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Prisonniers sahraouis : la chef de la diplomatie européenne appelée à faire pression sur le Maroc

Des parlementaires européens ont saisi Federica Mogherini. Ils lui demandent dans une lettre d'intervenir auprès du Maroc pour que soient libérés les prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik pour lesquels plusieurs ONG se sont aussi mobilisées
Les organisations internationales ainsi que les familles des prisonniers ont, à plusieurs occasions, demandé un autre procès, appelant à l'application du droit international dans ce dossier, puisqu’il s'agit de détenus politiques liés à la question sahraouie, gérée par l’ONU (Twitter)
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Une vingtaine de parlementaires européens ont appelé ce mardi la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à faire pression sur le Maroc pour mettre fin à la « détention illégale » des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik.

En novembre 2010, des affrontements avaient éclaté au Sahara occidental, lorsque les forces de sécurité marocaines avaient démantelé un camp sahraoui à Gdeim Izik où des milliers de Sahraouis manifestaient pour revendiquer leurs droits socio-économiques.

Des centaines de Sahraouis avaient été arrêtés, 25 d'entre eux avaient été condamnés par un tribunal militaire, dont 21 sont encore en prison. Ils purgent de lourdes peines d'emprisonnement allant de vingt ans à la perpétuité. Les prisonniers politiques sahraouis avaient mené plusieurs fois, des grèves de la faim pour protester contre « leur incarcération arbitraire et leur jugement inéquitable ».

Négociations dans l’impasse

Des organisations internationales (Amnesty International, Human Rights Watch) ainsi que les familles des prisonniers ont, à plusieurs occasions, demandé un autre procès, appelant à l'application du droit international dans ce dossier, puisqu’il s'agit de détenus politiques liés à la question sahraouie, gérée par l’ONU.

Le Maroc considère le Sahara occidental, ex-colonie espagnole annexée en 1975, comme faisant partie intégrante du royaume.

Rabat propose comme solution une large autonomie sous sa souveraineté alors que le Polisario, représentant des Sahraouis, réclame la tenue d’un référendum d’autodétermination.

L’Algérie, partie intéressée au conflit, épouse la position onusienne quant à la tenue d’un référendum et en conséquence, soutient activement le Front Polisario.

Le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Sabri Boukadoum a d’ailleurs appelé lundi à New York à la reprise des négociations entre le Front Polisario et le Maroc pour mettre fin à l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix de l'ONU.

« Le fait principal est que la dernière année n’a apporté aucune évolution positive et l’absence d’une évolution positive n’est pas de bon augure », a-t-il déclaré devant cette commission juste avant l’adoption d’une résolution sur le Sahara occidental réaffirmant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Pour un « transfert immédiat » vers Lâayoune

Les parlementaires européens demandent également « l'annulation » de toutes les accusations portées à l'encontre des membres de ce groupe, jugés devant un tribunal militaire marocain, et leur « transfert immédiat » dans une prison de Lâayoune ou « tout autre ville dans les territoires occupés du Sahara occidental où ils pourront recevoir les visites de leurs familles et de leurs avocats et où les droits des prisonniers politiques sont respectés ».

Les eurodéputés ont dénoncé le transfert, le 31 août dernier, des prisonniers de la prison de Salé vers une autre prison située à plus de 1 200 kilomètres du lieu de résidence de leurs familles sans que leurs avocats soient au préalable informés.

« Nous, en tant que membres du Parlement européen, demandons votre intervention pour veiller à ce que toutes les accusations portées à l'encontre du groupe [Gdeim Izik] soient levées et leur procès militaire annulé, mettant fin à leur détention illégale », ont écrit, dans une lettre adressée à Mogherini, 23 eurodéputés appartenant aux cinq plus grands groupes politiques du parlement européen.

Les signataires de la lettre adressée à la responsable de la diplomatie européenne expriment aussi leur souhait de voir « les observateurs internationaux autorisés à accéder aux prisons où sont détenus les prisonniers politiques sahraouis afin de s'assurer du respect du droit international par le Maroc ».

Envoi d’observateurs internationaux

Fin juillet, la Cour de cassation marocaine a cassé le jugement des 23 condamnés du groupe de Gdeim Izik et le renvoi de l’affaire devant une juridiction pénale de droit commun de Rabat.

Pour les eurodéputés, cette décision a été prise suite à la campagne internationale menée par les organisations de défense des droits de l'homme en faveur d'un procès civil équitable pour les militants sahraouis.

« Cela constitue une violation de leurs droits fondamentaux en tant que prisonniers politiques », ont déploré les eurodéputés qui se sont insurgés contre les pratiques des autorités marocaines accusés d’avoir « placé les prisonniers politiques sahraouis avec les autres prisonniers de droit commun ».

« Privés de tous leurs biens, de nourriture et de soins médicaux appropriés, les prisonniers sahraouis souffrent d'une détérioration rapide de leur santé », ont souligné, dans leur lettre, les eurodéputés qui font état également des mauvais traitements que subissent ces prisonniers, citant le cas de Houcein Zaoui, Hassan Dah, Deich Daf, Bourial Mohamed et Mohamed Khouna Babeit.

Dans une question écrite adressée à Mogherini, l'eurodéputée espagnole Paloma Lopez a interpellé la Commission européenne sur la torture et les mauvais traitements que subit le prisonnier sahraoui Mbarek Daoudi depuis son incarcération le 5 octobre dernier, exhortant l'UE à forcer le Maroc à accepter l'envoi d'observateurs internationaux dans les prisons marocaines, les postes de police et au Sahara occidental.