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Des personnes âgées, en deuil et malades parmi les victimes de l’interdiction de visa de Trump

Des femmes âgées, des infirmes et des détenteurs de la carte verte se sont retrouvés détenus à l’aéroport JFK de New York à cause du décret d’interdiction de visas du président américain
Une femme accueille sa mère libérée de l’aéroport JFK après des heures de détention (Reuters)
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Une femme de 75 ans souffrant de la maladie de Parkinson. Une détentrice de la carte verte de 65 ans diabétique. Une femme de 60 ans menottée à son arrivée à trois heures du matin. Voici quelques-unes des dizaines de personnes qui ont été arrêtées à l’aéroport JFK de New York suite au décret de Donald Trump.

Ces cas ont été signalés lundi par la New York Immigration Commission (NYIC), un groupe d’activistes qui défend les droits des étrangers emménageant aux États-Unis, laquelle a déclaré que des centaines d’avocats étaient à pied d’œuvre dans les aéroports du pays pour aider à la libération des personnes détenues en vertu du décret présidentiel interdisant l’entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Des manifestations de masse se sont déroulées devant l’aéroport tout au long du weekend après l’adoption de ce décret qui a été critiqué pour sa sévérité et a été contesté par plusieurs autorités judiciaires. Lundi, l’interdiction visant les détenteurs de la carte verte – des migrants qui ont le droit légalement de s’installer aux États-Unis – a été modifiée.

La NYIC a mis en exergue plusieurs cas de personnes qui ont été arrêtées à la frontière, ainsi que les conditions de leur détention :

  • Une Soudanaise de 65 ans diabétique, détentrice de la carte verte, a été détenue à son retour d’un voyage au Caire pour une intervention médicale et au Soudan pour une visite familiale. 
  • Une Libyenne de 75 ans souffrant de la maladie de Parkinson dont la demande de carte verte est actuellement examinée a été détenue à son arrivée après avoir rendu visite à sa sœur en Libye, qui était très malade et est décédée lors de la visite. Bien qu’elle eût obtenu la permission de voyager à cause de la maladie de sa sœur, elle a été détenue à son retour.
  • Une Irakienne d’une soixantaine d’années voyageant seule pour rendre visite à son fils est arrivée à JFK samedi à trois heures du matin après un vol incluant plusieurs escales. Le décret de Trump a été émis pendant son voyage. Elle a été regroupée avec cinq autres Irakiens et menottée.
  • Un Iranien de 60 ans voyageant avec son fils de 30 ans pour voir son petit-fils né d’un autre fils, citoyen américain, a été détenu pendant 30 heures. Aucun lit ne leur a été fourni.
La police anti-émeute s’aligne à l’aéroport JFK de New York tandis que les manifestants se rassemblent (Reuters)

Selon la NYIC, certains cas ont été résolus grâce aux avocats. Le père iranien et son fils, par exemple, ont pu obtenir un permis de séjour temporaire après s’être vu offrir le choix entre la déportation et un temps indéfini en détention.  

« Nous étions très nerveux, ils ne sont pas détenteurs de la carte verte », a déclaré l’avocate Maria Romani, du service de défense publique de Brooklyn, qui représentait les deux hommes.

« Quand le grand-père est sorti, il était très reconnaissant. Il a déclaré "j’aime les gens de New York". »

La NYIC a déclaré que 52 personnes avaient été détenues à l’aéroport JFK dimanche 29 janvier. Vingt étaient toujours en détention lundi et deux ont été déportées.

Malgré la croyance générale que les détenteurs de carte verte ne feraient pas l’objet de détentions, le groupe de détenus incluait des détenteurs de carte verte, des détenteurs de visas et des membres de familles de citoyens américains, a déclaré le groupe.

La directrice des initiatives légales de la NYIC , Camille Mackler, a déclaré : « Je pense que les gens ont réagi car ces décrets et les valeurs qu’ils promeuvent sont tellement non-américains. 

« C’est ce qui a encouragé les gens à descendre dans la rue, c’est ce qui les a poussés à manifester et à continuer à le faire. Les avocats ont un talent et veulent l’exercer – ils sont venus en si grand nombre que nous avons dû en renvoyer certains chez eux. Tout cela a été difficile à gérer mais formidable. »

Traduit de l’anglais (original).