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Le Palestinien qui nourrissait les chats de la mosquée al-Aqsa est décédé du COVID-19

Ils sont des centaines à pleurer sa mort : connu pour sa générosité, Hadj Ghassan Younes nourrissait les chats et les oiseaux du complexe
De nombreux internautes ont partagé de tendres souvenirs de Hadj Ghassan Younes, se rappelant sa générosité et sa gentillesse envers les enfants et les animaux (capture d’écran/Facebook)
De nombreux internautes ont partagé de tendres souvenirs de Hadj Ghassan Younes, se rappelant sa générosité et sa gentillesse envers les enfants et les animaux (capture d’écran/Facebook)

Un sentiment de tristesse s’est emparé du complexe de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée et des réseaux sociaux après l’annonce du décès de Hadj Ghassan Younes, un vieux Palestinien qui nourrissait les chats du site, emporté mardi par le COVID-19.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont partagé leurs condoléances, leurs tendres souvenirs et des photos de Hadj Ghassan Younes. 

Comme le rapporte un média local, Hadj Ghassan Younes faisait chaque matin le trajet entre son village d’Ara et le complexe d’al-Aqsa et apportait des sacs contenant de la nourriture pour les chats, des graines pour les oiseaux et des bonbons pour les enfants.

S’il ne pouvait pas effectuer le trajet, il demandait à ses amis de s’y rendre et de nourrir les animaux. 

« Dieu tout-puissant m’a honoré de ce rôle […] Les chats me connaissent bien là-bas et je suis très attaché à eux », a-t-il confié un jour dans une interview. 

Hadj Ghassan Younes était également appelé Abou Huraira par les habitants, un surnom inspiré du compagnon du prophète Mohammed, qui soulignait lui-même l’importance de prendre soin des chats et des autres animaux. 

Les messages en mémoire de Hadj Ghassan Younes ont afflué en ligne : de nombreux internautes ont repris le hashtag « Abou Huraira » en arabe pour partager les tendres souvenirs qu’ils avaient de lui. 

Traduction : « Il faisait le trajet tous les jours entre son village d’Ara et les territoires occupés de Jérusalem pour nourrir les oiseaux et les chats. Il était plus hiérosolymite que les Hiérosolymites eux-mêmes… Le jour de la résurrection, les oiseaux et les chats d’al-Aqsa, et les gens aussi, parleront de ce que tu as fait. »

Dans des vidéos partagées en ligne, on voit Hadj Ghassan Younes apprendre aux enfants à compter et leur offrir des bonbons. 

Traduction : « L’oncle Abou Ayman, que Dieu ait son âme, était un véritable rayon de soleil… Des cadeaux et des bonbons éparpillés sur les terrasses de la mosquée. Cette perte n’est pas une perte comme les autres, car ce lieu [de bonheur] à al-Aqsa a été vidé… »

Inspiré par les enseignements du prophète, Hadj Ghassan Younes se rendait depuis une trentaine d’années dans le complexe d’al-Aqsa pour nourrir les animaux. 

Dans une des interviews qu’il a accordées, il a déclaré qu’il veillait sur une quarantaine de chats et d’innombrables oiseaux dans le complexe. 

Il expliquait toujours qu’il apportait des aliments spécifiques pour nourrir les différentes espèces d’oiseaux du site. 

Traduction : « C’est un jour triste à al-Qods. Hadj Ghassan Younes, ou “Abou Ayman”, est décédé aujourd’hui des suites du coronavirus. Son cœur miséricordieux et ses bonnes manières resteront dans nos souvenirs. Les oiseaux et les chats se souviendront de lui et les fidèles se souviendront de son merveilleux sourire. » 

Traduction : « À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournerons. Le décès d’Abou Huraira, Abou Ayman Ghassan Younes, est une bien triste nouvelle. Les photos et vidéos que je voyais toujours de lui à al-Aqsa étaient vraiment émouvantes et apaisantes. Que Dieu ait pitié de lui et lui accorde une place au plus haut rang du paradis. »

Traduction : « C’est avec beaucoup de tristesse, de patience et d’estime que nous pleurons… Aujourd’hui, tout le monde vous pleure, les enfants, les oiseaux, les pierres, le complexe. Tous ceux qui vous ont connu, qui vous ont aimé. »

Mercredi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait enregistré plus de 172 000 cas de COVID-19 dans les territoires occupés, dont 1 918 décès.

Des organisations de défense des droits de l’homme reprochent à Israël de se soustraire à ses responsabilités en tant que puissance occupante – telles que définies par le droit international – en ne fournissant pas de vaccins aux cinq millions de Palestiniens vivant dans les territoires occupés et aux prisonniers.

À la suite de pressions des groupes de défense des droits de l’homme, le gouvernement israélien a accepté la semaine dernière de commencer à vacciner les prisonniers palestiniens.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.