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Le Maroc annule le premier festival de la bière

L’événement était organisé par les Brasseries du Maroc, qui produisent plusieurs bières locales
Les ventes d’alcool ont chuté au Maroc depuis 2010 (AFP)
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Le premier festival de la bière de Casablanca a été annulé dix jours avant son lancement.

Les autorités marocaines ont justifié leur décision en citant un délit de « non-conformité » légale de la part des organisateurs.

« Suite à des annonces dans les médias relatives à un festival de la bière à Casablanca, les autorités ont demandé aux organisateurs d’arrêter leur campagne publicitaire immédiatement et d’annuler l’événement », était-il précisé dans un communiqué.

Le festival, qui devait durer un mois, a été organisé par le premier producteur de bière du Maroc, Brasseries du Maroc. Il était censé commencer jeudi dans diverses villes du pays.

La vente d’alcool aux musulmans est interdite dans le royaume, et les personnes jugées coupables d’avoir consommé de l’alcool en public encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement. Cependant, la production d’alcool par des non musulmans est autorisée et, dans les faits, de nombreux jeunes Marocains consomment de l’alcool, tout comme les millions de touristes qui fréquentent les nombreux bars, clubs et hôtels du pays.

Le Maroc produit 40 millions de bouteilles de vin par an, dont la majeure partie est consommée à l’intérieur du pays. Environ 10 millions de touristes visitent le Maroc chaque année.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, en 2014, 9 % des Marocains et 3 % des Marocaines avaient admis consommer de l’alcool. C’est à peu près le même pourcentage qu’en Tunisie, mais près de la moitié de ce qui est observé dans l’Algérie voisine.

Brasseries du Maroc, qui représente 95 % des ventes de bière en volume, possède plusieurs bières locales dont La Spéciale Flag, Flag Pils et Stork. Ses ventes ont toutefois chuté depuis 2010.

L’entreprise a augmenté significativement ses prix afin de tenter de compenser la baisse des ventes, rendant la boisson moins populaire parmi les Marocains. Un cabinet d’analyse des marchés, Euromonitor, a indiqué que de nombreux Marocains pourraient alors se tourner vers des alternatives informelles.

L’entreprise a reçu un coup supplémentaire lorsque la chaîne de supermarchés Marjane a décidé de mettre un terme à la vente d’alcool en 2014. D’autres grandes enseignes, comme Acima, ont néanmoins continué de vendre de l’alcool dans certains lieux. 

Traduction de l’anglais (original).