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L’Irak met fin à « l’État fictif » de l’EI en prenant la mosquée de Mossoul

Les forces irakiennes ont repris la mosquée al-Nouri, que l’État islamique a fait exploser la semaine dernière en réaction à leur défaite
La mosquée al-Nouri et son minaret al-Habda ont été détruits la semaine dernière (Reuters)
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Les forces irakiennes se sont emparées jeudi de la mosquée de Mossoul en ruines depuis laquelle le leader du groupe État islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi s’est auto-proclamé « calife » il y a trois ans.

Le brigadier-général Yahya Rasool a annoncé à la télévision d’État que « leur État fictif est tombé », l’armée ayant annoncé que ses forces anti-terroristes avaient pris le contrôle de la mosquée al-Nouri et les ruines du minaret al-Hadba.

La prise de la mosquée al-Nouri marque une victoire symbolique pour les forces irakiennes qui se sont battues pendant plus de huit mois pour reprendre Mossoul, qui servait, de fait, de capitale à l’État islamique.

Les combattants de l’EI ont fait exploser la mosquée médiévale et son monument principal, le minaret penché, la semaine dernière, alors que les forces irakiennes soutenues par les États-Unis  commençaient à avancer dans sa direction.

Le Premier ministre irakien, Haider al-Abadi, a qualifié sa destruction de « déclaration officielle de défaite ».

Le drapeau noir de l’EI flottait sur al-Hadba, le minaret « bossu », depuis juin 2014. 

Mardi dernier, les forces ont encerclé le bastion du groupe dans la vieille ville, le dernier quartier qui se trouvait encore sous leur contrôle à Mossoul.

Baghdadi s’était autoproclamé « calife », ou chef de tous les musulmans, depuis la chaire de la mosquée le 4 juillet 2014, une fois que les combattants du groupe s’étaient emparés en partie de l’Irak et de la Syrie.

Des officiels irakiens avaient exprimé en privé leur espoir de voir la mosquée saisie à temps pour l’Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du Ramadan.

La chute de Mossoul signifierait, en effet, la fin de la moitié du califat qui se trouve en Irak. Elle représentait la plus grande zone du califat en Irak et en Syrie. Mais l’EI continuerait à contrôler des territoires à l’ouest et au sud de la ville.

À LIRE : Les forces irakiennes reprennent Nimroud, cité antique rasée par l’EI

La mosquée a été détruite lors des dix derniers jours du mois sacré du Ramadan. C’est au cours de cette période que tombe la nuit de Laylat al-Qadr, qui correspond, pour les musulmans, au moment où le Coran a été révélé au prophète Mohammed. 

Baghdadi a laissé les commandants locaux se battre à Mossoul et se cacherait à la zone frontalière entre l’Irak et la Syrie, selon des sources militaires américaines et irakiennes.

La mosquée de la vieille ville de Mossoul était la dernière d’une longue liste de monuments historiques, un patrimoine dont la valeur n’a pas de prix, détruits par l’EI pendant les trois années où il aimposé sa loi en Irak et en Syrie.

Le minaret, dont la construction a été achevée en 1172, classé depuis des siècles, figure sur les billets de 10 000 dinars irakiens et était un des symboles de la seconde ville du pays. Il avait donné son nom à de nombreux restaurants, entreprises et même clubs de sport à Mossoul.

Après avoir pris le contrôle du cœur de l’Irak arabe sunnite en juin 2014, l’EI aurait selon les témoignages piégé le minaret avec des explosifs mais avait été empêché de le faire exploser par la population locale. Les combattants de l’EI considèrent que la vénération d’objets et de sites comme celui-ci est une hérésie.

L’EI a détruit de nombreux sites clés du patrimoine à Mossoul, dont le principal musée et les sanctuaires de Jonah et Seth.

Traduit de l’anglais (original).