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Colère contre l’Inde après les insultes d’une responsable envers le prophète de l’islam

L’Organisation de la coopération islamique a dénoncé les « propos insultants contre le prophète Mohammed prononcés par une responsable du parti au pouvoir en Inde »
Le parti de Narendra Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), est régulièrement accusé de stigmatiser la minorité musulmane du pays (AFP/Sam Panthaky)
Le parti de Narendra Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), est régulièrement accusé de stigmatiser la minorité musulmane du pays (AFP/Sam Panthaky)
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L’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït et l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ont dénoncé dimanche les propos d’une porte-parole du parti au pouvoir en Inde, les jugeant insultants envers le prophète de l’islam.

Chef de file des monarchies du Golfe et puissance régionale, l’Arabie saoudite a qualifié d’« insultantes » les déclarations de Nupur Sharma, porte-parole du parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi, et a appelé au « respect des croyances et des religions ».

Les protestations interviennent en pleine visite du vice-président indien Venkaiah Naidu à Doha pour renforcer les liens commerciaux entre l’Inde et le Qatar, où 1 million des 2,8 millions d’habitants sont des Indiens.

Traduction : « Al-Azhar condamne fermement les déclarations d’une responsable indienne ciblant le prophète et [son épouse] Aïcha. »

L’ambassadeur d’Inde à Doha, Deepak Mittal, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et s’est vu remettre une lettre de protestation dans laquelle « le Qatar réclame du gouvernement indien des excuses publiques et une condamnation immédiate des remarques islamophobes ».

« Laisser de telles remarques islamophobes sans punition » pourrait « créer un cycle de violence et de haine », a poursuivi le ministère dans un communiqué.

L’ambassade d’Inde à Doha a assuré dans un communiqué qu’une « action ferme » avait été prise contre des « éléments marginaux » ayant tenu des propos insultants, sans détailler.

Dimanche, le parti de Narendra Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), a suspendu Nupur Sharma pour avoir exprimé des « vues contraires à la position du parti » lors d’un débat télévisé la semaine dernière.

Traduction : « Je condamne avec la plus grande fermeté les commentaires blessants de la responsable indienne du BJP à propos de notre bien-aimé Prophète. Je l’ai dit à plusieurs reprises, l’Inde sous Modi bafoue les libertés religieuses et persécute les musulmans. Le monde devrait en prendre note et réprimander sévèrement l’Inde » - Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif

Le BJP, régulièrement accusé de stigmatiser la minorité musulmane du pays (environ 14 % de la population), a indiqué dans un communiqué qu’il « respectait toutes les religions ».

Après ses commentaires, Nupur Sharma a écrit sur Twitter qu’elle répondait aux « insultes » contre le dieu indien Shiva mais qu’elle « retirait sans réserve » ces propos s’ils avaient pu « blesser les sentiments religieux de qui que ce soit ».

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L’Organisation de la coopération islamique, basée en Arabie saoudite et qui regroupe près de 60 pays musulmans, a dénoncé les « propos insultants contre le prophète Mohammed prononcés par une responsable du parti au pouvoir en Inde », qui selon elle interviennent dans un « contexte d’islamophobie en Inde ».

Le Koweït, un autre pays arabe du Golfe, a lui aussi convoqué l’ambassadeur d’Inde pour protester.

Un autre cadre du parti au pouvoir, Naveen Jindal, qui était responsable des médias, a également été suspendu pour avoir émis des commentaires offensants envers le prophète de l’islam sur Twitter.

Un ancien diplomate indien, Anil Trigunayat, qui a servi dans le monde arabe, a déclaré à la BBC que l’Inde « se trouvait dans une situation difficile et que seuls des efforts sincères au niveau des dirigeants pourraient empêcher des retombées négatives ».

« Des actions exemplaires en vertu de la loi doivent être prises afin que de tels incidents marginaux ne se répètent pas, ne créent pas le chaos sociétal ni nuisent à la réputation du pays », a-t-il déclaré.

Traduction : « Le grand mufti d’Oman appelle au boycott des produits indiens. »

D’autres analystes ont affirmé à la BBC que le coût diplomatique des retombées de cette affaire pourrait grandement nuire aux intérêts de l’Inde dans la région.

« Les nations arabes cherchent également à prendre des mesures concrètes pour apaiser la colère de leur propre opinion. Les hashtags critiquant l’Inde sont très viraux dans ces pays et l’incident a fait la une de leurs médias », poursuit la BBC, qui rappelle que certains de ces hashtags ont appelé au boycott des produits indiens. Il a également été signalé que certains magasins au Qatar et au Koweït retiraient les produits indiens de leurs rayons.