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Israël-Liban : escalade aux frontières

Le Premier ministre Saad Hariri a réclamé l’« intervention » de Paris et de Washington « face aux développements à la frontière sud » du Liban
La fumée monte d’obus tirés d’Israël dans le village de Maroun Al-Ras, près de la frontière avec Israël, dans le sud du Liban (Reuters)

L’armée israélienne a bombardé dimanche le sud du Liban en représailles à des tirs de missiles antichars Kornet ayant touché des cibles sur son territoire.

« Des missiles antichars ont été tirés depuis le Liban vers une base et des véhicules militaires. Des cibles ont été touchées. [L’armée] riposte avec des tirs vers la source de ces frappes et cible le sud du Liban », a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué.

Selon l’agence nationale de presse libanaise ANI, « les périphéries de la localité de Maroun al-Ras dans le secteur de Bint-Jbeil sont la cible de bombardements de l’ennemi israélien qui se poursuivent de manière sporadique », rapporte l’AFP.

Vidéo de la télévision Al-Manar montrant des bombardements israéliens ce dimanche au sud du Liban (Al-Manar TV)

Cette localité libanaise se trouve juste en face du village israélien d’Avivim (nord), cible de tirs de missiles antichars, d’après l’armée israélienne. Le Hezbollah libanais a quant à lui annoncé avoir « détruit un véhicule militaire israélien [un blindé Wolf] sur la route menant à la caserne d’Avivim ».

Israël a tiré « plus de 40 roquettes » de type incendiaire ou des munitions à fragmentation sur les environs de trois villages dans le sud du Liban, a indiqué dimanche l’armée libanaise sur son site internet.

Riposte annoncée du Hezbollah

Le Hezbollah, d’après L’Orient-Le Jour, a annoncé que, peu après 16 h, « l’organisation des martyrs Hassan Zbib et Yasser Daher a détruit un char de l’armée israélienne sur la route de la caserne d’Avivim, faisant des morts et des blessés ». 

Hassan Zbib et Yasser Daher sont deux combattants du Hezbollah qui ont été tués lors d’une frappe israélienne sur une position du parti chiite en Syrie, le week-end dernier. 

L’armée israélienne n’a pas fait état de blessés, ni fourni davantage de détails sur les tirs antichars

L’armée israélienne n’a pas fait état de blessés, ni fourni davantage de détails sur les tirs antichars, mais a demandé à la population vivant dans un périmètre de quatre kilomètres de la frontière libanaise de rester chez elle et d’ouvrir les abris antibombes.

Ces échanges de tirs interviennent sur fond de tensions croissantes entre Israël et le Hezbollah libanais qui a accusé la semaine dernière Israël d’avoir mené des frappes de drones dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Roquettes en missile de haute précision

Cette « attaque » a été présentée par le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah comme « le premier acte d’agression » d’Israël au Liban depuis la guerre de l’été 2006 qui a fait 1 200 morts côté libanais et 160 côté israélien. Le président libanais Michel Aoun avait de son côté évoqué une « déclaration de guerre ».

L’armée israélienne avait ensuite « dévoilé » un plan de l’Iran, via son allié du Hezbollah, visant à convertir des roquettes en missiles de précision pouvant frapper Israël et avait tenu pour « responsable » le Liban, le Hezbollah opérant sur son territoire. 

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Selon l’armée israélienne, l’Iran a tenté de 2013 à 2015 de transporter des missiles de son sol jusqu’au Liban, via la Syrie, mais des « opérations israéliennes » ont freiné ce projet et Téhéran a modifié son approche en 2016 afin non pas de transporter des missiles, mais de « convertir » des roquettes en missile de haute précision.

Ces allégations ont été démenties par le Hezbollah. 

Les appels de Hariri et de la FINUL

« Nous sommes déterminés à empêcher nos ennemis de posséder des armes de destruction [...] et je leur dis : ‘’Dir balak’’ [Prenez garde] », avait déclaré jeudi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, actuellement en campagne pour les législatives du 17 septembre qui s'annoncent âprement disputées.

Son principal rival, l’ancien chef de l'armée Benny Gantz, a renchéri samedi soir sur Twitter en appelant le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à avoir « pitié » du Liban. « Ne pousse pas Tsahal [l’armée israélienne] à le ramener à l’âge de pierre », a-t-il écrit.

La FINUL, force de maintien de la paix de l’ONU déployée dans le sud du Liban à la frontière avec Israël, a appelé dimanche à « la plus grande retenue », après des bombardements israéliens.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a réclamé, pour sa part, dimanche l’« intervention » de Paris et de Washington « face aux développements à la frontière sud ».