, à la chaîne Al Jazeera, où il a déclaré que l’engagement de son pays dans le conflit au Yémen avait « changé ».

Le chef de la diplomatie marocaine a enfoncé le clou en insinuant que son pays avait refusé de recevoir, en novembre 2018, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) lors de sa tournée maghrébine qui l’a mené en Algérie, en Tunisie et en Mauritanie.

Pour le Maroc, les Émirats arabes unis sont un partenaire politique mais surtout économique
Lire

Une semaine après, la chaîne d’information saoudienne Al Arabiya a diffusé un documentaire sur le conflit au Sahara occidental. Dans ce reportage, la chaîne affirmait que le Maroc avait « envahi le Sahara [occidental] après le départ des colonisateurs espagnols en 1975 ».

Le réchauffement des liens entre les EAU et le Maroc s’impose aussi dans le business. La lettre d’informations révèle notamment le début d’une consolidation des affaires de la famille de MBZ au Maroc.

Ainsi, la holding Al Dahra, propriété du cheikh Hamdan ben Mohamed al-Nahyane, cousin de MBZ, a signé plusieurs contrats depuis début 2020. 

Le 16 janvier, le gouvernement marocain a validé une joint venture entre le puissant groupe OCP (anciennement Office chérifien des phosphates) et Al Dahra pour créer South European Fertilizer Co, une entitée chargée de commercialiser les engrais en Europe de l’Est. 

Les affaires reprennent

Ce même holding Al Dahra développera ses deux filiales marocaines spécialisées dans la production oléicole. Ces sociétés ont déjà bénéficié de gros crédits de la part de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement afin de réaliser une usine de production d’huile d’olive dans la région de Fès-Meknès. 

Le frère cadet de MBZ, Tahnoun ben Zayed, également conseiller à la sécurité nationale des EAU, se lance dans le tourisme de luxe au Maroc à travers sa société Royla Development Co, avec comme projet de construire un palace sur le rocher d’Ikem à Témara, près de Rabat.   

Et ce n’est pas l’unique projet de tourisme de luxe estampillé EAU au Maroc. La société émiratie Imkan, propriété de Ahmad Thani Rached al-Matrouchi, a lancé en novembre 2019 un gigantesque complexe résidentiel sur la corniche de Rabat sur environ dix hectares. 

Plusieurs autres projets émiratis importants sont lancés au Maroc, menés notamment par le promoteur immobilier Eagles Hills, qui assure le développement de la marina de Rabat.