Aller au contenu principal

Les frappes israéliennes sur l’aéroport d’Alep entravent l’aide humanitaire, selon l’ONU

Après le raid israélien mené par Israël, l’ONU a été contrainte de suspendre les vols d’aide vers la Syrie
Des colis humanitaires fournis par l’Arabie saoudite, destinés aux victimes du séisme au nord de la Syrie, sont chargés à bord d’un avion à l’aéroport d’Alep, le 14 février 2023 (AFP)
Des colis humanitaires fournis par l’Arabie saoudite, destinés aux victimes du séisme au nord de la Syrie, sont chargés à bord d’un avion à l’aéroport d’Alep, le 14 février 2023 (AFP)
Par MEE

Les frappes aériennes sur l’aéroport syrien d’Alep, qui auraient été menées par Israël mardi 7 mars, et dans lesquelles trois personnes dont un officier syrien ont été tués, entravent l’acheminement de l’aide humanitaire vitale aux victimes du tremblement de terre, s’est inquiété mercredi l’ONU.

L’aéroport a été attaqué par des avions israéliens mardi, a annoncé le gouvernement syrien, forçant Damas à rediriger tous les vols transportant de l’aide contre le tremblement de terre vers Damas ou Lattaquié, à l’ouest de la Syrie.

« La fermeture pourrait avoir de graves conséquences humanitaires pour les habitants d’Alep, l’un des gouvernorats les plus touchés par le tremblement de terre en Syrie », a dénoncé El-Mostafa Benlamlih, coordinateur résident des Nations unies en Syrie, dans un communiqué.

Traduction : « Israël a bombardé la Syrie ce week-end, tuant au moins cinq personnes. La Syrie est obligée de faire face au terrorisme israélien tout en souffrant des sévères sanctions occidentales et en essayant de se remettre de plusieurs séismes puissants ces deux dernières semaines. »

Les frappes aériennes ont retardé la livraison de fournitures médicales vitales comme les vaccins contre le tétanos, les médicaments contre le diabète et le matériel de transfusion sanguine, ajoute le communiqué.

Les frappes ont forcé l’ONU à suspendre ses propres vols dans le cadre du Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS) jusqu’au 10 mars au moins.

« L’impact de cette fermeture entrave l’accès humanitaire et pourrait avoir des conséquences humanitaires dramatiques pour des millions de personnes qui ont été touchées par le tremblement de terre », a souligné El-Mostafa Benlamlih.

Des centaines de frappes depuis 2011

L’aéroport d’Alep a également été un point de livraison principal pour les livraisons d’aide en provenance de pays de la région comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Les tremblements de terre qui ont frappé la Turquie et la Syrie il y a un mois ont fait plus de 50 000 morts, dont environ 6 000 en Syrie, déclenchant une crise humanitaire.

Israël a mené des centaines de frappes aériennes en Syrie depuis 2011, ciblant les troupes gouvernementales, les combattants soutenus par l’Iran et les membres du Hezbollah. Cependant, le ciblage des aéroports et la paralysie de l’aviation sont devenus plus fréquents ces derniers mois.

Le séisme dans les zones antigouvernementales en Syrie : un malheur pour les victimes, une aubaine pour Assad
Lire

Au début de cette année, l’armée israélienne a attaqué l’aéroport international de Damas, le rendant temporairement hors service et tuant deux soldats syriens.

Le mois dernier, au moins cinq personnes ont été tuées lorsque des frappes aériennes israéliennes présumées ont frappé des quartiers résidentiels et d’autres endroits à Damas.

La réponse au tremblement de terre a été prise dans les débats sur la guerre civile en Syrie. Les habitants des zones tenues par l’opposition dans le nord-ouest, ainsi que des groupes de défense des droits, ont critiqué la lenteur de la réponse de l’ONU à la catastrophe, qui a perturbé le seul passage frontalier international vers la Syrie.

Le président Bachar al-Assad et ses partisans russes tentent depuis longtemps de limiter l’aide acheminée directement vers le territoire tenu par les rebelles.

Le mois dernier, Assad a déclaré qu’il autoriserait l’ouverture des points de passage frontaliers de Bab al-Salam et d’Al Ra’ee entre la Turquie et le nord-ouest de la Syrie pendant trois mois pour l’acheminement de l’aide.

Les analystes et les responsables régionaux ont décrit la catastrophe comme un « point d’inflexion » dans les efforts d’Assad pour sortir de près d’une décennie d’isolement après la guerre de son pays.

En février, les États-Unis ont annoncé qu’ils assoupliraient les sanctions contre la Syrie pendant 180 jours pour les transactions liées aux efforts de secours après le tremblement de terre.

Middle East Eye propose une couverture et une analyse indépendantes et incomparables du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et d’autres régions du monde. Pour en savoir plus sur la reprise de ce contenu et les frais qui s’appliquent, veuillez remplir ce formulaire [en anglais]. Pour en savoir plus sur MEE, cliquez ici [en anglais].