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Une vingtaine de Touaregs tués dans une attaque au nord du Mali

Alors que plusieurs civils ont été tués en fin de semaine par des hommes armés dans le nord-est du Mali, un émir d’AQMI rappelle la détermination de son groupe à combattre la France et ses alliés au Sahel

Les combattants du Mouvement pour le salut de l’Azawad patrouillent le long de la frontière entre le Mali et le Niger, dans la zone déserte de la région de Ménaka, le 4 février 2018 (AFP)

Un groupe armé, principalement touareg, combattant les islamistes armés au nord du Mali, le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA, issu de l’ex-rébellion) avait d’abord fait état dans un communiqué d’un « bilan provisoire » de « sept civils tués » dans une attaque samedi contre la localité d’Amalaoulaou, près de la frontière avec le Niger.

Mais selon un élu malien, le bilan a été revu à la hausse : « Vendredi et samedi, au moins 25 civils touaregs ont été tués à Amalaoulaou par des hommes armés. Cinq autres civils ont été blessés », a-t-il déclaré à l’AFP après avoir rallié le territoire nigérien suite à l’attaque.

Les assaillants, à moto, « ont tiré sur tous les habitants sans discernement, le visage caché derrière des turbans », a ajouté cet élu sous couvert de l’anonymat. Selon une source de sécurité malienne, « les assaillants, qui ont tué au moins 25 civils, avaient un véritable plan d’attaque ».

Un autre élu local a précisé que les victimes, qui appartenaient « quasiment toutes à la même tribu touarègue », les Idarfan, ont été enterrées par leurs parents. 

« Les djihadistes sont accusés d’être les responsables de ce crime », a ajouté cet élu, tout en estimant que l’hypothèse d’un règlement de comptes entre différentes communautés touarègues, n’était pas « à exclure ».

Plus de 200 victimes en 2018

Lors d’une précédente attaque, le 25 septembre, dans des circonstances similaires à 45 km à l’ouest de Menaka, principale ville de la région, le ministère malien de la Sécurité avait fourni un bilan de 27 morts, évoquant des affrontements « entre des membres de la communauté des Idarfan ».

Quelque 200 personnes, dont de nombreux civils, appartenant surtout aux communautés peule et touarègue, ont péri depuis le début de l’année dans cette région où s’affrontent notamment des groupes armés ayant prêté allégeance au groupe État islamique (EI) et deux groupes soutenant la force française Barkhane et l’armée malienne, le MSA et le Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA, pro-Bamako).

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Dans un communiqué signé de son chef, le général El Hadj Ag Gamou, daté du 27 septembre, le GATIA s’inquiète de « la croissance inexorable du nombre des massacres de masse et des assassinats ciblés non justifiés et non revendiqués ». Face aux « insuffisances des forces publiques nationales et internationales », il appelle l’ensemble des groupes armés, progouvernementaux ou de l’ex-rébellion, à « une action commune de protection des populations et de leurs biens ».

Dans un rapport remis au Conseil de sécurité de l’ONU en août, un groupe d’experts souligne que les conflits entre communautés de la région, pour les postes de pouvoir, le contrôle d’axes commerciaux ou de contrebande, les pâturages et l’accès aux puits, exacerbent les tensions dues aux affrontements entre islamistes armés et forces internationales et maliennes.

Traduction : l’émir adjoint du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans au Maghreb islamique, Yahia Abou al-Hammam, a prononcé un discours dans une vidéo récemment adressée à la France, déclarant que son organisation poursuivrait la bataille contre la France et la coalition d’armées qu’elle a rassemblées (le G5 Sahel)

Le 25 septembre dernier, un véhicule militaire malien a sauté sur un engin explosif improvisé, probablement une mine, dans la région de Tombouctou, selon des médias locaux. Le bilan fait état de deux militaires tués et deux autres blessés. 

Une crise qui perdure

Le nord du Mali était tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes liés à al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

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Les islamistes armés en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en 2015 de l’accord d’Alger censé isoler définitivement les islamistes armés.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.