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« Ils n’ont eu aucune pitié » : les forces grecques accusées de dépouiller et de passer à tabac les réfugiés

Une vidéo semble montrer des réfugiés syriens et afghans renvoyés de force en Turquie en sous-vêtements
Plus de 10 000 migrants, en majorité des Syriens et des Afghans, se sont rassemblés à la frontière turque dans l’espoir de rejoindre l’Europe de l’Ouest (TRT World/capture d’écran)
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Des réfugiés tentant de pénétrer en Grèce depuis la Turquie ont rapporté à la presse qu’ils avaient été capturés par les forces de sécurité grecques et dépouillés de leurs vêtements, de leurs documents et de leur argent et renvoyés en sous-vêtements.

Des images bouleversantes diffusées par la société de télédiffusion publique turque TRT la semaine dernière ont montré des groupes de réfugiés syriens et afghans rassemblés autour d’un feu en sous-vêtements et tentant de se réchauffer.

« Ils se sont servis de bâtons en plastique pour frapper des Afghanes. Les Européens prétendent constamment respecter les droits de l’homme. Où sont-ils ces droits de l’homme ici ? »

- Un réfugié syrien

« Nous avons pénétré en Grèce et avons été capturés par des soldats et commandos grecs », a raconté un réfugié syrien.

« Ils nous ont déshabillés et ont pris nos sacs et notre argent. Ils se sont servis de bâtons en plastique pour frapper des Afghanes. Les Européens prétendent constamment respecter les droits de l’homme. Où sont-ils ces droits de l’homme ici ? »

Un autre réfugié syrien a accusé les garde-frontières grecs de violence contre les hommes et les femmes, commentant : « ils n’ont eu aucune pitié ».

« Ils battent hommes et femmes et les déshabillent pour les fouiller. Et ils prétendent que la Grèce est un pays qui respecte les droits de l’homme. »

Une photo montrait un réfugié baissant sa veste pour exposer son dos blessé.

Un réfugié montre des marques sur son dos qui résulteraient de coups infligés par les garde-frontières grecs (TRT World/capture d’écran)
Un réfugié montre des marques sur son dos qui résulteraient de coups infligés par les garde-frontières grecs (TRT World/capture d’écran)

Plus de 10 000 migrants, en majorité des Syriens et des Afghans, se sont rassemblés à la frontière turque dans l’espoir de passer en Europe de l’Ouest.

Des camps de fortune accueillant des milliers de migrants ont jailli près de la frontière depuis que le président turc Recep Tayyip Erdoğan a annoncé fin février que son pays n’empêcherait plus les réfugiés de partir après que 34 soldats turcs ont été tués par les forces du régime syrien à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Les soldats turcs y étaient stationnés pour protéger les civils en vertu d’un accord conclu en 2018 avec la Syrie qui interdit les actes d’agression dans la région.

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La Turquie accueille près de quatre millions de migrants syriens, plus que n’importe quel autre pays au monde. Des responsables affirment que le pays ne peut gérer une autre vague de réfugiés.

Ankara s’est plaint à plusieurs reprises que l’Europe ne respectait pas ses engagements pris dans le cadre de l’accord sur les réfugiés de 2016 pour aider les migrants et juguler de nouvelles vagues de migration.

Mercredi, le président turc a comparé la Grèce aux « nazis » pour le traitement que le pays réservait aux réfugiés après que de nouvelles images satellites ont semblé montrer un camp, près du village frontalier de Poros, où des réfugiés auraient été détenus dans le secret avant d’être renvoyés illégalement en Turquie, selon une enquête du New York Times.

Le processus, qui, selon les experts, viole le droit international, a été signalé par des réfugiés qui ont affirmé avoir été capturés et expulsés de Grèce sans la possibilité de demander l’asile ou de parler à un avocat.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.