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Des étudiants iraniens fouettés 99 fois pour une fête de remise des diplômes mixte

Plus de 30 personnes ont été poursuivies, condamnées et fouettées dans les 24 heures suivant leur arrestation dans une villa à Qazvin, où ils « dansaient et faisaient la fête » selon les procureurs
Les Iraniennes sont informées du fait qu’elles doivent porter un voile en public (AFP)

Plus de 30 étudiants iraniens ont été jugés, condamnés et fouettés 99 fois en l’espace de 24 heures après leur arrestation pour la tenue d’une fête de remise des diplômes mixte, selon les rapports.

Les médias iraniens ont rapporté la semaine dernière que le groupe a été arrêté après des rapports de mixité, de danse et de consommation d’alcool dans une villa du village de Qazvin dans la province de Mirzan. Toutes ces activités sont interdites en vertu des lois iraniennes sur la « moralité ».

Selon Mirzan online, le procureur du village, Esmail Niyarki, aurait déclaré que les femmes étaient « à moitié nues » – ce qui signifie qu’elles ne portaient pas de tchador ou de voile – et « dansaient et faisaient la fête ».

« L’arrestation d’un si grand nombre de jeunes filles et garçons, qui étaient à moitié dévêtus, buvaient de l’alcool et avaient un comportement indécent, blesse l’opinion publique », selon les propos attribués au responsable local.

« Dieu merci, en moins de 24 heures, les interrogatoires, l’enquête, le procès, le verdict et la sentence ont été réalisés. »

Les bals mixtes sont interdits en Iran, surtout si les femmes ne portent pas le voile islamique, et l’alcool est interdit.

Esmail Niyarki a également prévenu que les restaurants ou les salles de restauration qui ont permis de tels événements mixtes ou servi de l’alcool seraient fermés, selon les rapports.

Les radicaux iraniens ont orchestré la répression contre les atteintes à la « morale » après une victoire écrasante des partisans du président Hassan Rohani aux élections en février.

La police iranienne de la moralité répond au guide suprême, pas au président.

La police des mœurs à Téhéran a lancé cette année une campagne d’infiltration impliquant 7 000 officiers pour s’assurer que les femmes sont vêtues selon la coutume révolutionnaire iranienne (soit entièrement voilées, soit portant un foulard).

Plus tôt ce mois-ci, Elham Arab, mannequin iranienne, a été arrêtée et contrainte à des aveux publics pour avoir diffusé en ligne des photos d’elle sans foulard.

Elle a été arrêtée dans le cadre de l’opération contre la cybercriminalité, sous le nom de code « Spider 2 », qui ciblait les mannequins et d’autres personnalités de l’industrie de la mode.

Traduction : La mannequin iranienne, Elham Arab, répondant au procureur de Téhéran au sujet de photos d’elle sans foulard postées sur Instagram (@potkazar)

Rohani, décrit comme un président « modéré », a lui-même été critiqué par des organisations internationales de défense des droits car il préside un système de justice autoritaire.

Le président a signé des centaines d’exécutions depuis son arrivée au pouvoir il y a trois ans. Beaucoup de ceux qui ont été pendus avaient été condamnés pour des infractions relatives aux drogues.

Plus de la moitié des 753 personnes pendues en 2014 étaient des dealers de drogue.

En 2015, Amnesty International a déclaré avoir enregistré « un taux d’exécution ahurissant » en république islamique, avec « près de 700 personnes mises à mort rien que pour la première moitié de l’année. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.