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Une association pro-palestinienne dénonce la participation de la France à un exercice militaire israélien 

L’Association France Palestine Solidarité a fermement dénoncé la  « scandaleuse participation de la France » aux manœuvres militaires aériennes d’envergure organisées par Israël
Un Rafale de l’armée de l’air française sur le tarmac de la base aérienne d’Ovda, en Israël, durant l’exercice Blue Flag, le 24 octobre 2021 (AFP/Jack Guez)
Un Rafale de l’armée de l’air française sur le tarmac de la base aérienne d’Ovda, en Israël, durant l’exercice Blue Flag, le 24 octobre 2021 (AFP/Jack Guez)
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« Moins de six mois après l’agression aérienne barbare contre la population civile de Gaza qui a fait 260 morts dont des dizaines d’enfants et des dizaines de milliers de blessés et de sans-abris, comment ne pas être révolté par la participation d’avions et de pilotes français aux côtés des avions et pilotes israéliens coupables de ces massacres ? », s’est indignée lundi 25 octobre l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) dans un communiqué.

Depuis une semaine, les armées de sept pays (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Grèce, Italie, Inde et France), avec plus de 70 avions de combat et 1 500 personnels, mènent d’importants exercices militaires d’une durée de douze jours en Israël.

Ces manœuvres militaires « simulent des combats air-air et air-sol, des attaques de missiles sol-air, et divers scénarios opérationnels en territoire ennemi », selon l’armée israélienne, avec comme objectif « de renforcer la coopération internationale stratégique au moyen d’un apprentissage partagé portant sur l’intégration d’avions de quatrième et de cinquième génération à des scénarios opérationnels complexes ».

Il s’agit du  « plus important » exercice militaire aérien avec un « invité de marque » : le chef de l’armée de l’air des Émirats arabes unis, pays qui a normalisé récemment ses relations avec Israël. Cet exercice se tient alors que le plan stratégique de l’armée pour 2022 fait de l’Iran la première menace, non seulement en raison de son programme nucléaire mais aussi du développement de ses capacités en matière de drones armés et de missiles.

« La France légitime les actions de l’armée israélienne »

L’AFPS rappelle que la France avait participé à cette opération en 2017, pour la première fois. « Ainsi, des avions de combat français dont des Rafale et des Mirage 2000 participent à l’exercice, en particulier en survolant à basse altitude les villes de Tel Aviv et de Jérusalem. »

Israël organise tous les deux ans depuis 2013 l’exercice Blue Flag dans le désert du Néguev.

« À travers cette opération à laquelle Israël souhaite donner un grand retentissement, Israël poursuit, au-delà de l’objectif militaire, un objectif diplomatique visant à redorer son image », souligne l’AFPS, « en particulier celle de son armée, grâce à la présence complice, aux côtés de cette armée criminelle des représentants des armées de six pays de l’OTAN dont la France et l’Inde ».

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« À l’heure où l’épuration ethnique bat son plein à Jérusalem-Est, avec son cortège de destructions de maisons et d’expulsions de ses habitants palestiniens, à l’heure où l’acharnement se poursuit contre notre compatriote Salah Hamouri qui vient de se voir retirer son statut de résident de Jérusalem, quel message la France envoie-t-elle à l’État d’Israël ? », déplore l’AFPS, se demandant encore : «  Allons-nous voir des avions français survoler, dans un exercice coordonné par la puissance occupante, le territoire palestinien occupé, colonisé, et illégalement annexé dans le cas de Jérusalem-Est ? ».

Pour l’AFPS, « la France légitime les actions de l’armée israélienne, renvoyant à la honteuse déclaration du président de la République [Emmanuel Macron] en pleine agression contre Gaza : ‘’Israël a le droit de se défendre’’ ».

La participation française à ces exercices « va contribuer à l’accroissement des capacités militaires d’Israël et à l’oppression du peuple palestinien » et « permettra à l’armée française de se doter de technologies et de savoir-faire ‘’testés grandeur nature’’, sur la population palestinienne ».

L’AFPS « appelle toutes et tous » à dénoncer « toutes les formes de coopération militaire et sécuritaire avec l’État d’Israël tant que celui-ci continuera de violer le droit international et les droits humains », en s’adressant aux parlementaires pour qu’ils interpellent le gouvernement à ce sujet.