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Réinventer Octobre, le rêve et la révolution

Octobre 1988 a été le big bang de la lutte démocratique dans l’Algérie indépendante. Alors que le soulèvement populaire du 22 février 2019 bat toujours son plein, l’auteur et réalisateur algérien raconte la tragique difficulté d’écrire l’histoire de ce moment
Après cinq jours d’émeutes, les débris jonchent la rue Didouche Mourad dans le centre-ville d’Alger, le 10 octobre 1988 (AFP)
Après cinq jours d’émeutes, les débris jonchent la rue Didouche Mourad dans le centre-ville d’Alger, le 10 octobre 1988 (AFP)

Octobre 1988. Le 5 du mois. C’était il y a plus de 30 ans. Une préhistoire. Une préhistoire qui peine encore à donner naissance à l’histoire, toujours en devenir. Et qu’est-ce que l’histoire, sinon l’arrivée de l’écriture, ce mystère sans fin qui réinvente constamment l’Homme ?

Et qu’est-ce qui a été écrit à propos d’« Octobre 88 » pour faire notre histoire, la sortir de la grotte de l’oubli, la passer d’une séquence à une autre ?

Qu’est-ce qui a été dit, filmé, montré, disséqué de cette tragédie, que certains ignorent presque totalement (ce qui est en soi déjà une tragédie) ?

Très peu de choses devant l’importance, l’immensité de ce big bang, de cet instant décisif qui trace une droite dans l’espace pour délimiter la construction du récit d’une nation en un « avant » et un « après ».

Octobre reste, lui, orphelin de toute évocation presque, hormis celles émanant de quelques militants qui luttent contre l’oubli, mais sans faire trop de bruit

Comme pour les plus anciens, qui avaient leur « avant » et leur « après » : novembre 1954, mai 1945, mars ou juillet 1962… Et plus tard, et plus récemment, avec le printemps berbère, d’avril 1980. Des dates ruptures. Elles ont toutes fissuré l’époque en deux, pour en faire un « avant » et un « après ». Rupture, non seulement du politique, mais beaucoup plus : rupture du temps. 

Une rupture politique est souvent plus fragile, parfois aléatoire, elle peut avancer autant que reculer, elle tangue, faisant d’incessants allers-retours, passant d’un régime à un autre, d’une dictature à une démocratie, d’un autoritarisme à une lucidité, d’une monarchie à une république et parfois d’une république à un totalitarisme à plusieurs têtes, plusieurs noms, ou l’inverse aussi.

La rupture du temps, elle, est irréversible, quoi qu’il arrive, même si la raison de la rupture elle-même échoue, se fracasse sur le récif d’une résistance plus robuste, ou traîne en chemin pour arriver enfin un jour, même très tard, à destination, comme nous le verrons assez souvent se répéter dans l’histoire.

La rupture du temps est quasi physique. Elle est instantanée. Elle est inscrite d’abord dans la tête des gens, elle habite leur âme profonde, creuse leurs corps et construit leur imaginaire. Et une fois là, rien, plus rien ne sera plus comme avant, et peu importe ce à quoi ressemblera l’après.

Octrobre orphelin

Nous avions, nous, enfants de l’indépendance, notre date rupture. Et c’est « Octobre 88 ». Mais contrairement à toutes les autres dates ruptures, toutes en rapport avec la guerre de libération – de mai 1945 en passant par novembre 1954 – toutes : applaudies, enseignées, racontées, « fictionnées », documentées, archivées, et qui, chaque année, sont célébrées soit dans le faste, souvent avec le zèle de la propagande, avec l’emphase ronflante du marronnier et parfois, enfin, avec le bonheur et la rigueur d’une étude, d’une œuvre d’art ou d’une contribution brillante d’historiens rigoureux…

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Posted by Middle East Eye édition française on Friday, October 5, 2018

Octobre reste, lui, orphelin de toute évocation presque, hormis celles émanant de quelques militants qui luttent contre l’oubli, mais sans faire trop de bruit. Sans pouvoir faire trop de bruit. Octobre reste comme une tâche honteuse qu’il faut enterrer – comme on enterre en pleine guerre des cadavres encombrants, en pleine nuit de préférence, avant de passer son chemin, avant la levée du jour – dans des fosses communes, des trous sans sépultures qui n’auront même pas droit à l’hommage des fleurs ni à celui du souvenir.

