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Human Rights Watch accuse Meta de « réduire au silence » les voix pro-palestiniennes

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme, la censure opérée par le propriétaire de Facebook et Instagram est « particulièrement nocive dans une période de terribles atrocités et de répression qui étouffent déjà les voix des Palestiniens »
Le logo de Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, affiché sur une tablette, le 12 janvier 2023 (AFP)

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi Meta de restreindre les contenus pro-palestiniens sur Facebook et Instagram, dénonçant une « censure en ligne systémique » depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

« Les politiques et systèmes de modération de contenus de Meta réduisent de plus en plus au silence les voix en faveur de la Palestine sur Instagram et Facebook », écrit-elle dans un rapport de 51 pages publié jeudi.

Cette censure est « particulièrement nocive dans une période de terribles atrocités et de répression qui étouffent déjà les voix des Palestiniens », a déclaré Deborah Brown, directrice adjointe par intérim de la division Technologies et droits humains de HRW, citée dans le communiqué de l’ONG.

Mardi, le conseil de surveillance indépendant de Meta a reproché aux plateformes du géant des réseaux sociaux une politique de modération trop restrictive dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas.

La guerre entre Israël et le Hamas a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du mouvement palestinien sur le sol israélien, lors de laquelle environ 1 140 personnes ont perdu la vie, pour la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres israéliens.

Le ministère de la Santé du Hamas à Gaza a fait état mercredi de 20 000 morts depuis le début des bombardements israéliens, majoritairement des femmes et des enfants.

« Arbitrairement et sans explication »

Dans son rapport, intitulé « Les promesses non tenues de Meta : censure systémique de contenus pro-palestiniens sur Instagram et Facebook », HRW estime que « la censure par Meta contribue à l’effacement des souffrances des Palestiniens ».

L’ONG cite notamment la suppression de contenus, la suspension ou suppression de comptes, l’incapacité d’interagir avec les contenus ou encore l’incapacité de suivre ou de marquer des comptes.

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Au total, l’ONG a examiné 1 050 « cas de censure et autres suppressions de contenus » dans plus de 60 pays » sur Instagram et Facebook entre octobre et novembre.

Sur ce total, 1 049 concernaient « des contenus pacifiques en faveur de la Palestine […] tandis qu’un cas concernait la suppression de contenus en faveur d’Israël », selon l’ONG qui met en cause « des politiques de Meta qui sont problématiques et leur mise en œuvre incohérente et erronée ».

« Meta est consciente que l’application de ces politiques est problématique », soutient HRW qui rappelle avoir, dans un rapport en 2021, « documenté la censure par Facebook des discussions sur les questions de droits humains liées à Israël et à la Palestine », concluant déjà que Meta avait « réduit au silence de nombreuses personnes arbitrairement et sans explication ».

Sollicitée par HRW, Meta a « cité sa responsabilité en matière de droits humains et ses principes fondamentaux en la matière », détaille le communiqué.

L’ONG appelle Meta à « aligner ses politiques et pratiques de modération de contenus sur les normes internationales en matière de droits humains ».

Source : AFP.

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