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Soolking, le rappeur algérien à la conquête de l’Amérique

Deux albums et plusieurs tubes plus tard, dont « La Liberté », l’un des hymnes de la rue algérienne en révolte contre son pouvoir, Soolking a franchi une nouvelle étape ce printemps avec une tournée nord-américaine
« Je ne pensais pas qu’un jour dans ma vie j’allais venir chanter ici. Là, je suis là et franchement, je ‘’kiffe’’ » - Soolking (AFP/Angela Weiss)
« Je ne pensais pas qu’un jour dans ma vie j’allais venir chanter ici. Là, je suis là et franchement, je ‘’kiffe’’ » - Soolking (AFP/Angela Weiss)
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Pendant que son dernier tube aux accents merengue, « Suavemente », atteignait une nouvelle fois les sommets des classements en France, le chanteur et rappeur algérien Soolking était en tournée en Amérique du Nord, à la conquête d’un nouveau public.

Après des années de succès des deux côtés de la Méditerranée, le temps était venu de traverser l’Atlantique et de goûter à des salles comme l’Apollo Theater de New York.

« Je ne pensais pas qu’un jour dans ma vie j’allais venir chanter ici. Là, je suis là et franchement, je ‘’kiffe’’ », a savouré Soolking, lors d’un entretien accordé à l’AFP dans les coulisses de la légendaire salle d’Harlem où il s’est produit vendredi, mettant ses pas dans ceux de Billie Holiday, Aretha Franklin et James Brown.

« C’est une salle mythique comme nous à Paris l’Olympia. Il y a eu beaucoup d’artistes légendaires qui [y] ont ‘’performé’’. Donc c’est un honneur pour moi et c’est cool. Je suis content », a-t-il ajouté.

« Aller chercher l’humain »

À 32 ans, le natif de la banlieue d’Alger continue d’ignorer les frontières, lui dont le nom d’artiste vient d’un personnage de la série manga One piece, et qui avait connu le succès en 2018 grâce à « Guérilla », un morceau inspiré de sa galère de sans-papiers.

Deux albums et plusieurs tubes plus tard, dont « La Liberté », l’un des hymnes de la rue algérienne en révolte contre son pouvoir, Soolking a franchi une nouvelle étape ce printemps avec une tournée nord-américaine, qui l’a mené de Montréal à Washington en passant par Chicago et New York.

« Peu importe le pays où on m’écoute », dit le chanteur aux multiples inspirations, entre hip-hop, raï et musique latino, et qui veut d’abord « aller chercher l’humain, puisque la musique avant tout, c’est du ‘’feeling’’ ». 

« Dans mon pays d’origine, j’ai des gens qui m’écoutent et j’ai des gens qui ne m’écoutent pas », ajoute-t-il.

À l’Apollo, face à une foule de fans dansant, chantant et brandissant des drapeaux algériens, Soolking semblait jouer à domicile.

« C’est juste génial de voir quelqu’un de notre pays avoir son nom en lumière à New York », s’enthousiasme Sarah Hammadi, 26 ans, venue avec trois cousins de l’État du New Jersey voisin. « C’est incroyable, il représente l’Algérie », applaudit-elle.

L’une de ses cousines, Dilia, 18 ans, a l’impression d’être « revenue à la maison ». « C’est tellement une icône dans notre pays […] Ça fait chaud au cœur », se réjouit-elle.

Par Maggy Donaldson.