Il y a 21 ans, j’avais fait un livre consacré à la tragédie d’« Octobre 88 », un des rares sur cette période-là. Il est sorti le 5 octobre 1998. Soit exactement dix ans après les événements. Du moins dans sa version « antique », conçu dans la précipitation d’un été chaotique enflammé par l’assassinat ignoble du chanteur Matoub Lounès, une des plus grandes figures de la culture populaire algérienne.

La Kabylie fut une nouvelle fois brasier. Le général Khaled Nezzar, un des témoins clés de cette époque et de ce livre, à cause de l’embrasement justement de cet été-là – que provoqua l’assassinat de Matoub –, et que personne ne put éteindre pendant de longs jours, avait même exigé que son témoignage soit retiré du livre. Et le livre faillit ne jamais exister. Les choses étaient trop instables. Trop confuses. L’insurrection trop périlleuse.

Khaled Nezzar fut le premier général à accepter de parler et à l’époque, il n’était pas encore le militaire bavard que l’on connaît depuis. Il n’avait quasiment jamais accordé d’entretiens. Alors, il a fallu déployer une énergie sans pareille pour le convaincre, lui et tous les réticents, tous les autres généraux, comme Larbi Belkheir ou Lakhal Ayat, du contraire. Eux aussi n’avaient jamais parlé. Il fallait les convaincre de la nécessité de témoigner. De dire. De parler. Les silences, les non-dits créent de la confusion, ajoutent de la peur à l’amnésie.

Les silences, les non-dits créent de la confusion, ajoutent de la peur à l’amnésie

Il fallait marquer ce dixième anniversaire. Lui donner du sens. Un peu plus de sens, même si, en ces années 1990 finissantes, nous étions alors cernés par les affres d’une autre guerre, d’une autre terreur, plus dévastatrice, plus meurtrière, plus folle, plus abjecte, avec ses 200 000 morts, ses massacres, ses 20 000 disparus, ses centaines de milliers d’exilés, ses déportés, ses traumatismes, ses déplacements de populations inédits… 

Alors donner plus de sens, oui, mais pas avec deux ou trois éditoriaux succincts et sans suite. Nous voulions que des gens parlent. Nous voulions un livre brut, fait de témoignages, de paroles. Des face-à-face, des questions-réponses. Un document qu’on garde précieusement pour les autres, à ceux qui arrivent, à ceux qui n’étaient pas là au moment des faits.

Un matériau de base nécessaire pour construire un récit, plus grand, plus tard. Avec d’autres auteurs, d’autres initiatives. D’autres interrogations. Nous voulions un document, un matériau dans lequel tous auront droit à la parole. Une mosaïque d’angles de vues. Un éventail aussi large que possible, aussi large que puisse nous le permettre le temps.

Comment écrire l’histoire ?

Notre envie de faire parler tout le monde fut vite confrontée à la dure réalité des obstacles, les mêmes qui sont au cœur de la difficultéd’écrire, écrire l’histoire dans ce pays, l’interroger : des murs de suspicion, des réticences nerveuses, des refus polis, des « oui, mais pas pour le moment », des « il faut que je réfléchisse » qui n’en finissent jamais, des « je ne peux pas parler » catégoriques et prudents, des téléphones muets, jamais décrochés, des sonneries dans le vide…

Comment écrire l’histoire quand l’histoire n’est pas finie ? Quand tous ses acteurs sont là, au centre ou à la périphérie de la décision politique ? Quand intérêts et conflits ne sont pas encore apaisés ? Quand des rancunes vieilles de plus d’un demi-siècle, remontant parfois au mouvement national ou à la guerre de libération, n’ont pas encore été dépassées ? Quand des enjeux de lutte de pouvoir sont encore au cœur du débat ?

