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Le Hezbollah serait prêt à arrêter de combattre en Syrie

Un rapport non confirmé suggère que la milice libanaise est disposée à mettre un terme à sa participation dans les combats en Syrie après une implication d’au moins deux ans
Des membres du Hezbollah transportent le cercueil du correspondent d’Al-Manar, Hamza al-Hajj Hassan, tué en Syrie en avril (AFP)

Après une bataille de plusieurs mois pour le dernier bastion rebelle syrien à la frontière avec le Liban et un cessez-le-feu entré en vigueur dimanche, le Hezbollah aurait déclaré qu’il cessera de combattre en Syrie, selon une source diplomatique citée par le journal libanais le Daily Star.

La source anonyme a indiqué que le groupe avait informé les autorités syriennes que lorsque les combats pour le contrôle de Zabadani auraient pris fin, il cesserait de combattre en Syrie, où, selon les analystes, il aurait significativement aidé les forces pro-gouvernementales depuis 2013.

En juillet, les forces de Bachar al-Assad ont lancé une offensive visant à reconquérir Zabadani, ville située à environ 40 km de Damas, générant une contre-offensive d’une alliance rebelle contre Fuaa et Kafraya, les seuls villages encore tenus par le gouvernement dans la province d’Edlib et dont les habitants sont chiites.

Dimanche, un cessez-le-feu a été mis en place entre les forces pro-gouvernementales et les rebelles à Zabadani en échange d’un cessez-le-feu à Fuaa et Kafraya.

Mardi, le cessez-le-feu aurait été prolongé, bien que les parties n’aient pas spécifié quand il serait levé ni si elles poursuivraient les négociations en vue d’une trêve plus large.

Le rapport non confirmé n’indique pas clairement si le Hezbollah a déjà cessé de combattre en Syrie ou s’il le fera prochainement, mais les experts pensent que la sortie du groupe de la guerre civile syrienne n’est pas surprenante.

« Le Hezbollah n’a pas naturellement vocation à s’impliquer dans ce conflit, mais il a dû néanmoins agir – et de façon significative – pour protéger ses intérêts vitaux, en raison des faibles capacités d’auto-défense libanaises et de l’affaiblissement de l’armée régulière syrienne », a expliqué à Middle East Eye Filippo Dionigi, chercheur à la London School of Economics et expert du Hezbollah.

Réduire sa participation en Syrie à un moment approprié, poursuit Dionigi, donnerait au groupe l’opportunité de garder la face et d’affirmer qu’il a réussi à défendre le Liban.

« Comme l’a montré sa propagande de la ‘’victoire divine’’ en 2006, le Hezbollah sait non seulement comment se battre mais aussi comment ‘’gagner’’ des guerres », a précisé Filippo Dionigi, en référence au commentaire du leader du mouvement, Hassan Nasrallah, selon lequel le groupe avait remporté une « victoire divine » sur Israël en 2006.

Nasrallah, qui devrait donner un discours ce vendredi, a présenté l’intervention de son groupe en Syrie comme une manière de protéger le Liban face à la menace de l’État islamique. Celle-ci a toutefois créé des tensions dans le pays, où de nombreux sunnites sont partisans de la lutte contre Assad.

Tout aussi crucial pour le Hezbollah a été le rôle du gouvernement syrien dans le transfert d’armes et de fonds entre l’Iran et le groupe, ainsi que la mise à disposition de zones sécurisées pour ses dépôts d’armes et ses camps d’entraînement, selon un rapport de l’Institut pour l’étude de la guerre de Washington.

L’ampleur des activités du groupe en Syrie demeure obscure. En juillet, le magazine Foreign Policy, citant des représentants et analystes occidentaux, estimait que le nombre de combattants sur le terrain était compris entre 6 000 et 8 000. Certains rapports suggèrent que c’est en territoire syrien que le groupe a connu les plus grandes pertes humaines de toute son histoire.

S’il est difficile de savoir exactement ce que le Hezbollah prévoit désormais de faire en Syrie, Dionigi affirme qu’« un désengagement progressif est probablement le principal horizon stratégique que le Hezbollah puisse envisager, tout du moins une fois que la totalité de ses intérêts en Syrie aura été garantie ».

Traduction de l’anglais (original).