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Il faut arrêter d’armer les belligérants pour sauver les enfants du Yémen, rapporte une ONG

Selon le rapport d’une ONG, la coalition conduite par l’Arabie saoudite est responsable d’un nombre considérable de victimes parmi les enfants au Yémen
Au Yémen, un petit garçon avance parmi les décombres des maisons détruites (AFP)
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Les États membres des Nations Unies, notamment ceux qui siègent au Conseil de sécurité, devraient arrêter d’approvisionner en armes les parties qui commettent des crimes de guerre au Yémen, a décrété mercredi l’ONG Save the Children dans un rapport alarmant.

Selon le rapport, « les gouvernements influents, dont certains sont membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, ont choisi de soutenir l’action militaire, le plus souvent en acceptant directement les ventes d’armes et en fournissant d’autres types d’appuis militaires, plutôt qu’en exerçant leur influence pour aider à trouver une solution pacifique durable ».

Et l’ONG d’ajouter, « Les conséquences de cette politique ont été catastrophiques pour les enfants du Yémen. Si aucune mesure concrète n’est prise aujourd’hui pour mettre fin à ce conflit dévastateur, la situation ne fera qu’empirer ».

Depuis mars 2015, lorsque l’Arabie saoudite a commencé sa campagne de bombardements contre les combattants houthis au Yémen, l’ONG Save the Children a recensé quelques 856 morts et 1 249 blessés parmi les enfants.

« C’est l’équivalent de six petits garçons ou fillettes en moyenne qui meurent ou sont blessés chaque jour des suites directes du conflit », précise le rapport intitulé « Les enfants du Yémen souffrent en silence ».

Selon des statistiques particulièrement préoccupantes, l’année dernière, 93 % des victimes étaient des civils tués ou blessés dans des attaques explosives perpétrées dans des zones habitées du Yémen. En 2015, quelque 6 119 civils ont été tués ou blessés par des explosions dans des régions densément peuplées du pays.

« Chaque camp aurait sa part de responsabilité dans ces crimes », souligne le rapport. « Toutefois, d’après les Nations Unies, les frappes de la coalition conduite par l’Arabie saoudite auraient causé un nombre de victimes considérable parmi les enfants et des dégâts colossaux sur les infrastructures civiles. »

De plus, la vie des enfants yéménites est menacée par le danger des mines antipersonnel et des munitions non explosées. 

L’ONG a évoqué le cas d’Ali âgé de 10 ans, qui a été blessé alors que son ami jouait avec une balle anti-aérienne non explosée. Saif, l’ami d’Ali, ainsi qu’un autre garçon sont morts dans l’accident, et Ali a été gravement blessé à la poitrine.

Cinq autres enfants ont également été blessés à cette occasion. La mère d’Ali révèle que son fils se réveille souvent au beau milieu de la nuit en pleurant : « Tous mes amis sont morts ! Où sont-ils ? ».

La guerre a fortement limité l’accès à l’éducation

Outre les dangers physiques qui menacent les enfants yéménites en raison des attaques aveugles, le conflit au Yémen a mis fin à la scolarisation de nombreux étudiants dans le pays.

« Au nombre d’enfants qui n’allaient pas à l’école avant mars 2015, soit 1,6 million, s’ajoutent 1,8 million d’enfants qui sont désormais privés d’éducation »,  révèle le rapport. 

Avec la fermeture d’innombrables écoles en raison des dommages causés par la guerre, la transformation d’écoles en abris humanitaires et l’occupation par des groupes armés d’autres établissements, c’est la moitié des enfants yéménites en âge d’aller à l’école qui est privée d’éducation.

« Des absences prolongées à l’école risquent de nuire profondément à l’avenir des enfants yéménites », constate Save the Children.

« Ces conditions sont également préjudiciables à la protection des enfants qui sont plus vulnérables et sont notamment exposés aux risques d’exploitation et de mauvais traitements, car ils ne bénéficient pas de l’environnement sécuritaire et stable qu’offre l’école. »

Après avoir mis l’accent sur les questions générales de malnutrition et de carences en matière d’accès aux soins de santé dont sont victimes les enfants du Yémen, l’ONG a appelé toutes les parties à redoubler d’efforts pour trouver une solution pacifique et mettre fin au conflit.

Mais alors que la guerre s’éternise, les Nations Unies devraient au moins financer les actions humanitaires dans le pays — une aide qui ne va pas au-delà de 4 % aujourd’hui, selon le rapport.

Traduction de l’anglais (original) par Julie Ghibaudo.