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C’est tout cela qu’il faut prendre en considération pour faire l’histoire, pour l’écrire. La rapporter.

Il fallait faire vite, pourtant. Et faire avec ce qu’il y avait de disponible. Je voulais d’abord, comme pour circonscrire, mettre à part, isoler du reste, avant qu’ils ne changent d’avis, avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’il n’y ait une autre tragédie qui mette en péril encore une fois l’existence de ce livre, donner d’abord la parole aux acteurs de la répression, du moins ceux qui étaient à la tête de ce système qui avait réprimé.

Ceux qui en étaient les plus hauts responsables. Ceux qui jamais auparavant n’avaient été interrogés, jamais questionnés. Ceux qui ont géré Octobre, son état de siège, son armée, sa police, sa police politique, son administration, ceux qui furent à la tête de cet événement, qui, d’une manière ou d’une autre, portent une responsabilité indélébile dans ce que fut cette tragédie.

Jamais ces responsables n’avaient pensé un jour parler. Expliquer. S’expliquer. Etre redevable d’une parole.

Dire ce qui s’est réellement passé pendant ces quelques jours ? Dire leur vérité. Dire pourquoi et avec autant de précipitation, l’armée est sortie des casernes avec des chars et des armes lourdes faire la guerre à des enfants munis de leur colère seulement ?

L’illégitimité de la pensée politique d’un système vieillissant a déteint sur nous, malgré nous

Pourquoi la torture fut-elle aussi massive et avec autant de sophistication ? Qui en est responsable ? Jamais, ils n’avaient pensé un jour devoir répondre à ces questions.

Le silence était un mode de gestion, dans leur monde. Alors, il fallait tenter de les faire sortir de ce silence, inscrire leurs mots. Les enregistrer. Les consigner, comme amorce, une tentative d’un début de récit. Un chantier en construction. Mais, prudents, méfiants, ils n’ont pas été jusqu’au bout de la vérité. La leur. Chacun a essayé de la renvoyer à la responsabilité de l’autre.

Mais il y avait un début de quelque chose dans la méfiance de leurs propos, dans leur botté en touche qui en disaient parfois plus long que leurs longues tirades… et ces petites choses, il ne fallait surtout pas les négliger pour autant.

Gueules cabossées

Ensuite, il y avait aussi tous les autres, paroles nécessaires, de tous les opposants, ces intellectuels qui se sont engagés, qui ont pétitionné, qui ont réfléchi, qui ont écrit, qui ont créé, bravant en temps réel, la peur et le danger, soit pour dire non, soit pour dénoncer, soit pour mettre sur pied le comité contre la torture, certainement la plus grande initiative de ces trente dernières années.

Le plus grand acquis, celui qui allait permettre que d’autres acquis voient le jour. Et parmi eux, parmi ces gens, des avocats, des universitaires, des journalistes, des médecins, des artistes…

Enfin, il y avait aussi les autres, les plus concernés et les moins visibles, les oubliés de l’histoire, ces gueules cabossées par la répression et l’oubli à qui il fallait donner la parole comme eux nous l’ont offerte en affrontant, au péril de leur vie, des chars. Parce que c’est à eux que nous devons aujourd’hui notre droit à la parole même si ce droit est de plus en plus malmené.

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Même s’il est de plus en plus remis en question, réduit à sa portion congrue, par une répression plus sournoise. Je voulais donner la parole à ceux qui sont sortis dans la rue. Ceux qui ont fait Octobre. Aux victimes, à ceux qui ont été torturés.

