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Le « Davos du désert » révèle les accointances saoudiennes de Jared Kushner 

Jared Kushner, un des principaux conseiller de son beau-père Donald Trump, serait au cœur d’une affaire de conflit d’intérêts avec les autorités saoudiennes
Jared Kushner, conseiller du président américain, et son épouse Ivanka Trump (AFP)
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La participation du gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, à la Future Investment Initiative (FII), aussi appelée « Davos du désert saoudien », en Arabie saoudite cette semaine, a soulevé des préoccupations d’ordre éthique.

En effet, le gouvernement saoudien serait en partie propriétaire d’une société construisant une propriété de la marque Trump, détenue par l’épouse de Kushner, Ivanka Trump. 

Kushner, un des principaux conseillers de la Maison-Blanche, est arrivé mardi à Riyad pour participer à la Future Investment Initiative, un an après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi qui avait entraîné un boycott de la conférence de la part des dirigeants occidentaux, y compris des Américains.

Un projet touristique de luxe 

« Dans un rapport publié mardi sur son site internet, le groupe de surveillance Citoyens pour la responsabilité et l’éthique à Washington (CREW) a révélé que le partenaire commercial de la Trump Organization en Indonésie avait signé un accord avec une entreprise de construction appartenant au gouvernement saoudien pour la réalisation d’un projet touristique », rapporte le magazine américain Newsweek.

« La question est de savoir comment cela influence les relations [de Kushner] avec le gouvernement saoudien »

- Jordan Libowitz, porte-parole du collectif CREW

L’accord aurait apparemment été conclu trois semaines avant la disparition de Khashoggi.

« Donald Trump Jr. était récemment en Indonésie pour promouvoir cet investissement aux côtés de plusieurs représentants du gouvernement indonésien. L’investissement fait également une apparition dans les informations financières de Kushner puisque son épouse, Ivanka Trump, répertorie l’investissement parmi ses actifs », explique CREW.

Inquiétude sur la sécurité nationale 

« La question est de savoir comment cela influence les relations [de Kushner] avec le gouvernement saoudien. Fera-t-il quelque chose qui pourrait mettre en danger les finances de la famille ? », s’interroge le porte-parole de CREW, Jordan Libowitz, dans Newsweek, mercredi 30 otobre.

« Cela soulève de sérieuses préoccupations en matière de sécurité nationale, alors qu’il y avait déjà des inquiétudes concernant l’habilitation de sécurité de Kushner », poursuit Libowitz, faisant allusion à l’accès de Kushner aux dossiers secrets et sensibles de la haute administration américaine.

Jared Kushner à la cour royale saoudienne tandis que le président américain Donald Trump se voit décerner la médaille de l’Ordre du roi Abdelaziz al-Saoud, le 20 mai 2017 (AFP)

Dans la déclaration financière publiée par Kushner pour l’année civile 2018, déposée auprès du bureau américain de la déontologie gouvernementale, l’Arabie saoudite apparaît dans une section concernant les cadeaux et les remboursements de voyages. 

Ce document, y compris dans la partie détaillant les avoirs du conjoint, Ivanka Trump, inclut DT Lido Golf Manager LLC, Lido Hotel Manager LLC « et » le directeur (Ivanka Trump) des services techniques de DT Lido LLC.

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« Le Lido est l’investissement indonésien sur lequel travaille une entreprise de construction soutenue par les Saoudiens », relève Libowitz.

Richard Painter, avocat en chef de l’éthique de l’ancien président George W. Bush, a déclaré à Newsweek que la présence de l’Arabie saoudite dans la déclaration fiscale de Kushner suscitait de nombreux problèmes.

Le premier étant la clause relative aux émoluments s’il apparaît que Trump gagne de l’argent à travers les activités commerciales. 

Ensuite, cette présence violerait peut-être la loi sur les conflits d’intérêts financiers qui ne s’applique pas au président mais à Kushner et à sa femme. 

Le troisième est qu’un haut responsable du gouvernement américain, Jared Kushner, est en affaire avec un régime autoritaire.

Lors du « Davos du désert », indique encore Newsweek, Kushner a loué le travail de Trump et a même parlé de manière positive de sa réélection : « Ce que nous constatons, c’est que l’enthousiasme pour le président aux États-unis est plus fort que jamais. »