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Les « beurettes » pas assez « sexy » avec leur voile : le nouveau dérapage de Robert Ménard

Le maire populiste de Béziers Robert Ménard a provoqué la colère sur les réseaux sociaux en faisant des commentaires sur les femmes algériennes et le voile
L’ex-cofondateur de Reporters sans frontières (RSF) a été élu en 2014 à la tête de la mairie de Béziers avec le soutien du Front national (AFP/Joël Saget)
L’ex-cofondateur de Reporters sans frontières (RSF) a été élu en 2014 à la tête de la mairie de Béziers avec le soutien du Front national (AFP/Joël Saget)
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« Les gens ont changé, moi je n’ai jamais vu quand j’avais 18 ans dans mon quartier des filles voilées, en particulier des Algériennes. On trouvait plutôt les filles sexy. Vous vous rappelez les ‘’beurettes’’ et tout. Attendez, maintenant elles sont voilées », a déclaré le maire de Béziers Robert Ménard le 7 octobre sur la chaîne d’information LCI, provoquant l’ire de nombreux internautes.

« C’est très clair quand même. On a des hommes politiques qui expliquent qu’ils sont en colère de voir des femmes voilées car elles ne sont plus nues et donc plus ‘’sexy’’ », a réagi Idriss Sihamedi, fondateur de l’ONG BarakaCity.

« C’est le sommet du mépris qu’un homme politique de l’extrême droite s’attaque aux Françaises d’origine algérienne en disant qu’elles étaient plus excitantes sans voile et qu’on ne pouvait s’empêcher de les draguer car elles étaient belles », a réagi sur Twitter la journaliste algérienne installée au Qatar Khadidja Benganna.

« Le maire extrémiste de Béziers et son ami [le polémiste] Éric Zemmour reflètent le pourrissement de la politique en France », a-t-elle ajouté.

Sur un forum, un imam a écrit : « Voilà la réalité de ces gens-là, ce sont des pervers, ce qui les dérange dans le voile et dans l’islam en général, c’est la vertu. Ils ne la supportent pas car leur âme est sale. Et oui Mr Menard, la beauté des musulmanes n’est pas pour le premier venu, surtout si c’est vous. »

L’ex-cofondateur de Reporters sans frontières (RSF) a été élu en 2014 à la tête de la mairie de Béziers, dans le sud de la France, avec le soutien du Front national de Marine Le Pen. Robert Ménard a été réélu en 2020 à ce poste et est devenu, en parallèle, le premier élu d’extrême droite à la tête d’une intercommunalité en France.

De la violence contre les femmes à la légitimation de la torture, en passant par la défense de la thèse raciste du « grand remplacement », Robert Ménard a multiplié durant ses deux mandats les sorties polémiques.  

Avant de bénéficier d’un non-lieu, Ménard avait été condamné en 2017 par la justice pour « provocation à la haine et la discrimination » après ses propos sur le nombre, trop élevé selon lui, d’élèves musulmans dans les établissements scolaires de Béziers.