Trent-et-un ans après, surtout en ces moments d’incertitude politique et de révolution citoyenne inédite, il est peut-être nécessaire de tendre à nouveau l’oreille à ces jeunes torturés, à ces blessés, à ces éclopés qui portaient, qui portent encore en eux, dans leurs corps, leurs yeux, leur chair, leurs têtes, ce douloureux souvenir de la répression. Leur tendre l’oreille, ne pas les oublier, c’est aussi une manière de leur restituer encore et toujours Octobre. Qu’il redevienne le leur. Qu’il redevienne le nôtre.

Esclaves de leur mode de pensée

Mais nous ne sortons pas indemnes de plus d’un demi-siècle de dictature de la pensée. Personne n’en sort indemne. D’où la nécessité de nous réinventer, réinventer nos rêves, réinventer Octobre et réinventer, avec, nos propres interrogations. Toutes nos interrogations. 

Retrouver une certaine forme d’horizontalité dans la réflexion. Comme nous tentons de le faire aujourd’hui, dans cet instant révolutionnaire fabuleux et sans précédent.

L’illégitimité de la pensée politique d’un système vieillissant a déteint sur nous, malgré nous. Depuis 30 ans, nos interrogations à propos d’Octobre sont celles que le système nous a léguées. Nous ne sommes pas encore en mesure de nous en débarrasser. De nous en affranchir. De nous en affranchir dans le sens esclavagiste du terme. Nous sommes esclaves de ce mode de pensée. 

Trente ans après, la seule interrogation qui trouve grâce à nos yeux, la seule que nous pensons être la pertinence même, et que nous nous employons à répéter inlassablement à chaque évocation consiste à réduire Octobre à un « complot ».

Au mieux, nous accompagnons notre interrogation par un rajout, en mode mineur, moins percutant, plus timide, moins bruyant, pour offrir à sa question autant qu’à Octobre lui-même, le généreux bénéfice du doute : alors « complot ou mouvement spontané » ?

Les plus concernés et les moins visibles, les oubliés de l’histoire, ces gueules cabossées par la répression et l’oubli à qui il fallait donner la parole comme eux nous l’ont offerte en affrontant, au péril de leur vie, des chars

Nous l’avons tous fait. Trente ans que l’on tente de savoir si oui ou non le pouvoir (ou une partie de celui-ci luttant contre une autre partie dans une guerre de clans) a manipulé la rue. Trente ans à tourner en rond. À ânonner de vagues supputations à propos de divergences politiques qui auraient agité le haut, le palais, les décideurs, leurs conseillers, les officines, les renseignements, les services secrets, le président, l’armée...

Ces agitations ont existé. Bien sûr. Et elles existent encore sous d’autres formes. Mais elles n’expliquent pas tout. Elles n’expliquent pas l’essentiel. 

L’horizontalité de la pensée

Cette interrogation n’est pas la nôtre. Nous devrions réfléchir en dehors de ce schéma aliénant, suspicieux, qui réduit tout aux complots, à la conspiration. Qui explique tout par ces concepts douteux et anesthésiants. 

C’est le plus grand piège de notre histoire qui s’est propagé comme une pandémie polluant tout le reste de nos interrogations. De notre pensée. De nos angoisses.

Nous aimons voir le monde par les yeux de la l’intrigue. Les termes du débat ne sont pas choisis par nos soins. Ce débat binaire nous réduit, nous enfonce dans une équation inextricable. Tous les pouvoirs manipulent. Quels qu’ils soient. C’est consubstantiel à leur raison d’être. Pourquoi alors abandonner l’essentiel pour se perdre dans des circonvolutions vaseuses ? Pourquoi abandonner nos interrogations pour se perdre dans celles imposées à nos dépens ?

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L’essentiel n’est pas de savoir comment les gens sont sortis dans la rue, mais pourquoi ils sont sortis. Le « pourquoi » est plus juste et plus déterminant que le « comment ». Toujours. L’essentiel ce sont plus de 600 morts que nous semblons oublier, des milliers d’arrestations arbitraires et presque autant de cas de tortures pratiquées sur des adolescents qui restent totalement impunis…

L’essentiel, c’est cette vérité, pas la vérité du complot.

Beaucoup de commentateurs, même de bonne foi, d’où le malaise le plus souvent, relèvent, toujours pour étayer la thèse du complot, que la rue était dépourvue de slogans et de revendications politiques au sens organique du terme. 

C’est vrai. Mais qu’est-ce qu’une revendication politique ? La colère d’une société a-t-elle besoin de slogans ? Son grondement même est politique. La rue n’exprime pas d’opinions, l’opinion est par définition l’émanation de l’individu. La rue raconte des émotions et ces émotions elles-mêmes sont politiques. Et il n’y a rien de plus politique que la colère de la rue. Même si cette colère est muette, même si elle n’est que bruit et fureur. Fracas et indignation. Chant et créativité. C’est de la politique. Une émotion politique est plus politique qu’une opinion au sens strict et conventionnel du terme.

Et comme une maladie ne guérit presque jamais si nous ne la soignons pas, nous continuons aujourd’hui encore à reproduire les mêmes mauvaises interrogations, des gymnastiques fatigantes, pour tenter de savoir si cette révolution, la nouvelle, celle du hirak, est nôtre ou seulement le fait d’une manœuvre diabolique, sortie des labos d’un ancien général des services secrets et de quelques anciens affidés.

La révolution c’est la rue

Octobre, il y avait des gens dans la rue. Des vrais. Des gens qui ont affronté des chars à mains nues. Et qui ont perdu la vie. Continuer à s’interroger sur l’éventualité d’un complot même si d’évidence il y eut des manœuvres en haut lieu, même si des affrontements redoutables se jouaient entre clans, c’est continuer de mépriser la mémoire des insurgés.

Le dimanche 14 avril, pendant un rassemblement au centre d'Alger (AFP)
Le dimanche 14 avril, pendant un rassemblement au centre d'Alger (AFP)

Octobre n’est pas un complot, parce que le réduire au complot c’est refuser de voir la rue. C’est refuser de voir les morts. C’est refuser de voir ses acquis. C’est continuer d’observer ce moment uniquement en contre-champ, à un niveau imperceptible par notre propre champ de vision, au niveau du Parti, des services de renseignement, de la présidence et de la lutte dans les palais…

Cessons de voir Octobre par le haut (d’où cette nécessité de revenir à une pensée de l’horizontalité).

Octobre, c’est le bas.

Octobre, c’est la rue. Parler de complot, c’est mépriser une colère. C’est la délégitimer. C’est nier une autonomie de pensée. C’est déposséder une société de sa capacité autonome à dire non et de sa capacité à réfléchir. Nous ne sommes pas manipulés. Nous sommes en colère. Nous sommes en vie.

Vouloir savoir, de cette manière, comme nous l’avons fait jusque-là, s’il y eut ou pas un complot, reste le meilleur chemin pour aller vers un oubli certain. Cette vision est suicidaire, elle nous éloigne chaque jour un peu plus de la vérité. Un peu plus de l’écriture. Elle nous maintient otages de cette  préhistoire justement qui refuse de céder la place à l’histoire. Et aujourd’hui, nous sommes en train de faire l’histoire. Nous sommes en train de l’écrire.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Sid Ahmed Semiane
Sid Ahmed Semiane (SAS) est auteur réalisateur. Chroniqueur du quotidien algérien Le Matin pendant de longues années, il a collaboré avec différents titres de la presse algérienne. En 2002, il arrête la chronique pour se consacrer exclusivement à la photographie, au cinéma et à l’écriture. Il est l’auteur, entre autres, des livres Octobre, ils parlent, Au refuge des balles perdues, La nuit tous les morts sont gris et Mes nuits dans mon rétroviseur. Il est aussi réalisateur de Sortie d’usine (2005). Ses deux longs métrages, Babylone Constantina et L’étrange Monsieur Daoud, seront diffusés en 2019.